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Internet fixe : pendant que la France se fibre, les USA préfèrent stagner plutôt que de favoriser le FTTH

Les Français passent souvent pour des râleurs : quel que soit le sujet, rien n’est jamais assez bien, rien n’est jamais assez rapide. Et tous les thèmes y passent, y compris la vitesse de la connexion Internet. Alors certes, tout n’est pas encore par...

Les Français passent souvent pour des râleurs : quel que soit le sujet, rien n’est jamais assez bien, rien n’est jamais assez rapide. Et tous les thèmes y passent, y compris la vitesse de la connexion Internet. Alors certes, tout n’est pas encore parfait : il existe de nombreux endroits en France qui sont encore coincés sur l’ADSL, voire sur une connexion 4G. Cependant, l’État et les FAI ont mis les bouchées doubles depuis maintenant plusieurs années afin de fibrer entièrement l’Hexagone. Et chez notre cher Oncle Sam ? La FCC (Federal Communications Commission, le régulateur américain) fait machine arrière : après avoir fixé comme objectif à long terme un débit de 1 Gb/s descendant et 500 Mb/s montant, le président Brendan Carr a décidé de le supprimer, comme le rapporte The Verge.

Dans un premier temps, faisons un petit état des lieux : selon nPerf, les débits moyens en France sont plus que corrects. En descendant, SFR ferme la marche avec 340 Mb/s quand Bouygues tape les 491 Mb/s. En débit montant, c’est presque la même chose : SFR est le plus lent avec 267 Mb/s, et Bouygues monte à 371 Mb/s. La raison est simple : plus de 84 % de tous les accès internet fixes en France sont maintenant en FTTH.

Et aux États-Unis ? Le tableau est moins réjouissant. Si nPerf ne fait pas les mêmes statistiques, SpeedGeo a à peu près la même fonction. En débit descendant, les trois opérateurs retenus pour l’étude ne sont pas trop à la traîne : de 212 Mb/s à 256 Mb/s, c’est derrière les français, mais ça reste raisonnable. En revanche, le débit montant est très, mais alors très loin des chiffres observés en France : le meilleur prend 176 Mb/s, quand les deux autres font 61 Mb/s et même 44 Mb/s. Et ce sont des valeurs moyennes. Starlink fait même pire que les trois opérateurs précédents, avec 111 Mb/s en descendant et 23 Mb/s en montant.

Pourquoi ce débit aussi lent ? La raison est historique : alors que la France a décidé de faire table rase et de passer de la paire cuivre téléphonique à la fibre, les USA avaient déjà une technologie intermédiaire sous la forme du câble. En effet, avec la technologie DOCSIS, il est possible depuis déjà bien des années de faire passer internet par le câble, en même temps que les chaînes de TV. Seulement voilà : si atteindre le gigabit est relativement faisable avec le câble, obtenir un débit montant de ne serait-ce que quelques centaines de Mb/s… c’est beaucoup plus compliqué.

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Si cette épine historique dans le pied de la vitesse sur internet explique le retard des USA, cela n’explique toujours pas pourquoi Brendan Carr a mis au rebut l’idée d’un internet à 1000/500 Mb/s. Tout tient dans une vision différente du marché : quand la France a décidé, par l’entremise de son gouvernement, de tout miser sur la fibre, les USA ont développé de nombreuses technologies… qui n’arrivent pas à monter aussi vite en débit que le FTTH. On a vu que le câble ne le pourra pas, ou en tout cas pas sans d’énormes investissements. Mais il y a aussi la boucle locale sans-fil : quasiment impossible, ou pas pour un grand nombre de personnes. Le satellite ? Possible, mais pas pour tout de suite, loin de là. Alors la FCC a pris la décision la plus pratique pour les fournisseurs, mais la moins logique pour les consommateurs : l’objectif ? Vu que ça privilégierait la fibre au détriment des autres, on l’enterre. Et tant pis pour ceux qui voudraient un meilleur débit, de toute façon, Brendan Carr ne les entend pas :

Actuellement, il est impossible de prédire à long terme les prochains développements technologiques, ni l’évolution des préférences des utilisateurs.

Brendan Carr, président de la FCC.

Bien souvent, il est facile de considérer la France, et l’Union européenne par extension, comme trop procédurière. Et bien souvent, c’est à raison : les règles s’empilent comme un mille-feuilles administratif. Mais parfois, ça a du bon : quand plus de 94 % des locaux français sont éligibles à la fibre, et pourront donc immédiatement bénéficier de débits atteignant et même dépassant le gigabit, les USA de leur côté ont décidé de supprimer l’objectif, pour ne pas avoir à faire de choix au détriment de certaines entreprises. Quitte à creuser le fossé déjà bien profond entre ceux qui ont le FTTH et les autres, coincés dix ans en arrière.