VIDÉOS. “J’attendais la pierre qui me serait fatale” : un alpiniste échappe de peu à la mort dans le massif du Mont-Blanc
Mardi 11 août, Loris Bianco, jeune alpiniste amateur, s’est retrouvé pris au piège par de violentes chutes de pierres dans le couloir du Goûter. Des images impressionnantes et un témoignage glaçant qui interviennent alors...
Mardi 11 août, Loris Bianco, jeune alpiniste amateur, s’est retrouvé pris au piège par de violentes chutes de pierres dans le couloir du Goûter. Des images impressionnantes et un témoignage glaçant qui interviennent alors que le maire de Saint-Gervais vient d'ordonner la fermeture des refuges de Tête Rousse et du Goûter, sur la voie normale d’accès au mont Blanc.
"J’ai vu une pierre de la taille d’une voiture qui s’envolait à 80 mètres de hauteur." Cette première ascension du mont Blanc marquera à vie Loris Bianco. Cet alpiniste amateur de 22 ans a survécu, mardi 11 août, à d’impressionnantes chutes de pierres dans le couloir du Goûter, situé à 3 340 mètres d’altitude dans le massif du Mont-Blanc.
Sur les réseaux sociaux, les images filmées et partagées par Loris sont glaçantes. Le jeune homme hurle : "Putain, je vais crever !", alors que des blocs de pierre ne cessent de pleuvoir dans sa direction.
Originaire de Gap (Hautes-Alpes), Loris Bianco, passionné de montagne depuis l’enfance, avait depuis longtemps pour projet de gravir le plus haut sommet d'Europe. Un projet qu’il décide de concrétiser ce lundi, avec un ami. "J’ai appelé sur un coup de tête le refuge du Goûter et plein de places s’étaient libérées. Donc on a réservé et, 30 heures après, je faisais Gap-Chambéry et Chambéry-Chamonix", raconte-t-il.
Le jeune alpiniste l’assure : si tout s’est fait à la dernière minute, ils étaient préparés à cette ascension : "Nous étions conscients des risques, nous ne sommes pas des touristes, nous connaissons les dangers. Les conditions météo étaient assez bonnes, on s’était renseignés auprès des guides du massif."
L’ascension "s’est très bien passée. Nous avions tout l’équipement nécessaire. On a commencé à monter au premier refuge (Tête Rousse, ndlr), puis sur la route du refuge du Goûter, il a commencé à grêler légèrement, mais nous avons fait attention. Le lendemain, on est partis à 1h45, on a laissé passer une ou deux cordées devant et on les a suivies jusqu’au sommet", raconte Loris Bianco.
C’est à la redescente que ça se gâte. "On est redescendus au couloir du Goûter, on nous avait dit de passer aux alentours de 10 heures, sinon, avec le dégel du permafrost, il y a des chutes de pierres ; le couloir est connu pour ça", poursuit Loris Bianco. "On passe chacun notre tour, on fait attention, on écoute, on regarde et on n’a juste pas de chance".
Le jeune alpiniste amateur explique être resté sur place plus longtemps que prévu pour aider des grimpeurs étrangers en difficulté. "On y est restés 30 minutes, pour leur dire à quel moment passer. Puis on a commencé à entendre un brouhaha dans toute la montagne, c’était assez choquant".
J’étais persuadé que je n’allais pas m’en sortir. J’attendais la pierre qui me serait fatale
Loris Bianco, alpiniste amateur
Le jeune homme n’a pas le temps de s’abriter. "Je suis resté collé à la paroi et j’ai attendu. Je me suis mis en boule, chaque mouvement pouvait être fatal. De rochers de la taille de mon poing, sont passés à quelques mètres de moi, certains ont tapé ma main, mon sac. J’étais persuadé que je n’allais pas m’en sortir. J’attendais la pierre qui me serait fatale".
Finalement, Loris Bianco, son ami et les quatre alpinistes mexicains et polonais avec eux, ont pu redescendre sains et saufs : "On a descendu le couloir, on a couru au premier refuge, on a prévenu le staff et on leur a dit de prévenir le PGHM, car il y avait encore des gens sur place".
Dans la soirée, la commune de Saint-Gervais-les-Bains a pris un arrêté ordonnant la fermeture jusqu'à nouvel ordre des refuges de Tête Rousse et du Goûter en raison du "danger mortel" de chutes de pierres sur cet itinéraire. "La période de sécheresse que nous traversons fait que la pratique de l'alpinisme nécessite une vigilance toute particulière", prévient le maire de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie), Jean-Marc Peillex, dans un communiqué.
"J’ai eu énormément de chance", reconnaît Loris Bianco, toujours sous le choc. "D’habitude, dès que je rentre chez moi, je défais mon sac. Là, je n’y arrive pas. Je me dis que tout peut aller très vite dans la vie".
Des situations comme celles-ci, Loris Bianco n’en avaient encore jamais vécues. "A ce niveau-là, je ne ferai pas pire, ou bien, je ne serai plus là pour en parler !" Pour autant, Loris Bianco garde de bons souvenirs du mont Blanc : "C’est franchement une belle montagne et il y a quand même de sacrées pentes. J’aimerais bien faire découvrir ce sommet à d’autres, mais je leur dirais de bien s’entraîner !"