Bardella annonce qu’il va déposer une deuxième plainte contre « Mediapart »
Politique 01/10/2026 20:05 Actualisé le 01/10/2026 20:38 Sur les accusations d’antisémitisme le visant, le président du Rassemblement national dénonce « les pseudo-preuves » du média d’in...
Politique 01/10/2026 20:05 Actualisé le 01/10/2026 20:38
Sur les accusations d’antisémitisme le visant, le président du Rassemblement national dénonce « les pseudo-preuves » du média d’investigation et des « montages grossiers ».
Par Vincent Gibert avec AFP

THIBAUD MORITZ / AFP
Jordan Bardella, ici à La Seyne-sur-Mer (Var), le 27 septembre 2026.
Il contre-attaque à nouveau. Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a continué ce jeudi 1er octobre de nier être l’auteur de messages antisémites datant de 2013, après la publication par Mediapart d’éléments d’authentification provenant notamment de la plateforme de messagerie Messenger.
« Les pseudo-preuves de Mediapart sont enfin sorties : des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus », a-t-il déclaré sur X.
« Ces “preuves” n’en sont donc pas et ne tiendront pas une seconde devant un tribunal. La prétendue “investigation” s’effondre déjà », a-t-il ajouté, annonçant qu’il allait déposer plainte pour faux et usage de faux, en plus d’une première plainte déjà déposée contre le média pour diffamation.
Des députés RN sont aussitôt montés au créneau pour défendre Jordan Bardella, à l’image de Jean-Philippe Tanguy dans C à vous sur France 5, pour qui « rien ne prouve » l’authenticité des messages attribués à Bardella. Kévin Pfeffer et Thierry Mariani se sont eux exprimés sur X.
Une extraction de messages authentifiée par un huissier
Mediapart a révélé ce jeudi avoir pu authentifier, via la maison mère de Facebook Meta et un huissier, les messages antisémites datant de 2013 attribués au président du RN. Le journal en ligne publie des captures d’écran des messages antisémites qu’aurait envoyés Jordan Bardella à une autre personne sur la plateforme Messenger en 2013.
L’interlocuteur du président du Rassemblement national a demandé à Meta un téléchargement de cette conversation Messenger, dont l’extraction a été authentifiée par un huissier, toujours selon Mediapart. Selon le journal, des éléments biographiques révélés dans les conversations par l’utilisateur du compte prouvent bien qu’il s’agissait du vrai Jordan Bardella : mère née en Italie, mention d’une interview qu’il avait accordée au Parisien en 2013, ou échec au concours de Sciences Po.
« L’extraction de la conversation permet de la dater, d’attester du fait que cette conversation n’a pas été modifiée a posteriori, et de confirmer que l’interlocuteur de la conversation est référencé par Meta/Facebook sous le nom Jordan Bardella. L’analyse de son contenu permettant de vérifier qu’il s’agit bien du véritable Jordan Bardella », écrit ainsi Mediapart.
Le journal en ligne avait publié lundi plusieurs messages antisémites attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait-il notamment écrit il y a 13 ans. « Pour Soral je dis que ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits », aurait-il également écrit, en dénonçant une « soumission de la France à la logique sioniste ».