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Italie. « Je suis Giorgia Meloni » : pourquoi la Première ministre a décidé d’enregistrer sa voix

« Io sono Giorgia Meloni » (« Je suis Giorgia Meloni ») : lundi, la Première ministre italienne a enregistré un audio de cinq secondes avec ces quatre mots, répétés deux fois, auprès de l'Office de l'Union euro...

« Io sono Giorgia Meloni » (« Je suis Giorgia Meloni ») : lundi, la Première ministre italienne a enregistré un audio de cinq secondes avec ces quatre mots, répétés deux fois, auprès de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO). L'enregistrement est disponible en ligne sur sa fiche sur le site de l'EUIPO. La demande, dévoilée par La Repubblica et déposée par l’intermédiaire d’un cabinet d’avocats romain, est « en cours d'examen ». Trois types de service sont visés : les contenus multimédia téléchargeables et enregistrés, les activités culturelles et l'organisation de réunions politiques.

Pourquoi une telle initiative ? Avant les élections législatives de 2027, la présidente du Conseil entend se protéger contre les cas de clonage vocal et de deepfakes à l’aide de l'intelligence artificielle générative, qui se multiplient et deviennent de plus en plus perfectionnés.

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Si la demande est acceptée, la voix de Giorgia Meloni sera protégée dans toute l’Union européenne et la Première ministre pourra contester son utilisation illégale.

La fiche de Giorgia Meloni sur le site de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle. Capture d'écran

La fiche de Giorgia Meloni sur le site de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle. Capture d'écran

La vice-présidente de la Chambre des députés italienne, Anna Ascani (Parti démocrate), fervente opposante à Giorgia Meloni, a dénoncé cette initiative : « Giorgia Meloni oublie qu’elle est présidente du Conseil et, face aux deepfakes, elle ne pense qu’à se protéger elle-même. Une loi pour défendre tout le monde contre les manipulations et protéger la démocratie, non ; enregistrer sa propre voix, oui. Elle d’abord, le pays jamais », a-t-elle lancé sur Facebook.

Une réforme électorale cruciale approuvée jeudi

Première femme à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni a fêté le mois dernier un record de longévité à ce poste depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle approche désormais les 1 500 jours à ce poste et semble en mesure de le conserver l'an prochain. Son mandat doit s'achever en octobre 2027, mais elle pourrait choisir d'organiser des élections dès avril ou mai.

Ce jeudi, les députés italiens ont approuvé une réforme de la loi électorale décriée par les partis d'opposition qui dénoncent un texte taillé sur mesure par la Première ministre pour faciliter sa réélection. Le texte garantit une majorité parlementaire à toute alliance recueillant plus de 42 % des voix. Il a été adopté par 227 voix pour et 164 contre, alors que Giorgia Meloni avait menacé de démissionner si la réforme échouait.