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“J’ai connu une époque bénie” : ancien photoreporter, désormais vigneron, le Catalan Etienne Montès expose à Visa pour l’image

Aujourd’hui à la tête du domaine familial de la Casenove à Trouillas, Etienne Montès fut un photoreporter réputé dans les années 70 et 80. Il exhume 51 de ses clichés témoins de ses reportages pour l’agence Gamma au Nicaragua, Belfast, Salvador, Afrique du Sud ou dans l’Espagne de l’après Franco. Une expo rétrospective à découvrir au festival Visa pour l’Image de Perpignan du 29 août au 13 septembre 2026.

Aujourd’hui à la tête du domaine familial de la Casenove à Trouillas, Etienne Montès fut un photoreporter réputé dans les années 70 et 80. Il exhume 51 de ses clichés témoins de ses reportages pour l’agence Gamma au Nicaragua, Belfast, Salvador, Afrique du Sud ou dans l’Espagne de l’après Franco. Une expo rétrospective à découvrir au festival Visa pour l’Image de Perpignan du 29 août au 13 septembre 2026.

Illich Ramirez Sanchez, dit Carlos, le terroriste vénézuélien de la cause palestinienne ; l’Afrique du Sud et l’apartheid ; Belfast déchirée par le conflit IRA-Loyalistes ; le Nicaragua, le Salvador, la longue transition de l’après Franco en Espagne et tant d’autres… De 1973 à 1987, c’est deux septennats d’un monde déjà en ébullition que retrace la rétrospective d’Etienne Montès, exposée pour la première fois à Visa pour l’Image à partir du 29 août, au couvent des minimes de Perpignan.

Lui, le Catalan né à Boulogne-Billancourt, initié à la photo par un grand-père déjà vigneron à Trouillas, assidu du photos club du lycée Arago, délaissant des études philosophiques pour le grand-angle, débute son aventure de grand reporter à… Perpignan. "En juillet 1970, l’usine à gaz non loin des allées Bacchus, avait explosé. Ma mère m’avait réveillé pour que je prenne des photos. Sur place, je rencontre le photographe de L’Indépendant à qui je confie des photos sans grand espoir. Sauf qu’une d’elles, la grande cuve en éclats, les intéresse. Elle sera publiée. C’est le début d’une collaboration avec le journal et son service photos de très grande qualité avec les Barde, Jover, Roig…", se souvient de sa voix douce, Etienne Montès.

"J’ai vécu une vie d’aventures, de voyages, de rencontres"

Etienne Montes au Salvador en 1980, devant le magasin d’un "confrère", autour du cou deux Nikon, portant un gilet de pêche américain qui servait à ranger pellicules, cellules photo, décapsuleur, cigarettes et autres.
Etienne Montes au Salvador en 1980, devant le magasin d’un "confrère", autour du cou deux Nikon, portant un gilet de pêche américain qui servait à ranger pellicules, cellules photo, décapsuleur, cigarettes et autres. Christian Poveda - Christian Poveda

Son terrain de jeu bouscule vite les frontières du Roussillon. C’est ce que dénonce son exposition à Visa pour l’Image. Comme ce cliché où un marchand de glace est utilisé comme bouclier humain par un policier au Salvador. Ou le si graphique et glaçant centre-ville de Johannesburg à l’heure de l’apartheid.

"J’ai connu l’époque bénie du photojournalisme. Il suffisait d’aller sur le terrain. Des mots, des noms, des sons me faisaient rêver : Nicaragua, Salvador et tant d’autres. Ils sonnent l’aventure et, comme je parlais espagnol, je voulais y aller, être là où cela se passait. J’ai vécu une vie d’aventures, de voyages, de rencontres. Les agences achetaient nos photos. C’est tellement plus difficile aujourd’hui", se souvient celui qui en 1988 décide de rentrer en pays catalan et de devenir, à son tour, vigneron au chevet du domaine familial.

Centre-ville de Johannesburg, Afrique du Sud, 8 février 1985.
Centre-ville de Johannesburg, Afrique du Sud, 8 février 1985. ETIENNE MONTES - ETIENNE MONTES

Pour sélectionner les 51 photos qui composent son exposition, il a collaboré avec Thierry Secrétan. "Nous avons exhumé tellement de boîtes pas ouvertes depuis plus de 35 ans, des clichés dont, pour certains, je n’avais plus aucun souvenir. Il a fallu faire une sélection, nous avons plus insisté sur l’information que sur l’émotion", dessine celui qui rencontra Jean-François Leroy, le créateur de Visa, en 1989 dès la première édition. Près de 30 ans après, il y expose pour la première fois…