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Cette affaire qui touche l’extrême droite britannique tombe mal pour Bardella

Politique 04/09/2026 12:42 Actualisé le 04/09/2026 13:18 Le président du Rassemblement national doit intervenir au congrès de Reform UK que deux responsables viennent de quitter après un ...

Politique 04/09/2026 12:42 Actualisé le 04/09/2026 13:18

Le président du Rassemblement national doit intervenir au congrès de Reform UK que deux responsables viennent de quitter après un reportage compromettant.

Par Alexandre Boudet avec AFP

Le timing n’est pas bon pour le leader de l’extrême droite britannique. Mais il ne l’est pas non plus pour Jordan Bardella qui est attendu ce vendredi 4 septembre à Birmingham pour participer au congrès du parti Reform UK. À quelques heures de cet événement, un reportage compromettant pour un proche collaborateur de Nigel Farage a été diffusé sur la chaîne Channel 4.

Dans ce reportage filmé en caméra cachée, on voit Dan Jukes, suggérer un moyen de contourner la loi électorale afin d’obtenir un don d’un citoyen américain de 500 000 livres sterling pour le parti. Car il faut être enregistré comme électeur britannique pour pouvoir faire des dons à un parti britannique.

Nigel Farage, qui apparaît dans ce reportage, a affirmé que son parti n’avait « enfreint aucune loi » et qu’il n’avait reçu « aucun argent d’origine douteuse ». Il a tout de même poussé son collaborateur ainsi qu’un deuxième responsable, James Orr, à la démission. Les deux sont aussi accusés d’avoir enfreint les règles électorales en faisant financer un sondage par une société étrangère.

Cette nouvelle affaire désastreuse confirme l’été très difficile du leader anti-immigration britannique. À 62 ans, il rêve toujours de devenir Premier ministre après les législatives prévues en 2029 mais sa probité a été mise en cause à plusieurs reprises. Il est ainsi visé par une enquête parlementaire portant sur un don de cinq millions de livres (5,7 millions d’euros), reçu d’un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, peu avant son élection comme député en 2024. Reform UK fait aussi l’objet d’une enquête policière sur son financement.

Quand Farage étrillait le RN

Nigel Farage a affirmé tout au long de l’été être attaqué par « le système ». En juillet, il a décidé de démissionner de son poste de député pour provoquer une élection partielle et tenter de se relégitimer par le vote des citoyens. S’il a été réélu facilement, son principal adversaire le « Comte Tête-de-Poubelle » -un comique déguisé en poubelle- a tout de même obtenu près de 25 % des suffrages.

Ses déboires ont profité au travailliste Andy Burnham, qui a remplacé Keir Starmer à Downing Street le 20 juillet. Le Labour est repassé en tête des sondages, avec 26 % des intentions de vote contre 22 % pour Reform, selon la dernière enquête de l’institut More In Common. Plus de deux tiers des Britanniques jugent que Nigel Farage n’est pas prêt à devenir Premier ministre, selon une récente étude Ipsos.

S’afficher aux côtés de Nigel Farage en cette circonstance tombe plutôt mal pour Jordan Bardella, présent en tant que président du Rassemblement national. Entre les deux partis, le courant n’est pas toujours bien passé. En 2024 encore, le britannique étrillait le programme économique du RN, le qualifiant de « désastre » potentiel pour la France.