“Ils envoient nos enfants à la guerre, pas les leurs”: en Israël, les haredim qui évitent le service militaire cristallisent les tensions
Ce mardi 27 octobre, les Israéliens sont appelés aux urnes pour les élections législatives afin de déterminer qui dirigera le gouvernement. Au cœur de la campagne, la question des Haredim, une communauté juive ultra-orthodoxe, était au centre des débats.
Publié aujourd'hui à 12h43
Lire dans l'appRMCMarion Gauthier, envoyée spéciale en Israël
Ce mardi 27 octobre, les Israéliens sont appelés aux urnes pour les élections législatives afin de déterminer qui dirigera le gouvernement. Au cœur de la campagne, la question des Haredim, une communauté juive ultra-orthodoxe, était au centre des débats.
C'est un tournant pour le Moyen-Orient, ce mardi 27 octobre. Les élections législatives se déroulent pour déterminer l'avenir d'Israël. Et le scrutin s'annonce très serré entre le camp du Premier ministre, Benjamin Netanyahou, et celui formé autour de Gadi Eisenkot.
Au pouvoir pendant près de 20 ans depuis 1996, le dirigeant de l'État hébreu est sous le feu des critiques au sein même de son pays. Entre le conflit en Iran, la situation en Palestine et de nombreux autres sujets, il marche sur un fil. La campagne a beaucoup tourné autour de la thématique sécuritaire. Parmi les questions centrales, le service militaire fait partie des principaux sujets de division.
En principe, chaque citoyen juif doit effectuer son service militaire au cours de sa vie, mais ceux qu'on appelle les Haredim, ou "craignant-Dieu", une frange ultra-orthodoxe, refusent de se plier à cette loi. Pourtant, Benjamin Netanyahou bloque son application, protégeant cette communauté religieuse.
"La pratique de la religion, c'est un peu comme le vélo. Quand on ne pédale pas, on tombe. Et quand on est à l'armée, on n'a pas forcément le temps de faire les prières, d'étudier", défend Shnouel, conseiller municipal à Bnei Brak, au micro de RMC.

Le choix de la rédaction : Élections en Israël, le 7-Octobre au cœur de la campagne - 26/10
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"Mon fils n'a pas vu la maison depuis quatre ans"
Avec la guerre et les conflits qui se multiplient dans le pays, les frontières sont, par exemple, étroitement surveillées et mobilisent de nombreux soldats. Or, les Haredim représenteraient plus d'un million de personnes, soit plus de 10 % de la population du pays.
Mais les religieux estiment être dans leur droit. Yereskel, étudiant rabbinique de 26 ans, est même prêt à affronter la justice de son pays pour continuer à pratiquer sa foi. "Grâce à Dieu, je ne suis pas allé en prison jusque-là, mais on est prêts à y aller. Moi et toute la société haredi. Étudier la Torah, c'est ce qui protège le pays", estime-t-il, lui qui dit être considéré comme "déserteur" depuis huit ans.
"Je ne demande à personne de prier pour moi!", rétorque de son côté Ayelet, qui représente 100.000 mères de soldats avec l'association Mères au front. "Les gens qui envoient nos enfants à la guerre n'envoient pas leurs enfants", fustige-t-elle.
"Mon fils n'a pas vu sa maison depuis quatre ans parce que les réservistes font 300 à 400 jours d'affilée. Personne ne les remplace", dénonce-t-elle.
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En attendant, selon les statistiques, la population haredi est en pleine croissance, avec désormais six enfants en moyenne par famille. Plus de trois ans après les attentats du 7 octobre 2023, les Israéliens se rendent donc aux urnes pour la première fois, et l'avenir militaire de nombreuses personnes, de part et d'autre, est en jeu.
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