Justice. La mort absurde et ultraviolente de l’ex-rugbyman Aramburú jugée aux assises de Paris
Un t-shirt noir « Justicia por Fede » a été porté samedi par la sélection nationale et par les clubs locaux : le rugby argentin a les yeux tournés vers Paris où s’ouvre ce lundi le procès de l’assassinat de l’...
Un t-shirt noir « Justicia por Fede » a été porté samedi par la sélection nationale et par les clubs locaux : le rugby argentin a les yeux tournés vers Paris où s’ouvre ce lundi le procès de l’assassinat de l’ancien international Federico Martin Aramburú, 42 ans, qui était installé au Pays basque.
Le 19 mars 2022, l’ex-joueur reconverti dans le tourisme est tombé sous les balles d’un ancien militaire d’ultradroite dans la capitale française où il était venu assister à un match France-Angleterre du tournoi des Six Nations. Épilogue sanglant et sidérant d’une algarade alcoolisée sur le boulevard Saint-Germain, en plein Quartier Latin, qui s’est nouée en quelques minutes, vers 5 heures du matin.
« Je n’arrive toujours pas à y croire, vraiment : la malchance qu’il a eue de croiser ces personnes, capables d’arriver à ce geste fatal, aujourd’hui encore, ça ne m’entre pas dans la tête », témoigne Lucas Borges, 46 ans. Cet ex-international a été un proche d’Aramburú avec qui il a joué la Coupe du Monde 2007 en France.
Incrédulité et incompréhension
Incrédulité et incompréhension : ces mêmes mots reviennent en boucle parmi les amis et anciens coéquipiers de “Fede” qu’ils décrivent comme rayonnant, toujours souriant, « très ami de ses amis » en évoquant son souvenir.
En revanche, le ton d’Oscar Murgier, 45 ans, qui a joué trois ans au Stade Français, se crispe en citant les « tarés » qui vont être jugés. Comme d’autres, le quadragénaire – sans doute l’un des Argentins les plus proches de Martin Aramburú – ne souhaite pas avancer d’attente, de vœu de telle ou telle peine, au procès. La Fédération argentine (UAR) a, elle, exprimé « son soutien à la demande de justice » pour Martin Aramburú. Dans le box des accusés de la cour d’assises de Paris prendront place notamment Loïk Le Priol, 32 ans, principal accusé, et Romain Bouvier, 35 ans, son ami.
Verdict le 25 septembre
Les deux prévenus encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Leur passé semble démontrer un attrait pour la violence, les armes et l’alcool. Et une agression en octobre 2015 d’un ancien responsable du GUD (organisation étudiante française d’extrême droite radicale dissoute en 2024) a déjà valu une peine de prison ferme à Bouvier et Le Priol, lesquels avaient théoriquement interdiction de se côtoyer.
L’ex-petite amie de Le Priol, 29 ans, est, elle, jugée pour complicité de tentative d’assassinat. Enfin, un sympathisant d’extrême droite, proche de la mouvance traditionaliste, 37 ans, encourt une peine bien inférieure pour avoir aidé Bouvier dans sa courte cavale, close par son arrestation dans la Sarthe quatre jours après le crime. Le verdict est attendu le 25 septembre.
« La réalité, c’est qu’on aborde un mois très dur, confie Oscar Murgier. On commence à sentir un nœud dans l’estomac en pensant à ce qui va se passer au procès et parce qu’au‑delà de tout, “Fede” ne reviendra pas, rien ne nous rendra Fede. Mais oui, il y aura justice. »