Insolite. Il jure en public et écope d’une amende de 102 euros pour blasphème
A Venise, un jeune homme en scooter, qui avait évité un piéton, n'a pu éviter une amende pour avoir « outragé les divinités vénérées par la religion d’État ». ...
A Venise, un jeune homme en scooter, qui avait évité un piéton, n'a pu éviter une amende pour avoir « outragé les divinités vénérées par la religion d’État ».
La rédaction -
Aujourd’hui à 13:28 | mis à jour aujourd’hui à 17:01
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L'incident s'est produit mardi après-midi au Lido de Venise et n'est pas passé inaperçu en Italie : un jeune homme de 22 ans, qui circulait à scooter et avait réussi à éviter de justesse un piéton, a laissé échapper un juron et a été verbalisé par les policiers municipaux pour blasphème.
Il a « outragé les divinités vénérées par la religion d’État »
La scène a d'abord été rapportée par le compte Facebook « Venezia Non è Disneyland » (« Venise n'est pas Disneyland »), photo du procès-verbal à l'appui. « Le conducteur, qui aurait été félicité par les agents eux-mêmes pour la prudence avec laquelle il aurait évité de renverser l'homme, s’est en revanche vu infliger une amende de 102 euros pour un blasphème prononcé immédiatement après l’accident évité de justesse », explique-t-il. Dans le procès-verbal, il est accusé d’avoir « outragé les divinités vénérées par la religion d’État ».
Capture d'écran du PV/Facebook
Selon Il Corriere della Sera, le jeune homme s’est défendu auprès des policiers, qui l’avaient interpellé pour un contrôle d’identité, en expliquant qu’il s'était « laissé emporter » par l'émotion et la peur.
Le blasphème toujours puni d'une amende de 51 à 309 euros
En Italie, si le blasphème a été dépénalisé en 1999, il reste puni d'une sanction administrative. « Quiconque blasphème publiquement, par des invectives ou des propos outrageants contre la divinité est passible d’une amende administrative comprise entre 51 et 309 euros », peut-on lire dans l'article 724 du Code pénal. Et « la même sanction s'applique à quiconque se livre à toute manifestation publique outrageante à l'égard des défunts », prévoit-il.
Un article qui, dans les faits, n'est que très peu appliqué. Et qui ne fait plus mention de « religion d'Etat », contrairement au PV des policiers, depuis 1995.
La police attend un rapport de l'agent verbalisateur
Cet incident a provoqué une avalanche de réactions dans le pays, entre incrédulité et indignation. La police justifie l'amende par le fait que le conducteur aurait répété plusieurs fois son juron et aurait refusé de s'excuser. « Quoi qu’il en soit, rien d’étrange », a commenté le chef de la police locale, Marco Agostini, qui a toutefois commandé un rapport complet à l'agent verbalisateur.
En 2023, le gardien de but de l'équipe de football de Frosinone, Stefano Turati, avait écopé d'une suspension d'un match de Championnat d'Italie pour avoir tenu des propos blasphématoires lors de l'ouverture de la saison 2023-24. Le légendaire gardien Gianluigi Buffon avait égélement été suspendu, pour la même raison, en 2021.