Mort d’Edouard Balladur : “J’étais arrière droit, un poste tranquille” : inauguration de la première ligne de métro, meeting de campagne en 1995, avec “Sarko” en 2002… Ses visites à Toulouse
Décédé lundi 31 août à l’âge de 97 ans, l’ancien Premier ministre Édouard Balladur avait effectué plusieurs déplacements marquants à Toulouse. Il avait notamment inauguré la première ligne de métro aux côtés de Dominique Baudis, avant d’y mener campagne pour l’Élysée et de participer au rassemblement de la droite en 2002.
l'essentiel Décédé lundi 31 août à l’âge de 97 ans, l’ancien Premier ministre Édouard Balladur avait effectué plusieurs déplacements marquants à Toulouse. Il avait notamment inauguré la première ligne de métro aux côtés de Dominique Baudis, avant d’y mener campagne pour l’Élysée et de participer au rassemblement de la droite en 2002.
Le 26 juin 1993, Toulouse entre dans une nouvelle ère. Après plusieurs années de chantier, la ligne A du métro accueille ses premiers voyageurs. Pour cette inauguration historique, le maire Dominique Baudis reçoit Édouard Balladur, nommé Premier ministre trois mois plus tôt par François Mitterrand.
À Basso Cambo, les deux hommes baptisent symboliquement une rame avec une bouteille de champagne. Un souvenir raconté vingt-cinq ans plus tard dans La Dépêche par Michel Miranda, alors jeune chef de poste au Poste central de commande.
"Comme un bateau qui sort en mer"
"Nous avons fait rouler les rames toute la matinée. Le maire, Dominique Baudis, et le Premier ministre Édouard Balladur ont emprunté le métro, et baptisé une rame de métro, à Basso Cambo, avec une bouteille de champagne. Comme un bateau qui sort en mer pour la première fois", se souvenait cet employé de Tisséo.
Ce samedi-là, Michel Miranda, recruté en mars 1992 à l’âge de 27 ans, était le benjamin du poste de commande. Avec six techniciens, il veillait sur la mise en service d’une ligne qui allait profondément transformer les déplacements dans la Ville rose.
Moins de deux ans plus tard, Édouard Balladur revient à Toulouse dans une atmosphère bien différente. Le 8 mars 1995, le Premier ministre est désormais candidat à l’élection présidentielle. Après trois petits tours sur la pelouse du Stadium, où il assiste brièvement à un entraînement - "Oui j'ai joué au football dans ma jeunesse, j'étais arrière droit, un poste tranquille", déclare-t-il aux journalistes - il rejoint ses partisans pour un meeting destiné à relancer une campagne en perte de vitesse.
"Choisir une politique courageuse et pas une politique démagogique"
Devant la salle, il évite de nommer ses principaux adversaires, Lionel Jospin et surtout Jacques Chirac, son ancien allié devenu rival. Mais le duel fratricide à droite est dans tous les esprits.
"Je vous appelle à choisir une politique courageuse et pas une politique démagogique", lance-t-il à ses soutiens. Il les invite également à choisir un homme capable d’être "véritablement le président de tous les Français dans leur diversité". La visite toulousaine ne suffira pas à inverser la tendance : Édouard Balladur sera éliminé au premier tour, avec 18,58 % des voix.
J’ai eu l’honneur de participer à la campagne présidentielle d’Édouard Balladur. Aujourd’hui, je salue la mémoire d’un homme de conviction, qui a marqué la vie publique par son calme, sa rigueur et son sens de l’État. Respect. pic.twitter.com/vVdb6R3sA4
— JJBOLZAN (@JJBolzan) August 31, 2026
Toulouse le revoit encore le 23 février 2002. L’ancien Premier ministre participe à la convention nationale de l’Union en mouvement, organisée en présence notamment de Nicolas Sarkozy. Cette préfiguration du futur parti unique de la droite réunit les chiraquiens du RPR, une partie de l’UDF et la droite libérale autour d’un projet commun.
La convention, qui rassemble plusieurs milliers de militants, est marquée par l’arrivée surprise de François Bayrou, venu contester le ralliement de toute la droite derrière Jacques Chirac. Près de neuf ans après avoir inauguré le métro, Édouard Balladur retrouvait ainsi Toulouse au cœur d’une autre construction : celle de la future UMP.