“Je me sentais coupable de ne pas être à la hauteur de ses efforts” : le “wellness gap” brise des relations
La quête éternelle du bien-être pourrait bientôt fragiliser les relations. Entre le partenaire qui fait la fête jusqu'au bout de la nuit et l'autre qui rentre tôt pour être en forme à son cours de sport le lendemain, un nouveau fossé se creuse. Les réseaux sociaux l'ont surnommé le "wellness gap".
La culture du bien-être risque-t-elle d'aller trop loin, au point de briser des amitiés et des couples ? Ces derniers temps, sur les réseaux sociaux, un nouveau concept voit le jour : le "wellness gap", soit "écart de bien-être" en français.
Imaginez, si votre meilleur ami ne sort pas en boîte avec vous parce qu'il a un Hyrox de prévu le lendemain ou alors que votre partenaire préfère rentrer dormir tôt le vendredi soir pour assurer son cours de Pilates le lendemain. Que ce soit en amour ou en amitié, ce décalage de mode de vie pourrait avoir un impact sur les relations.
Selon GQ, la conception de passer un bon moment ensemble, pour un couple, serait en train de devenir assez différente.
Si l'un d'entre eux privilégie sa santé en pratiquant de nombreux sports et en consommant des boissons 0 %, tandis que l'autre veut sortir jusqu'aux petites heures, "peut-on vraiment aimer quelqu'un dont les principaux passe-temps sont le vin et la cigarette ?", questionne le magazine.
Le premier voyage en couple, un véritable crash-test pour les jeunes : "Il m'a rejointe pendant cinq jours""Le bien-être ressemble moins à un loisir qu'à une véritable religion"
Ce fossé continuerait d'ailleurs à s'agrandir, puisque 30 % des Américains de moins de 45 ans estiment que le bien-être est "beaucoup plus important à leurs yeux qu'il ne l'était un an auparavant".
Chez nous, par exemple, 57,2 % de Belges font toutefois du sport au moins une fois par semaine. Un chiffre qui se situe au-dessus de la moyenne européenne, indique Statbel, l'office belge de statistique.
Le média britannique souligne que "le bien-être ressemble moins à un loisir qu'à une véritable religion". Selon le Global Wellness Institute, entre 2013 et 2024, le marché mondial a doublé de volume pour atteindre le chiffre record de 6 800 milliards de dollars, un budget consacré à optimiser le bien-être.
Mais à la longue, juger les habitudes de bien-être d'un partenaire ou son absence peut devenir un problème moral au sein d'une relation. Par exemple, dans les colonnes du Times, une journaliste explique avoir mis fin à sa relation amoureuse à cause de Strava et de l'obsession de son ex pour cette application.
"Je me sentais moins performante, ou du moins coupable de ne pas être à la hauteur de ses efforts. La plupart de mes amis étaient sidérés que Strava soit la raison de notre rupture. La course à pied, en particulier, est devenue tellement populaire qu'il est difficile de la présenter comme un aspect négatif", explique-t-elle.
Un phénomène fait souvent son apparition quand on se met en couple : "Rien de dramatique en apparence, mais cela fragilise le lien"Garder des centres d'intérêt
Interrogé par GQ, Jeff Guenther, thérapeute de couple, constate que "ce fossé de bien-être est peut-être moins lié à ce qui se passe à la salle de sport qu'à la qualité de votre relation en dehors". "Personne ne se dispute vraiment à ce sujet. En apparence, oui, mais il y a quelque chose de plus profond", précise-t-il.
Pour pouvoir conserver une bonne relation, le spécialiste conseille aux passionnés de bien-être, d'éviter que les propos ne soient perçus comme un jugement envers leur partenaire.
"Mes parents ne m'ont jamais vue embrasser quelqu'un, cela me met vraiment mal à l'aise" : pourquoi certains sont gênés, contrairement à d'autres ?"Après votre entraînement, planifiez vos moments libres et assurez-vous de passer du temps de qualité ensemble. La plupart de ces couples ne sont pas incompatibles, ils ont simplement cessé de se ménager des moments pour faire des activités qu'ils apprécient vraiment ensemble", poursuit-il.
Jeff Guenther conseille également que chaque partenaire conserve ses propres centres d'intérêt.
Il prévient toutefois qu'il ne faut surtout pas tomber dans l'obsession d'un loisir, conclut l'expert auprès de GQ.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.