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“Je fais une fake news” : au lendemain de son interview sur les pesticides, un sénateur tourangeau admet une imprécision - ICI

C'est une séquence qui fait beaucoup réagir depuis qu'elle a été diffusée dans Complément d'enquête jeudi soir sur France 2. On y voit le sénateur tourangeau Vincent Louault assumer d'avoir fait une fake news sur un pesticide. Les associations environnementales se disent scandalisées.

Publié le vendredi 4 septembre 2026 à 18h51

C'est une séquence qui fait beaucoup réagir depuis qu'elle a été diffusée dans Complément d'enquête jeudi soir sur France 2. On y voit le sénateur tourangeau Vincent Louault assumer d'avoir fait une fake news sur un pesticide. Les associations environnementales se disent scandalisées.

Marine Tondelier réclame une loi pour "interdire le mensonge en politique, sous peine d'inéligibilité". La candidate écologiste à la présidentielle s'appuie sur le Complément d'enquête diffusé ce jeudi soir et dans lequel le sénateur d'Indre-et-Loire Vincent Louault reconnait, et assume, avoir fait une fake news sur l'acétamipride, ce néonicotinoïde réintroduit dans la fameuse, et très controversée, loi Duplomb.

L'extrait dure un peu plus d'une minute quinze. "Le collier à chien ou à chat est plein de néonicotinoïdes" avance Vincent Louault. "Il y a de l'acétamipride dans ces colliers ?" lui demande la journaliste de France 2. "Bien sûr" lui répond le sénateur tourangeau.

"J'ai simplifié un peu trop, mais j'assume"

Le problème, c'est que c'est faux. Et face à la journaliste qui lui prouve qu'il s'est trompé, Vincent Louault ne se démonte pas. "Les gens comprennent des messages simples. Quand je fais un raccourci sur la famille des néonicotinoïdes pour vous sensibiliser sur le fait que dans le collier à chien et à chat, il y a bien des néonicotinoïdes ou des molécules aussi dangereuses que l'acétamipride, oui, je fais une fake news. J'ai simplifié un peu trop, mais j'assume".

Une séquence qui a beaucoup fait réagir, et que l'homme politique assume un peu moins au lendemain de sa diffusion. Plutôt que de fake news, le sénateur tourangeau parle davantage d'imprécision après 2h30 d'interview. "J'ai été imprécis, je le regrette. Je peux vous dire que ça ne se reproduira pas parce que maintenant, on va être beaucoup plus précis sur le cas de l'acétamipride. Laisser croire que tout peut être expliqué en une minute et demie top chrono, de façon simple et précise, oui, on a des approximations et des paroles malheureuses. Ça m'est arrivé, je le reconnais".

"C'est une façon de baser la décision publique sur des mensonges"

Mais pour François Veillerette, le porte-parole de l'association de défense de l'environnement Générations Futures, cette erreur ne peut pas être prise à la légère. "C'est comme dire un cheval et une vache, c'est la même chose. Ils ont tous les deux quatre pattes, sauf que ce n'est pas les mêmes animaux. Et là c'est pareil, ce n'est pas la même substance. Ça a son importance. C'est extrêmement grave pour nous que des politiques au plus haut niveau national emploient des contre vérités de manière assumée pour essayer de convaincre. Et quand c'est dit à la tribune du Sénat, ça influence le vote d'autres parlementaires. C'est une façon de baser la décision publique sur des mensonges qui est une forme d'atteinte à la démocratie. Ça veut dire la fin justifie les moyens, on peut dire n'importe quoi, du moment qu'on gagne à la fin, c'est ça qui compte".

Pour Gilles Deguet, le vice-président de la SEPANT, association environnementale tourangelle, "ce que ça dit à ce niveau de responsabilité, c'est qu'on ne peut avoir confiance en aucun débat, c'est dramatique". Une polémique qui pourrait alimenter la prochaine campagne présidentielle. Vincent Louault est justement en charge de l'agriculture au sein du parti Horizons d'Edouard Philippe.

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