“J’étais celui qui pouvait chanter le plus fort, le plus longtemps, c’est parti comme ça” : des copains créent un groupe de rock alternatif, leur dernier défi un concert en haut d’une tour historique
Le 29 août dernier, le groupe de rock alternatif Leuf Dor a réalisé un pari fou : celui de jouer au sommet de la tour de Montcuq-en-Quercy-Blanc (Lot). Formé par Maël, Timo, Théo et Cairn, le quatuor a trébuché, trimé, ramé avant d'arriver à ce projet, dont la vidéo sortira en octobre. Rencontre avec ces quatre musiciens qui racontent leur parcours.
l'essentiel Le 29 août dernier, le groupe de rock alternatif Leuf Dor a réalisé un pari fou : celui de jouer au sommet de la tour de Montcuq-en-Quercy-Blanc (Lot). Formé par Maël, Timo, Théo et Cairn, le quatuor a trébuché, trimé, ramé avant d'arriver à ce projet, dont la vidéo sortira en octobre. Rencontre avec ces quatre musiciens qui racontent leur parcours.
"Ça serait super qu’on fasse un concert en haut de la tour de Montcuq-en-Quercy-Blanc ?" Le pari leur semblait fou dès les premières minutes. Et pourtant, quelques mois plus tard, le 29 août dernier, Cairn*, Timo, Théo et Maël, membres du groupe de rock alternatif naissant, Leuf Dor, montaient leurs instruments en haut de cette tour historique.
"En juin, on a appelé Théo parce que sa mère travaille à la mairie pour lui proposer le projet, sourit Maël, chanteur et guitariste du groupe. Lui, il est tout de suite partant et il appelle sa mère." En trois jours, la réponse que les quatre jeunes vingtenaires imaginaient déjà négative tombe : ils n'ont plus qu'à trouver une équipe de production, de cadreurs et un droniste pour filmer cette séquence unique. "On a eu une petite descente d’organes quand même", ironise Cairn.
Un premier concert il y a deux ans : "C'était le truc le plus laborieux de tous les temps"
Rembobinons. Maël et Théo ont grandi à Montcuq-en-Quercy-Blanc. Ensemble, ils montent un premier groupe et jouent dans le garage du père de Maël. Puis, ils s'éloignent et poursuivent la musique chacun de leur côté. "Mon père est tombé très malade, confie le chanteur de Leuf Dor. Et un jour, je croise Théo et je lui dis : "Écoute, mon père est très malade, on va lui faire un concert un peu d’adieu, de souvenir, un concert de soutien." À ce moment-là, je rencontre Timo et Cairn à la fac de musique et je leur propose aussi." Ils se connaissent peu mais sont animés par une même volonté : celle de jouer coûte que coûte.
"Il nous le propose dans un kebab où on va souvent, se remémore Cairn. On est très amis avec le gérant. Et lui, il était très malade aussi, en fait, à ce moment-là." Entraînés par l'amour de la musique, les trois étudiants lui promettent alors qu'ils joueront pour lui. En une semaine, le quatuor fait deux répétitions. Théo se remet à la batterie, qu'il avait laissée de côté depuis un an. La fougue de la jeunesse les porte mais le manque d'expérience les rattrape aussi vite. "C'était le 4 décembre 2024. J'emmène mon père à Toulouse, il n'avait jamais mis un pied en ville, sourit Maël. Première musique : une corde qui casse à la guitare. Sur une table, j’ai sauté mais il y avait une véranda : j’ai fendu la véranda. C'était le truc le plus laborieux de tous les temps. Les gens étaient contents mais c'était pourri." Dans un éclat de rire, à ses côtés, Timo, Théo et Cairn acquiescent.
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L'expérience avait tout pour décourager le groupe de vingtenaires. Mais rien n'y fait : la musique les suit. Ils se retrouvent alors les week-ends à Montcuq, dans le garage du père de Maël. Le groupe réitère : ils trouvent un concert, se préparent en deux semaines et finalement... l'annulent au dernier moment. "Pendant un week-end, on a tout composé, on avait plein d’idées, et puis on réécoute tout : on se dit que c’est de la merde, on jette. On était dans une effervescence de nullité", livre avec transparence Cairn.
"On a vraiment commencé à se prendre un peu plus au sérieux"
Cette fois-ci, les quatre musiciens changent de cap : ils se posent, réfléchissent, investissent. Matériel en poche, ils composent enfin un son qui leur ressemble : "L'œuf d'or". "On s’est dit : Bon, qui c’est qui chante ? Moi, j’étais celui qui pouvait chanter le plus fort le plus longtemps. Et c'est parti comme ça", s'amuse Maël. Timo le complète : "Là, on a vraiment commencé à se prendre un peu plus au sérieux."
Une amie leur propose alors de se produire dans un festival à côté de Lyon. "On a fait 7 heures de route, on a galéré à trouver un van, on l'a trouvé à la dernière minute et on a payé une fortune. On avait créé deux autres musiques et on savait qu'il nous manquait encore un peu plus de 10 minutes donc on s'est dit qu'on allait faire de l'impro", poursuit Maël. L'expérience les rassure : cette fois-ci, ils en sont sûrs, ils sont prêts à se lancer pleinement dans la musique. Mais les portes leur semblent difficiles à ouvrir. "On s'est inscrit à 15 tremplins et on a essuyé 15 refus", déplorent-ils. Impossible de les décourager : Leuf Dor se lance alors le pari fou, celui de se filmer en jouant en haut de la tour de Montcuq.
La vidéo sortira en octobre. D'ici là, Maël, Cairn, Théo et Timo vont continuer à répéter, ensemble, dans le Lot, dans l'espoir qu'un jour, leur passion devienne leur travail.