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“J’aime ce scénario de devoir aller les chercher” : Pauline Ferrand-Prévôt pas abattue malgré le retard concédé sur le chrono de la 4e étape

La Française, tenante du titre, a concédé plus de deux minutes sur la nouvelle maillot jaune, Marlen Reusser, lors du contre-la-montre de la 4e étape. ...

La Française, tenante du titre, a concédé plus de deux minutes sur la nouvelle maillot jaune, Marlen Reusser, lors du contre-la-montre de la 4e étape.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 04/08/2026 19:25

Mis à jour le 04/08/2026 19:29

Temps de lecture : 4min

Pauline Ferrand-Prévôt lors du contre-la-montre de la 4e étape du Tour de France, le 4 août 2026, entre Gevrey-Chambertin et Dijon. (NICOLAS TUCAT / AFP)
Pauline Ferrand-Prévôt lors du contre-la-montre de la 4e étape du Tour de France, le 4 août 2026, entre Gevrey-Chambertin et Dijon. (NICOLAS TUCAT / AFP)

"Je suis contente que cette journée soit terminée", n'a pas caché Pauline Ferrand-Prévôt, une longue demi-heure après avoir franchi la ligne de la 4e étape du Tour de France 2026, mardi 4 août, à Dijon. La Française venait d'en finir avec un exercice qu'elle n'avait plus connu en compétition depuis plus de cinq ans, et sur lequel ses rivales misaient gros pour la distancer un maximum. Après avoir entretenu le mystère sur son niveau en chrono, les chiffres ont parlé : Pauline Ferrand-Prévot, 34e du jour, a perdu gros, concédant 2'13'' à la nouvelle maillot jaune Marlen Reusser (Movistar), et 1'55'' à Demi Vollering (FDJ United-Suez), troisième de l'étape.

"On ne s’intéressait pas trop aux autres, on a essayé de performer. On savait qu’il y aurait un écart, on ne connaissait pas sa taille. Maintenant on sait quoi faire les prochains jours : combler l’écart", a tenté d'évacuer Rutger Tijssen, le manager de la Team Visma | Lease a bike, pendant que la Française récupérait sur le home-trainer, tout en se rafraîchissant. Mais les 21 km entre Gevrey-Chambertin et Dijon ont, comme attendu par les organisateurs, rebattu les cartes et mis la Française sous pression, alors qu'Anna van der Breggen (SD Worx-Protime) est l'autre grande perdante du jour, tandis que Kazia Niewiadoma (Canyon-SRAM) a plus que limité la casse.

Du côté du staff de la Visma | Lease a bike, l'heure n'était toutefois pas à la panique, même si plusieurs membres de l'équipe, dont Marianne Vos, sont venus enlacer la Française, dans une attitude plus pour consoler que pour féliciter. Rutger Tijssen, lui, s'est voulu rassurant et serein, refusant de parler de changement de stratégie.

"On va voir, mais ça ne change pas la stratégie pour vendredi. Il y aura de plus grands écarts au sommet du Ventoux, parce que c’est une montée brutale. Il y a aura plus de différences que une ou deux minutes comme aujourd'hui."

Rutger Tijssen, manager de Visma | Lease a bike

à franceinfo: sport

Un discours relayé par Pauline Ferrand-Prévôt elle-même, consciente que c'est sur les pentes du Géant de Provence qu'elle pourra renverser la course, elle qui avait terminé avec plus de trois minutes d'avance sur Demi Vollering l'an passé dans le col de la Madeleine. "Dans la Madeleine j’ai pu prendre pas mal de temps, donc là le Ventoux c’est une montée longue aussi, ça va dépendre des autres, comment elles sont, comment elles ont progressé. Je donnerai le meilleur de moi-même pour essayer de grappiller ces deux minutes quinze", a promis la Rémoise.

À condition également de ne pas perdre de temps d'ici là. Déjà attaquée lors de la 3e étape dans le Jura, la championne olympique de VTT s'attend à l'être de nouveau avant le Ventoux, notamment mercredi, dans le Beaujolais. "Je savais qu’elles n’allaient pas me faire de cadeaux sur les montées courtes, ça sera le cas demain et les jours suivants. Il n’y a plus qu’à me battre. J’aime ce scénario de devoir aller les chercher plutôt que d’être la favorite. Ça va être un beau challenge", a toutefois rassuré PFP.

Malgré le débours conséquent concédé à l'arrivée de ce contre-la-montre, la Françaises est restée, plutôt souriante et détendue à l'heure de répondre aux obligations médiatiques. "Sincèrement je ne savais pas à quoi m’attendre donc je ne peux pas être déçue. J’ai donné le meilleur de moi-même, ce n’était pas assez. Je suis fière de m’être battue, j’ai tout donné, je n’ai pas d’excuse j’étais tout simplement moins forte", a-t-elle reconnu, justifiant au passage le choix de sa position, plutôt haute, sur le vélo : "J’ai eu deux opérations de l’artère iliaque, donc je ne peux pas être trop couchée sur le vélo. Et comme je suis petite, après les tests, c'était mieux d’être plus haute. Ce n’était pas le plus beau, ni le plus rapide du peloton, mais c’était le plus rapide pour moi."

Son entraîneur, Rutger Tijssen, a lui aussi insisté sur la nécessité du confort, avant de botter en touche sur les éventuelles erreurs de trajectoire de la Française : "C'est trop tôt pour analyser ses trajectoires, on va regarder les images, les données, et ensuite on pourra analyser". Derrière, Dany et Sylviane, les parents de la Française, se voulaient eux aussi confiants : "Elle va bien, elle prend du plaisir, elle est joyeuse : tout va bien. Ce chrono ne l’inquiète pas du tout, elle est focus. Neuf jours ça va être très long, très dur."

Pas épargnée par la chaleur, tout en refusant de se cacher derrière ce prétexte, Pauline Ferrand-Prévôt a ensuite regagné le camping-car de l'équipe, souriante, pour aller se "doucher, manger un peu et demain c'est reparti". Pas inquiète mais piquée dans son orgueil, la tenante du titre a, comme attendu, perdu du temps, mais pas la flamme. Il n'y avait qu'à voir son regard, soudainement plus ferme et déterminé, à l'évocation du Ventoux pour s'en convaincre : Pauline Ferrand-Prévôt a perdu une bataille, mais le combat n'a fait que commencer.

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