« Impossible de passer à côté de cette occasion » : la Ville de Puget-sur-Argens va acheter 12.700 m² secteur du Gabre pour ouvrir la voie à des logements sociaux
La commune a exercé son droit de préemption pour acquérir cinq parcelles au lieu-dit Le Gabre, pour 250.000 euros. Classé en zone d’urbanisation future, le terrain doit constituer une réserve foncière en vue d’une opération d’habitat comprenant notamment des logements locatifs sociaux.
Alors que le secteur du Gabre voit déjà les projets immobiliers y pousser comme du chiendent, la municipalité entend tirer parti de ce dynamisme urbanistique pour y faire fleurir les logements sociaux dont elle a besoin.
Réunis en conseil municipal ce mercredi 7 octobre, les élus ont ainsi approuvé l’acquisition de cinq parcelles entre le cours d’eau et le boulevard du général Leclerc. Au total, ce sont 12.711 m² que la commune va intégrer à son patrimoine foncier.
Plus précisément, la Ville a décidé de faire usage de son droit de préemption et cette délibération visait notamment à sécuriser juridiquement la signature de l’acte authentique.
L’intérêt de l’opération, dans cette zone classée « à urbaniser » est de constituer une réserve foncière pour une future opération d’aménagement à vocation d’habitat tout en y imposant une part de logements locatifs sociaux.
Réduire le déficit en logements sociaux de la commune
D’ailleurs, la Ville entend engager, dans le courant de l’année à venir, une révision générale de son Plan local d’urbanisme (PLU) avec, notamment, la définition d’une orientation d’aménagement et de programmation (OAP) consacrée au secteur du Gabre devant entériner sa vocation résidentielle.
Toutefois, « il n’y a pas de projet précis définitivement arrêté à cette date », a détaillé Fabrice Curti, adjoint au maire délégué à l’urbanisme. Lequel a également souligné qu’« il n’était pas possible de passer à côté de cette occasion d’acquérir 12 700 m² à un prix défiant toute concurrence ».
Le prix de vente de 250.000 euros est effectivement inférieur à l’estimation réalisée par le Pôle d’évaluation domaniale du Va qui avait fixé la valeur vénale du bien à 280.000 euros.
« Cette acquisition est stratégique et d’autant plus importante que nous sommes en situation de carence compte tenu des manquements aux objectifs de livraisons de logements sociaux », a souligné Fabrice Curti.
En effet, la commune de Puget-sur-Argens ne remplit pas les obligations en matière de logements sociaux.
Au 1er janvier 2025, elle en comptait 13,34 % alors que l’objectif fixé par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) est de 25 %. Un retard qui s’est notamment traduit cette année par une "amende" de près de 238.000 euros.
Privilégier les Pugétoises et pugétois
Le maire a toutefois insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement de répondre aux exigences réglementaires.
« Si aujourd’hui nous réalisons des logements, c’est pour loger nos habitants dignement », a-t-il souligné.
Guillaume Decard affirmant ainsi sa volonté de favoriser l’attribution des logements sociaux aux habitants de la commune. Citant notamment en exemple l’opération du Picoton, « où 13 des 14 logements ont été attribués à des Pugétois ».
« C’est là tout l’enjeu, pas de rattraper notre retard par rapport à la loi SRU », a assuré le premier édile avant d’appeler de ses vœux une évolution de la réglementation « pour donner la possibilité aux locataires sociaux de devenir propriétaires. »
Une réforme dont il estime qu’elle permettrait de « responsabiliser des bénéficiaires qui respecteront davantage les biens dans lesquels ils vivent ».
Cette décision a été adoptée à l’unanimité et n’a appelé à aucun commentaire de la part de l’opposition.