Il y a 25 ans, l’Ouest Var dans le rouge : en septembre 2001, à une semaine d’intervalle, deux incendies monstres dévoraient 2.400 hectares
En septembre 2001, en l’espace de deux week-ends rapprochés, deux incendies fulgurants défiguraient l’Ouest-Var. Les dimanches 9 et 16 septembre, le territoire et ses habitants payaient un lourd tribut aux flammes avec 2.400 hectares de pinède, de vignes et d’oliviers parcourus…
Des tsunamis de flammes. Une propagation incontrôlable. Il y a vingt-cinq ans, à une semaine d’intervalle, deux incendies monstres défiguraient l’Ouest-Var.
Les dimanches 9 et 16 septembre 2001, le territoire et ses habitants payaient un lourd tribut aux flammes avec 2.400 hectares de pinède, de vignes et d’oliviers parcourus à La Cadière, au Castellet et au Beausset. Pour longtemps défigurés.
« Quand j’ai vu cet été les images à la télévision du feu du Gros Bessillon, ça a fait ressurgir des souvenirs forts, témoigne René Jourdan, maire de la Cadière de 1989 à 2026, alors en première ligne en qualité également de président de la communauté d’agglomération Sud Sainte Baume, englobant les communes sinistrées. La Cadière avait déjà été touchée l’année d’avant, et en 2001, encore, il y a eu énormément d’anxiété ».
Des cicatrices toujours visibles
Et de souffler : « Heureusement que le préfet du Var de l’époque nous a beaucoup aidés, par sa présence à mes côtés notamment. Grâce à lui, j’avais pu obtenir des lits de la Marine, pour l’accueil dans nos salles communales de gens qui ont été évacués ».
Les observateurs au regard aiguisé peuvent encore déceler, plus de deux décennies après (comme sur la RN8 dans la montée vers le circuit du Castellet) les bandes de terres parcourues par les flammes, dont les cicatrices sont toujours visibles et où la nature originelle, pourtant résiliente, n’a pas encore repris totalement le dessus.
Infographie François Philippe Langlade
Le 9 septembre 2001, vers 16 h 30, un premier départ de feu au lieu-dit La Bégude, sur la commune du Castellet, attisé par un violent mistral soufflant en rafales à plus de 80 km/h échappe à tout contrôle et parcourt (à la vitesse de 2 km/h) près de 800 hectares autour de Sainte-Anne-du-Castellet, du chemin de Cuges, du hameau des Capucins et de la Bastide blanche.
Les 350 pompiers engagés avec le renfort de deux hélicoptères et de quatre bombardiers d’eau mettent 48 heures avant de stopper la progression des flammes. Au plus grand soulagement de tous.
La solidarité a joué à plein
Évacués de leur propre chef ou incités par les pompiers, les habitants, venus du chemin des Cuges ou des hameaux des Capucines et de la Bastide Blanche, autour de Sainte-Anne-du-Castellet se sont réfugiés dans la salle des fêtes de La Cadière – commune touchée par les flammes – ainsi que dans la salle des fêtes de Sainte-Anne-d’Évenos, dans une salle municipale de Saint-Cyr ou au gymnase du Beausset. Quand ils n’ont pas passé la nuit dans leur voiture. La solidarité a joué à plein.
Le répit météorologique sera de courte durée. Une semaine après, le dimanche 16 septembre, de nouveau attisées par un fort mistral, deux départs de feux (à Cuges-les-Pins puis au Castellet) encore plus virulents que la semaine d’avant dégénèrent et, se déployant sur un front de plusieurs kilomètres, sautent routes et vignes dévorant tout sur leur passage en progressant à une vitesse de 3 km/h vers Signes et Le Beausset. Pour faire face, près de 800 soldats du feu, 220 engins et 14 avions sont déployés et finissent par fixer l’incendie sur le bilan de 1.600 hectares calcinés.
Photo Doc Var-matin
« Le vent a tourné et les pompiers espéraient arrêter les flammes dans la montée du Plan-du-Castellet, mais le feu, incontrôlable, a passé la route, raconte René Jourdan. Une maison – je crois que c’est la seule – a été détruite au Beausset dans la montée vers le circuit et deux ou trois autres ont été léchées par les flammes ». Des caravanes, mobile homes et véhicules ont également été brûlés mais fort heureusement aucune victime n’a été à déplorer.
Un vélomoteur dont le moteur a pris feu ?
Photo Doc Var-matin
Vingt-cinq ans après, l’ancien élu aujourd’hui âgé de 94 ans est en mesure d’éclairer sur l’origine d’au moins un des départs de feu : « Je crois me rappeler que l’incendie du 16 septembre 2001 est parti d’un vélomoteur qui a pris feu dans la montée d’Ok Corral à Cuges. Le moteur s’est bloqué et le conducteur a posé le vélomoteur qui s’est enflammé », se souvient-il.
Photo Doc Var-matin
Quant à l’incendie du 9 septembre 2001 : les secours ont noté que le foyer en bordure de la route départementale 2 est « situé sur le chemin de la Bégude, à trois kilomètres à peine d’un départ de feu similaire l’année dernière ». Une coïncidence jugée pour le moins suspecte.
Les flammes ont progressé vers le quartier des Maurels (La Cadière), puis sont remontées vers le Camp du Castellet, avant d’encercler la chapelle de Sainte-Anne pour aller mourir à La Cadière, piégées notamment par un manque de combustible dans une zone déjà brûlée l’année d’avant !
Les pompiers ont empêché l’incendie de traverser la D26, un point névralgique car il aurait pu ensuite dévorer des milliers d’hectares jusqu’à Toulon.
Terrible bilan de ces incendies : 200 hectares parcourus sur La Cadière, 900 sur Le Beausset et 1.300 sur Le Castellet ; des mobile hommes, caravanes, maisons et véhicules détruits ou endommagés.