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Inondations au Népal et au Tibet : la Chine accusée de dissimuler l’ampleur du désastre

Alors que Pékin ne fait état que de 16 morts au Tibet, les associations peinent à établir un bilan fiable. Une tâche d'autant plus difficile que les autorités chinoises restreignent fortement la circulation de l'information sur la catastrophe.

Asie. Alors que Pékin ne fait état que de 16 morts au Tibet, les associations peinent à établir un bilan fiable. Une tâche d'autant plus difficile que les autorités chinoises restreignent fortement la circulation de l'information sur la catastrophe.

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Publié le 31/08/2026 à 19:33

Des agents de la Police armée populaire chinoise mènent des opérations de recherche et de sauvetage près du port de Gyirong à la suite d'une coulée de boue, à Shigatse, dans la région autonome du Tibet, en Chine, le 30 août 2026.  China Daily via REUTERS

Des agents de la Police armée populaire chinoise mènent des opérations de recherche et de sauvetage près du port de Gyirong à la suite d'une coulée de boue, à Shigatse, dans la région autonome du Tibet, en Chine, le 30 août 2026.

via REUTERS

Le 26 août, la rupture d'un glacier a provoqué une crue dévastatrice à la frontière qui sépare le Népal du Tibet. Cinq jours plus tard, alors que les opérations de secours se poursuivent, le bilan dépasse les 900 morts au Népal. Plus de 4 000 personnes sont toujours portées disparues. Dans ce contexte tragique, Pékin, qui contrôle le Tibet, ne recense officiellement que 16 morts et 546 disparus, dont 261 étrangers, de ce côté de la frontière.

Un bilan contesté par l'International Campaign for Tibet. Le groupe de défense des droits des Tibétains affirme qu'au moins 300 maisons ont été détruites. Quatre villages, Sale, Serchung, Labi et Rizi, figureraient parmi les plus durement touchés. "Ce qui est visible au Népal révèle ce qui est dissimulé au Tibet", résume l'association dans les colonnes du Guardian. Quant au nombre de victimes réel de victimes, difficile de l'estimer pour le groupe, qui ne dispose que de "maigres" informations. Toutefois, ses membres l'assurent : il est "bien plus élevé" que celui annoncé par les autorités chinoises.

Un JT sur le nouveau livre de Xi Jinping

L'ampleur de la catastrophe est d'autant plus difficile à estimer que l'information circule très difficilement du côté tibétain. Plusieurs organisations de défense des droits humains soulignent un contraste marqué dans la quantité d’informations diffusées de part et d’autre de la frontière. Alors que la presse internationale a été bouleversée par les images de la tragédie au Népal, la télévision d'Etat chinoise s'est contentée de diffuser une unique image fixe. Plus marquant encore : le 26 août, soir du drame, le principal JT du pays a été ouvert par l'annonce de la sortie du nouveau livre de Xi Jinping.

La presse internationale, soumise à de sévères restrictions au Tibet, n'a pas non plus pu recueillir librement les témoignages des survivants. Quant aux Tibétains, il leur est d'autant plus difficile de s'exprimer librement sur la catastrophe qu'ils s'exposent à des sanctions pour avoir partagé des informations avec des journalistes ou des organisations de défense des droits humains basées hors de Chine.

"Maintenir l'ordre social"

Cette volonté de contrôler l'information est également documentée par la BBC. Selon le média britannique, des responsables du Parti communiste chinois au Tibet ont reçu pour consigne de "tout mettre en œuvre pour maintenir l'ordre social et garantir la stabilité ainsi que la confiance du public dans les zones sinistrées". Ceux qui obtiendraient de bons résultats seraient récompensés. A l'inverse, les responsables jugés défaillants "seraient tenus pour responsables".

Dimanche, les autorités tibétaines ont annoncé avoir sanctionné au moins dix personnes pour avoir partagé des informations trompeuses ou "perturbé l'ordre en ligne" avec des publications sur la crue. La nature de ces sanctions n'a pas été précisée.

Deux Tibétains ont par ailleurs été interpellés pour avoir affirmé en ligne que plus de 1 000 personnes auraient été emportées par les flots près de la frontière. Dans une publication repérée par le Guardian, un utilisateur a contesté le bilan officiel des victimes : "De toute évidence, des milliers de personnes ont été emportées par les flots, pourtant les autorités n'ont fait état que de trois décès et de 265 personnes disparues."