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Jirô Taniguchi à la Fondation Folon: une exposition pour ralentir et observer

À la Fondation Folon, à La Hulpe, la nouvelle exposition temporaire, Jirô Taniguchi – Portrait lointain, invite à ralentir, tel un écho à l'une des œuvres majeures de ce mangaka japonais, L'Homme qui marche: un...

À la Fondation Folon, à La Hulpe, la nouvelle exposition temporaire, Jirô Taniguchi – Portrait lointain, invite à ralentir, tel un écho à l'une des œuvres majeures de ce mangaka japonais, L'Homme qui marche: un personnage y flâne au hasard, attentif au monde qui l'entoure. "Ce manga est une invitation à mettre les mains dans l'humus, les pieds dans l'eau ou encore à grimper dans un arbre", résume Isabelle Douillet-de Pange, la co-commissaire de l'exposition avec Pauline Loumaye.

À rebours des mangas qu'on dévore à un rythme effréné, Taniguchi (1947-2017) invite à prendre son temps. "Avec lui, c'est l'inverse: on regarde. Quelqu'un a dit que lire du Taniguchi, c'est lire les mangas de ceux qui n'aiment pas lire les mangas."

Son trait délicat, sensible et réaliste offre aussi une porte d'entrée vers le Japon, sa culture et ses traditions.

Plus de dix ans après la dernière exposition européenne consacrée à son œuvre, la Fondation Folon présente quelque 150 planches dont environ 80 originales. Leur prêt hors du Japon reste exceptionnel. "Et quand nous les avons découvertes, nous avons été stupéfaites. On peut contempler le travail de façonnage du papier. Cela dépasse le métier de bédéiste", souligne Isabelle Douillet-de Pange.

Taniguchi s'attarde sur les mains, les visages, les attitudes. Il laisse une place aux silences. "Mais il y a toujours un climax avec une explosion de sentiments qui fait pleurer ou du moins fait battre le cœur très fortement. C'est un homme de sentiments et de délicatesse. Et il a une palette d'émotions qu'il arrive à traduire dans ses dessins de manière extraordinaire."

Dans son œuvre, la nature dépasse le rôle de décor: elle fait partie intégrante de ses récits. Après la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, l'auteur s'est d'ailleurs interrogé sur ce qui avait été fait pour préserver la nature.

La plupart de ses planches sont dessinées à l'encre de Chine. Certaines, réalisées à l'aquarelle, révèlent son talent de peintre. C'est notamment le cas de l'image qui orne la couverture du premier tome du Sommet des Dieux, série à succès de Taniguchi sur la conquête du plus haut sommet du monde, l'Everest.

L'exposition s'inscrit dans le cadre des 160 ans de relations diplomatiques entre la Belgique et le Japon. Après avoir mis à l'honneur l'architecte Kengo Kuma en début d'année, la Fondation Folon célèbre à présent un artiste fasciné par la BD européenne et les comics américains tout en restant ancré dans sa culture japonaise.

Parmi les œuvres à découvrir jusqu'au 14 février figurent aussi Le gourmet solitaire, Quartier lointain, Au Temps de Botchan, Les Gardiens du Louvre et Invitations, livre publié à titre posthume en septembre.

Un conseil pour pleinement profiter de l'exposition: approchez-vous des planches et regardez-les de près. Non, encore plus près.

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