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“J’étais en galère d’argent et on m’a recruté sur Snap…” : un Marseillais de 18 ans, interpellé sur un point de deal d’Alès, échappe de peu à l’incarcération

Condamné en juin dans la cité phocéenne pour trafic de stups, le prévenu a été jugé, une nouvelle fois, jeudi 20 août, devant le tribunal correctionnel de la capitale des Cévennes, cette fois en tant que "jobeur".

Condamné en juin dans la cité phocéenne pour trafic de stups, le prévenu a été jugé, une nouvelle fois, jeudi 20 août, devant le tribunal correctionnel de la capitale des Cévennes, cette fois en tant que "jobeur".

Il a l’apparence d’un enfant ! "Il présente bien, a le bon comportement", dit même Quentin Larroque, le substitut du procureur de la République. Jeudi 20 août, au palais de justice d’Alès, un Marseillais âgé de 18 ans pénètre dans le box des prévenus après avoir été placé en détention provisoire la veille, à la maison d’arrêt de Nîmes. "La procédure n’est pas très compliquée", déclare Vincent Edel, le président de l’audience de comparutions immédiates du jour. Dans la soirée du 17 août, les CRS, déployés dans le quartier alésien des Cévennes, l’ont interpellé, ainsi que deux mineurs, sur le point de deal notoire de la rue du Lozère. Lui qui est tout juste majeur reconnaît être un "guetteur pour se faire des sous", qu’il était à Alès depuis trois jours, et a officié durant deux jours. Il est ce que l’on appelle un "jobeur". "J’étais en galère d’argent et on m’a recruté sur Snap…", indique-t-il aux magistrats.

"Le problème, c’est que je suis tombé dans le piège"

Ce jeune homme a déjà eu affaire à la Justice. À Marseille, où il a été jugé mi-juin pour trafic de stups, il a écopé d’un sursis simple. "Le problème, c’est que je suis tombé dans le piège. J’étais en galère." Il écoute le rapport de l’enquêteur social, dont la conclusion lui sied : "Un sursis probatoire, c’est une bonne idée ! La prison, je vais en sortir encore plus mauvais […] C’est pas la prison qui va me faire avancer…"

Le représentant du ministère public ne s’en laisse pas conter : "Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Après qu’il a dit qu’on ne le reverrait plus, je rappelle qu’il a dit la même chose à Marseille. Il a fallu deux mois pour qu’il replonge !" Quentin Larroque souligne que non content d’avoir fait le "chouf", le prévenu a également été "sacocheur" le soir de son interpellation : "Nous avons laissé une chance à Monsieur. La société n’a pas à attendre ad vitam aeternam qu’il se réveille." Le ministère public requiert alors dix mois d’emprisonnement, un maintien en détention, et une interdiction de paraître dans le Gard durant trois ans.

Le prévenu "inspire de la compassion" à son avocate

Me Euria Thomasian dit représenter "un jeune majeur tout juste sorti de la minorité qui se retrouve sans but, je dirais sans âme". L’avocate de la défense évoque des difficultés familiales, qu’il "recherche l’évasion, la liberté". Elle plaide que "ce petit jeune de 18 ans se fait harponner par des personnes plus expérimentées et on va l’envoyer sur les points de deal. Et c’est lui qui va être pris, et qui va payer pour les autres." Pour ce Marseillais qui lui "inspire de la compassion", le conseil demande aux juges "de ne pas suivre le réquisitoire de Monsieur le procureur", d’écarter le mandat de dépôt, de "ramener la peine à de plus justes proportions". D’opter, conclut-elle, avant de solliciter "la clémence" du tribunal, pour "un sursis probatoire renforcé".

L’avocate est entendue. La peine prononcée est potentiellement aménageable puisque le mandat de dépôt n’est pas ordonné. Ce jeune majeur est condamné à dix mois d’emprisonnement. Les six mois avec sursis simple délivrés à Marseille, en juin, sont révoqués. Cela fait un total d’un an de prison. Aussi, ce jeune homme est interdit de séjour dans le Gard durant trois ans.