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Ivre, sous cocaïne et après avoir grillé un feu rouge : le pilote condamné après la mort d’un adolescent à Nice

Près de deux ans après la mort d’un adolescent, passager d’une grosse cylindrée sur le boulevard de l’Ariane à Nice, le pilote a été condamné par le tribunal correctionnel pour homicide involontaire aggravé par au moins deux circonstances.

« Celui qui conduit dans ces conditions prend le risque de tuer quelqu’un », lance sévèrement le procureur de la République, Hervé Leroy. Quelques instants plus tard, il requiert sept ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt, assortis de l’annulation du permis de conduire pendant deux ans et de deux amendes de 750 euros.

Dans la salle, le silence s’installe.

Le 31 octobre 2024, vers 19 heures, sur le boulevard de l’Ariane à Nice, sa grosse cylindrée avait percuté à pleine vitesse l’arrière d’un véhicule.

À l’arrière de la moto, son passager, âgé de 17 ans et dépourvu de casque, avait été grièvement blessé. Il est décédé à son arrivée au CHU Pasteur.

Le pilote très alcoolisé, 1,43 g/l de sang, et sous stupéfiants (de la cocaïne), avait franchi un feu rouge.

Lors de son procès, le prévenu, en pleurs, a présenté ses excuses à la famille de la victime.

Près de deux ans après ce tragique accident, David Garcia comparaît devant le tribunal correctionnel de Nice, présidé par Alexandre Julien, pour répondre d’homicide involontaire aggravé.

Le prévenu, qui a célébré ses 41 ans il y a quelques jours, est déjà connu de la justice pour plusieurs infractions routières, notamment l’usage du téléphone au volant et le franchissement d’un feu rouge.

Des antécédents que le magistrat n’a pas manqué de rappeler à l’audience, tandis que le mis en cause se considère comme un usager de la route « prudent ».

« Il accélère et derrière, c’est le trou noir »

Ce soir-là, David Garcia s’était rendu dans ce quartier qu’il connaissait peu afin de vendre sa moto à un illustre inconnu rencontré la veille dans un bar.

Attirés par la grosse cylindrée, plusieurs jeunes s’étaient alors regroupés autour de lui. « Il s’est senti un peu obligé que l’un d’eux monte derrière lui […] Il accélère et derrière c’est le trou noir », résume son avocat, Me Charles Huss.

À la barre, David Garcia raconte avoir sombré dans une profonde dépression après le décès de son père, avant de tomber dans les addictions.

« Il existe un droit fondamental, c’est celui de devenir meilleur et la peine requise ne me semble pas adaptée », plaide Me Huss.

« Je n’ai jamais voulu ça », souffle son client face aux juges.

Des mots qui ne peuvent toutefois apaiser la douleur de la famille du jeune homme décédé.

Incarcération immédiate

Après un long délibéré, les parties regagnent la salle 3 du tribunal correctionnel. Plusieurs policiers prennent alors position à chacune des entrées, laissant présager qu’un mandat de dépôt va être prononcé.

Le tribunal reconnaît finalement le quadragénaire coupable et le condamne à cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec notamment des obligations de soins et de travail. Il est également condamné à deux amendes de 500 euros.

Arrivé libre au tribunal, le prévenu en est ressorti menotté.