J’ai appris tellement de choses au volant de la Peugeot 206 1,6 litre de ma grand-mère !
SÉRIE DE L’ÉTÉ. Toute l’année, nous, journalistes de Caradisiac jugeons les nouveautés selon une grille de notation précise, qui nous permet d’établir des avis les plus objectifs possibles. Mais, une voiture, c’est aussi – surtout – une question de coup de cœur, et on peut s’attacher à un modèle en particulier en dépit de ses défauts (look, image de marque…). Cette série d’été permet aux membres de la rédaction de déclarer leur flamme à la voiture de leur choix, en toute mauvaise foi si besoin.

SÉRIE DE L’ÉTÉ. Toute l’année, nous, journalistes de Caradisiac jugeons les nouveautés selon une grille de notation précise, qui nous permet d’établir des avis les plus objectifs possibles. Mais, une voiture, c’est aussi – surtout – une question de coup de cœur, et on peut s’attacher à un modèle en particulier en dépit de ses défauts (look, image de marque…). Cette série d’été permet aux membres de la rédaction de déclarer leur flamme à la voiture de leur choix, en toute mauvaise foi si besoin. Aujourd’hui on reparle d’un temps où les citadines « puissantes » permettaient de découvrir de vraies sensations de pilotage.
J’ai appris à conduire à l’auto-école sur une Peugeot 207 HDi, comme de nombreux élèves en apprentissage du permis de la fin des années 2000. « Conduire » représente assurément un bien grand mot quand on parle de ces formations assez basiques où les leçons se limitent à embrayer sans caler, mémoriser le code de la route, s’insérer sans danger dans la circulation et apprendre les rudimentaires des manœuvres en ville au volant d’une voiture. A aucun moment, jusqu’à l’obtention du petit papier rose, ce genre d’apprentissage ne permettait de comprendre et assimiler le comportement dynamique d’une voiture et savoir comment réagir dans des situations « extrêmes » qui peuvent pourtant arriver dans la vraie vie.
Jusqu’au moment où, jeune conducteur, j’ai pu prendre le volant de la Peugeot 206 dont ma grand-mère faisait régulièrement fumer l’embrayage quand elle l’utilisait pour aller faire ses courses, le moteur hurlant à 5000 tours/minutes à chaque fois qu’elle passait la première vitesse pour se mettre en route.
La découverte du bonheur
Une « modeste » Peugeot 206 ? Pas tout à fait. Un modèle équipé d’un bloc essence à injection et 16 soupapes, développant 110 chevaux et 147 Nm de couple, dont vous parlait d’ailleurs le grand Stéphane Schlesinger l’année dernière. A peine plus qu’une Peugeot 208 actuelle d’entrée de gamme avec son fameux 3 cylindres turbo 1,2 litre de 100 chevaux, mais pour une masse juste au-dessus de la tonne contre 1 195 kg pour le modèle d’aujourd’hui. Et surtout, avec un caractère et une mise au point sans aucun rapport avec les méthodes actuelles visant surtout à produire des voitures réglées et « lissées » pour limiter les rejets de CO2 et respecter des normes empêchant toute fantaisie ou amusement.
J’ai donc découvert grâce à cette Peugeot 206 la notion de « caractère moteur », avec un bloc rageur dont les montées vers la zone rouge s’accompagnaient d’une sonorité joviale. Mais aussi le bonheur de conduire une voiture au châssis enjoué, vivant et réactif, permettant de se familiariser très sérieusement avec les fondamentaux de la conduite « sportive » (quelle surprise de ressentir pour la première fois un train arrière qui bouge au lever de pied !) en sécurité et sans la moindre assistance électronique autre que l’ABS. Je me rappelle des montées du Col de la Gineste, des trajets vers le Paul Ricard et de tous ces moments où j’ai progressé et appris au volant de cette Peugeot 206 de ma grand-mère. Il fallait juste composer avec une commande de boîte terriblement molle et un freinage indigne des performances, mais j’en garde vraiment des souvenirs émus et je pense sincèrement être devenu un meilleur conducteur (en tout cas moins mauvais) grâce à elle.
D’après une recherche rapide sur La Centrale, on trouve actuellement des 206 1,6 litre affichant un peu plus de 100 000 kilomètres au compteur à peine sous les 3 000€. Quand je pense que la voiture de ma grand-mère, passant le plus clair de son temps à l’arrêt dans un garage, n’affichait que 26 000 kilomètres à l’odomètre il y a moins de 10 ans ! Je rêve même secrètement d’acheter une 206 S16 en souvenir de cette merveilleuse citadine, pour passer au niveau supérieur. Et je me dis que les jeunes automobilistes actuels, ceux qui ne conduisent que des voitures modernes sans avoir la chance de pouvoir essayer de « vieilles » autos de cette trempe sur des routes aussi belles que les miennes, passeront à côté de ce plaisir intense et de cette véritable formation sur le fonctionnement dynamique d’un véhicule. Quel dommage !

Duel d’anciennes
Route de nuit
Voiture plaisir à petit prix
La Peugeot 206 se devait d'assumer une mission énorme pour la marque : prendre la succession de la 205, le "sacré numéro", qui avait on peut le dire sauvé la marque au début des années 80. Et sans atteindre les parts de marché de sa devancière, la 206 a relevé le gant avec honneur, en s'imposant plusieurs années comme la citadine la plus vendue en France, devant l'éternelle rivale Clio. Elle a stylistiquement peu évolué durant sa carrière, qui continue d'ailleurs, malgré la commercialisation de la 207 il y a 2 ans. Les motorisations, elles, se sont modernisées au fur et à mesure, avec l'adoption des 16 soupapes sur les moteurs essence, et de la technologie common rail sur les diesels. Des évolutions qui se sont accompagnées de l'apparition de certains problèmes mécaniques, tandis que l'électronique jouait elle aussi des tours à la petite française. Sa fiabilité est donc à surveiller de près, même si aujourd'hui, les plaintes se font plus rares. Sur le marché, le choix est pléthorique, et les prix bien plus abordables depuis l'arrivée de la 207 en seconde main…