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“J’allais au lycée avec, c’était ma première voiture…” : ce viticulteur a repris le domaine familial et propose des visites du vignoble et de ce petit village du Lot à bord de sa Citroën 2 CV jaune

Clément Henry, viticulteur à Puy-l'Évêque, propose des balades en 2 CV dans son vignoble familial de six hectares, converti en agriculture biologique. Face à la crise viticole, il a fait le choix de diversifier son offre avec ces visites guidées ainsi qu'un gîte. Rencontre.

l'essentiel Clément Henry, viticulteur à Puy-l'Évêque, propose des balades en 2 CV dans son vignoble familial de six hectares, converti en agriculture biologique. Face à la crise viticole, il a fait le choix de diversifier son offre avec ces visites guidées ainsi qu'un gîte. Rencontre.

"Elle date de 1976. J'allais au lycée avec, c'était ma première voiture." En plein cœur du vignoble, impossible de la manquer : "Marguerite", une Citroën 2 CV entièrement restaurée et repeinte d'un jaune lumineux. "Elle a vécu, elle me suivait dans toutes mes soirées avec l'équipe de rugby", s'amuse Clément Henry, le propriétaire du véhicule.

Depuis 2020, lorsque son père a pris sa retraite, celui "qui aura 40 ans aux prochaines vendanges" a repris le domaine familial La Paganie, situé à Puy-l'Évêque (Lot). "C'est une propriété de la famille depuis trois générations. Avant, c'était la ferme du restaurant Henry. Les vignes ont 46 ans", commente celui qui travaillait au département. Jusqu'en 2014 où il s'est associé avec son père pour s'occuper du domaine. Désormais seul à la tête de ce petit vignoble de 6 hectares, le viticulteur a voulu ajouter sa touche personnelle.

"Avec ma 2 CV, je les emmène dans des recoins qu'ils ne connaissent pas..."

"La première chose, ça a été de passer en agriculture biologique", livre-t-il. Conscient de la crise que rencontre la viticulture depuis quelques années, Clément Henry a aussi rapidement voulu se diversifier. "Il fallait trouver comment valoriser nos produits", indique-t-il. Une idée lui vient rapidement : reprendre sa vieille 2 CV pour proposer des balades dans le vignoble et le village. "Mon père quand il travaillait encore me la demandait quand il avait des clients pour les faire visiter Puy-l'Évêque", sourit le Lotois. Au début, Clément Henry proposait deux boucles : l'une uniquement dans le village et une autre, plus grande, où il conduisait les visiteurs jusqu'à Albas et Bélaye. "C'était trop long", reconnaît-il.

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Désormais, il reste sur la commune de Puy-l'Évêque et poursuit une tradition débutée par son père. "J'ai épluché un livre d'un historien sur la commune. Je leur parle du patrimoine, de la culture, de la vinification, etc., reprend Clément Henry. Avec ma 2 CV, je les emmène dans des recoins qu'ils ne connaissent pas. Ils repartent avec des photos qu'ils n'auraient pas pu faire autrement. C'est pas la gondole à Venise mais presque !" Le viticulteur est encore étonné de voir des habitants s'arrêter à chaque balade dans les rues du village.

"Dans le vin, on ne doit plus simplement proposer un produit..."

Mais le viticulteur le reconnaît : cette activité répond à une problématique désormais bien ancrée. "Dans le vin, on ne doit plus simplement proposer un produit. Il faut proposer une véritable expérience de consommation", confie-t-il. Il se souvient encore de l'époque où il vivait avec ses parents qui, pour se dégager un revenu, multipliaient les marchés. "Ce n'est plus adapté maintenant", reprend-il. Désormais, il travaille avec sa femme qui l'a rejoint récemment. "On nous disait tout le temps : vous n'avez pas d'hébergement ? Un jour on a décidé de se lancer. Ma femme, Jessica, s'occupe de ça et moi, de toute la partie vin", détaille Clément Henry avant d'ajouter : "On n'a jamais eu les moyens d'embaucher quelqu'un pour nous aider."

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Le couple propose également des vélos électriques pour effectuer des balades sur la voie verte.
Le couple propose également des vélos électriques pour effectuer des balades sur la voie verte. DDM - Juliette Rigaud

En plus du gîte et de la 2 CV, le viticulteur a également investi dans des vélos électriques pour les mettre à disposition de ses clients. Et, une autre idée lui trotte dans la tête : celle d'investir dans une nouvelle 2 CV pour la laisser aux clients de manière autonome. "C'est un franc succès. Mais Marguerite, elle est fragile, je suis obligé de la conduire", ajoute le père de famille. Avec son jaune éblouissant, nul doute que les visiteurs seront remarqués cet été lors des visites du village et du vignoble.