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“Il y a une semaine complète de travail en plus des jours d’installation sur place” : dans les coulisses du feu d’artifice du 14-Juillet de Villeneuve-sur-Lot

Alors que la canicule et les risques d’incendie perturbent de nombreux événements estivaux, le feu d’artifice du 14 juillet de Villeneuve-sur-Lot a été maintenu. En coulisses, l’équipe de l’entreprise Bugat Pyrotechnie s’est activée pendant plusieurs jours pour que le show soit au rendez-vous, en toute sécurité.

l'essentiel Alors que la canicule et les risques d’incendie perturbent de nombreux événements estivaux, le feu d’artifice du 14 juillet de Villeneuve-sur-Lot a été maintenu. En coulisses, l’équipe de l’entreprise Bugat Pyrotechnie s’est activée pendant plusieurs jours pour que le show soit au rendez-vous, en toute sécurité.

Cet été, les feux d’artifice sont une nouvelle fois soumis aux aléas météorologiques. Entre vigilance canicule et risque élevé de feux de forêt, plusieurs spectacles ont été annulés ces derniers jours dans le Lot-et-Garonne. Mais pas celui de Villeneuve-sur-Lot, qui s’est tenu comme prévu ce mardi 14 juillet.

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Tiré depuis les ponts de Bastérou et des Cieutat, au-dessus du Lot, le risque d’incendie est, en effet, très faible. Ce qui a convaincu la préfecture du Lot-et-Garonne, la mairie de Villeneuve et les pompiers de le maintenir.

"Il n’y a pas beaucoup de contraintes à Villeneuve"

"Contrairement à d’autres endroits, il n’y a pas beaucoup de contraintes à Villeneuve-sur-Lot. La contrainte, c’est le calibre : on est limité à 65 mm de mémoire. Et le millimètre, c’est la contrainte", confie Denis Lagrange, patron de Bugat Pyrotechnie, l’entreprise qui a la charge de ce show pyrotechnique de la fête nationale. La société, dont les locaux se trouvent à Pujols, organise près de 70 feux d’artifice par an, essentiellement durant la saison estivale. Cette année, le nombre de spectacles maintenus s’est considérablement réduit à cause des conditions climatiques. Pour rappel, le Lot-et-Garonne est actuellement en alerte rouge canicule et en alerte orange feux de forêt. "C’est plus facile de compter les feux qu’on a que les feux annulés. Deux : Villeneuve et Saint-Sylvestre", déplore Denis Lagrange, qui exerce ce métier "depuis 37 ans".

Le pont du Bastérou a été fermé à la circulation plusieurs jours pour permettre l’installation du matériel pyrotechnique.
Le pont du Bastérou a été fermé à la circulation plusieurs jours pour permettre l’installation du matériel pyrotechnique. DDM - Valentin Vié

Ce feu d’artifice mobilise six artificiers. Si le spectacle ne dure qu’une vingtaine de minutes, sa préparation s’étale sur plusieurs jours. "Pour le tir, on est six, parfois un peu plus que d’habitude car on emploie des saisonniers, précise Denis Lagrange. La préparation commence longtemps à l’avance : dépôts, cartons spéciaux, écriture du feu, choix de la musique, synchronisation… Les produits pyrotechniques sont assemblés et préparés par mon équipe sur le terrain. Pour Villeneuve, c’est facilement une semaine complète de travail en plus des jours d’installation sur place."

"La pyrotechnie cause très peu d’incendies"

Bugat Pyrotechnie doit, elle aussi, composer avec la canicule. L’organisation est pensée pour limiter l’exposition des employés et des engins pyrotechniques aux températures les plus élevées. L’installation s’est donc faite principalement la nuit et en matinée. Les artifices, conservés dans des bâtiments adaptés aux fortes chaleurs, sont acheminés au dernier moment depuis les lieux de stockage.

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Face aux inquiétudes liées aux incendies, comme c’est par exemple arrivé au château de Lourdes (Hautes-Pyrénées) ce lundi, l’artificier assure que les spectacles pyrotechniques sont organisés dans des conditions de sécurité très strictes. "Il faut remettre l’église au milieu du village : la pyrotechnie cause très peu d’incendies. Par rapport aux incendies domestiques, ce n’est rien du tout. Il y a une peur de la pyrotechnie parce que ça reste du feu, mais on ne tire pas à côté d’une végétation archi-sèche. On maîtrise, on sait ce qu’on fait, on n’est pas idiots."

"Les shows de drones ne sont pas du tout la solution miracle"

Régulièrement évoqués comme une alternative aux feux d’artifice traditionnels, les spectacles de drones ne convainquent pas Denis Lagrange, qui souligne leur coût très élevé. « Remplacer la pyrotechnie par des drones, c’est un non-sens : pour un petit spectacle, il faut déjà 100 drones, et ça coûte entre 120 000 et 150 000 euros juste pour ça. Si on veut remplacer tous les feux de villages, faites le calcul, ça se chiffre en millions d’euros, pour quelque chose qui ne sert qu’une ou deux fois par an. Et puis l’impact écologique : batteries, lithium, production en Chine… Non, ce n’est pas du tout la solution miracle. Techniquement, il est impossible de remplacer l’ambiance d’un vrai feu d’artifice. Les gros shows à 3 000 drones, c’est réservé à quelques villes énormes avec de très gros moyens. »