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“Ils pourraient tuer intégralement notre industrie” : peut-on encore rivaliser avec la Chine dans le domaine automobile ?

L'Union européenne a annoncé vendredi 9 octobre avoir obtenu de la Chine qu'elle modère le flux de véhicules hybrides sur notre marché. Si le terme "modérer" reste vague, il s'agit d'un bras de fer de plus. Les constructeurs européens sont-ils en capacité de résister à cette concurrence et à leur dépendance envers la Chine ?

Publié le 11/10/2026 21:18

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Article rédigé par France 2 - A. Hanquet, O. Longueval, A. Locascio, C. Sénéchal, L. Beneyton - Édité par l'agence 6Medias

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L'Union européenne a annoncé vendredi 9 octobre avoir obtenu de la Chine qu'elle modère le flux de véhicules hybrides sur notre marché. Si le terme "modérer" reste vague, il s'agit d'un bras de fer de plus. Les constructeurs européens sont-ils en capacité de résister à cette concurrence et à leur dépendance envers la Chine ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Des voitures chinoises flambant neuves, à perte de vue, prêtes à être exportées dans le monde entier. Voilà des images qui font trembler l'Europe et qui illustrent la montée en puissance de la Chine, devenue le grand leader de l'industrie automobile. Véritable enjeu de pouvoir, on observe une tension mondiale sur le milieu automobile alors que les usines chinoises tournent à plein régime.

Ce ne sont ainsi pas moins de 34 millions de véhicules qui ont été fabriqués en 2025, ce qui en fait le pays qui en produit le plus chaque année, loin devant les États-Unis et le Japon. En 15 ans, les ventes de voitures chinoises ont bondi de 152 %. Et face à un marché intérieur saturé, Pékin cherche désormais à conquérir l'Europe.

"On a aujourd'hui en Chine probablement les moyens de fabriquer autour de 40 ou 45 millions de voitures. Ça veut dire qu'avec leurs usines, ils pourraient satisfaire largement la totalité de nos besoins et donc ils pourraient tuer intégralement notre industrie", nous explique Bernard Julien, maître de conférences en économie à l'université de Bordeaux et spécialiste de l'industrie automobile. En France, les concessions chinoises se multiplient. On en compte une centaine rien que pour le constructeur BYD.

Et en Europe, la part de marché des marques chinoises est passée de 0,5 % en 2021 à plus de 6 % en 2025. Pékin veut même aller plus loin en produisant ses véhicules directement sur le Vieux Continent. De nombreux projets ont été lancés et une usine vient tout juste d'être construite en Hongrie. Pour contrer cette offensive, l'Union européenne riposte et menace d'augmenter les taxes douanières. Une méthode qui commence à payer car elle vient d'arracher un premier geste de Pékin.

"Nous sommes parvenus à un accord de principe visant à modérer les exportations de véhicules hybrides de la Chine vers l'Union européenne", a ainsi annoncé Maros Sefcovic, commissaire européen au commerce, vendredi 9 octobre.

Réduire la concurrence chinoise devient donc une question de survie, notamment pour l'Allemand Volkswagen. Le groupe a annoncé récemment la suppression de 50 000 emplois en Allemagne d'ici 2030. De son côté, la France mise sur l'électrique pour résister avec des véhicules phares comme la Renault 5, entièrement produite dans l'Hexagone.

"Aujourd'hui, les constructeurs français ont plutôt fait le choix de la France pour ces nouveaux véhicules qui correspondent à l'avenir de la production. Donc oui, avec l'électrification, effectivement, les constructeurs ont misé sur la France", détaille Olivier Hanoulle, associé en charge de l'automobile pour le cabinet Roland Berger.

Dans cette compétition mondiale, les États-Unis ont quant à eux fait un choix radical en imposant depuis 2024 des droits de douane de 100 % sur les importations de voitures électriques chinoises.

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