« Ils m’ont forcé à éteindre le véhicule » : une femme perd son bébé dans l’ambulance à un barrage israélien en Cisjordanie
Une femme enceinte de six mois et qui souffrait d’une hémorragie très sévère a perdu son bébé dans une ambulance, lundi, après avoir été retardée à un point de contrôle israélien près de Naplouse, selon les autorités sanitaires palestiniennes.
Une femme enceinte de six mois et qui souffrait d’une hémorragie très sévère a perdu son bébé dans une ambulance, lundi, après avoir été retardée à un point de contrôle israélien près de Naplouse, selon les autorités sanitaires palestiniennes.
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Les autorités sanitaires palestiniennes ont rapporté qu’une femme avait fait une fausse couche dans une ambulance lundi, des soignants accusant des soldats israéliens d’avoir retardé le véhicule à un point de contrôle en Cisjordanie occupée, ce qu’a démenti l’armée.
Enceinte de six mois, cette femme de 28 ans a été prise en charge à son domicile de Qaryut, au sud de Naplouse, alors qu’elle était inconsciente, a expliqué un soignant, Bashar Qaryouti, à l’AFP. « Elle souffrait d’une hémorragie très sévère et se trouvait dans un état extrêmement critique », a-t-il souligné.
La femme a été placée sous oxygène dans une ambulance, qui s’est lancée dans la quête désespérée d’une route ouverte en direction de l’hôpital de Rafidia, à Naplouse. L’entrée du village voisin étant fermée, le véhicule a dû se tourner vers des chemins de terre au milieu des oliveraies.
« Bébé mort-né » dans l’ambulance
Lorsque l’équipage a finalement atteint le poste de contrôle d’Awarta, de nombreux véhicules patientaient déjà devant un portail métallique. Sirènes allumées, l’ambulance s’est frayé un chemin jusqu’à la tête de la file, où des soldats ont ordonné à Bashar Qaryouti de couper le moteur du véhicule.
« Ils m’ont forcé avec leurs armes à éteindre le véhicule » et ont confisqué les cartes d’identité des soignants, raconte-t-il, précisant avoir expliqué aux soldats que le matériel médical de l’ambulance maintenait la patiente en vie.
L’état de la femme enceinte s’est aggravé et l’infirmière à ses côtés a été contrainte de procéder à l’accouchement, à l’intérieur de l’habitacle, d’un « bébé mort-né », a affirmé M. Qaryouti.
Après plus de 30 minutes d’attente, selon lui, les soldats ont rendu leurs documents à l’équipage et autorisé l’ambulance à poursuivre sa route.
« Empêchée d’atteindre l’hôpital »
Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne a déclaré que « l’affirmation selon laquelle des soldats ont retardé une ambulance au checkpoint d’Awarta était fausse », ajoutant n’avoir reçu aucun signalement des faits de la part palestinienne. A l’hôpital de Rafidia, « la mère a été envoyée au bloc pour arrêter l’hémorragie », retrace M. Qaryouti.
Le directeur de l’établissement, Fouad Nafaa, a affirmé que la femme avait été « empêchée d’atteindre l’hôpital par l’armée israélienne ». L’hémorragie causée par la fausse couche a été maîtrisé et l’état de la patiente est désormais stable, a-t-il ajouté.
Israël a lancé une opération qualifiée d’« antiterroriste » en Cisjordanie occupée, fermant plusieurs routes à travers le territoire, à la suite d’affrontements meurtriers vendredi impliquant des colons qui ont coûté la vie à deux Israéliens et quatre Palestiniens. Depuis l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, les violences ont explosé en Cisjordanie, occupée depuis 1967.
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