Incendie dans les Fagnes : près de 850 hectares touchés, le point sur la situation - RTBF Actus
Le jour s’est levé après une nuit très ardue dans les Hautes Fagnes. Alors que le ciel rougeoyant est voilé par d’épaisses fumées, le sol, noir à perte de vue, crépite. À une des extrémités du brasier au point ...
Le jour s’est levé après une nuit très ardue dans les Hautes Fagnes. Alors que le ciel rougeoyant est voilé par d’épaisses fumées, le sol, noir à perte de vue, crépite. À une des extrémités du brasier au point le plus haut, les pompiers se sont affairés une bonne partie de la nuit pour que l’incendie ne traverse pas un chemin forestier qui sépare les Fagnes d’une sapinière très inflammable. Mission accomplie à cet endroit.
Mais d’autres difficultés se posent ailleurs. Le feu a bénéficié jusqu’ici de conditions favorables pour se répandre : temps sec, chaleur et vents changeants.
"Le vent ne nous aide pas. Il a tourné plusieurs fois depuis le début de l’après-midi hier. Et donc chaque fois on positionne nos moyens pour essayer de stopper le feu et à chaque fois il arrive un petit peu à nous contourner", explique Frederic Lex, officier de La Zone de Secours Vesdre Hoëgne & Plateau.
"Ici, à proximité du signal de Botrange, il y a différentes routes nationales qu’on a définies comme étant des points qui ne pouvaient pas être franchis. On a appelé des agriculteurs, on a réuni l’ensemble de nos moyens et donc là il y a des points qui vont nous permettre d’arrêter le feu mais à l’intérieur même de la fagne, c’est très compliqué d’aller les taire", poursuit l’officier.
Sur place, les pompiers se montrent fatigués après cette longue nuit. Pourtant, manque de pluie, ils risquent d’y passer plusieurs jours. "Notre petit pays est également touché par la sécheresse. Les fagnes sont toujours une région sensible. On avait espéré qu’elles soient épargnées, mais cette fois-ci, c’est à notre tour", ajoute encore Frederic Lex.
Après une interruption durant la nuit, les hélicoptères s’apprêtent à reprendre du service.
© Sébastien Georis
Alors que l’incendie se propage à une vitesse de 5 à 10 km/h, le gouverneur prie chacun de ne pas se rendre dans la région des Hautes Fagnes. "Afin de permettre aux services de secours de travailler dans les meilleures conditions possibles et de garantir la sécurité de tous, il est demandé à la population de ne pas se rendre dans la zone concernée et d’y éviter tout déplacement jusqu’à nouvel ordre", a communiqué le gouverneur dans un message partagé sur Facebook dans la nuit de vendredi à samedi.
Pourtant, malgré les nombreux rappels, des personnes venues voir l’incendie ont été renvoyées chez elles. "Au mépris de tous les risques et dangers potentiels pour eux et potentiellement allumer un incendie plus loin, ils sont rentrés juste pour prendre une photo de la réserve en train de brûler. C’est scandaleux", regrette Thomas Wislet, agent forestier du DNF. "On va aller jusqu’à la barrière pour la fermer et empêcher les suivants."
Des routes fermées et plusieurs renforts sur place
Plusieurs routes, dont une portion de la N68, sont d’ailleurs fermées, et des parkings des barrages de la Gileppe et d’Eupen sont inaccessibles. Il est recommandé aux habitants de fermer portes et fenêtres s’ils sont dérangés par les fumées.
Le plan provincial a été déclenché vendredi après que le feu a pris au niveau de la Fagne des Deux-Séries, à proximité du rond-point Drossart, sur le territoire de la commune de Baelen. Aucune évacuation n’a, pour l’heure, été ordonnée dans cette commune.
"Les opérations de lutte contre l’incendie se poursuivent activement sur le terrain. À ce stade, le sinistre a déjà affecté près de 850 hectares", a communiqué le gouverneur dans un message posté sur Facebook. Et d’ajouter que pour maîtriser la situation, des renforts d’autres provinces ainsi que d’Allemagne sont toujours mobilisés aux côtés des équipes déjà engagées.
À présent, tout l’enjeu est d’empêcher le feu de se propager au-delà de la N68. "Les pompiers se sont mis en lisière de forêt pour la protéger, la fagne étant extrêmement compliquée d’accès. C’est un feu qui va durer encore un long moment, car même s’il finit par être circonscrit, on est sur un sol tourbeux (matière organique utilisée autrefois pour se chauffer, ndlr), ça veut dire qu’on va avoir un feu qui va couver peut-être pendant des semaines si on n’a pas des pluies abondantes", relève Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie (SPW). Les autorités s’attendent donc à des reprises de feu.
En forêt, une reprise de feu © Sébastien Georis