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Il s’est introduit nu en pleine nuit chez une inconnue : conduit aux urgences psychiatriques après une crise le matin du procès, le prévenu ne s’y est pas présenté

Lois, un homme de 50 ans qui s'était introduit nu en pleine nuit chez Marie-Ange, une habitante de Verlhac-Tescou (Tarn-et-Garonne), ne s'est pas présenté à son procès, vendredi 18 septembre 2026. Renvoyé en comparution immédiate mais placé sous contrôle judiciaire chez un ami à Puycelsi (Tarn), le quinquagénaire a été admis aux urgences psychiatriques d'Albi le matin de son procès. Celui-ci a été renvoyé au 20 novembre 2026 à 14 heures. Une contre-expertise médicale a été requise.

l'essentiel Lois, un homme de 50 ans qui s'était introduit nu en pleine nuit chez Marie-Ange, une habitante de Verlhac-Tescou (Tarn-et-Garonne), ne s'est pas présenté à son procès, vendredi 18 septembre 2026. Renvoyé en comparution immédiate mais placé sous contrôle judiciaire chez un ami à Puycelsi (Tarn), le quinquagénaire a été admis aux urgences psychiatriques d'Albi le matin de son procès. Celui-ci a été renvoyé au 20 novembre 2026 à 14 heures. Une contre-expertise médicale a été requise.

La salle d'audience du tribunal de Montauban (Tarn-et-Garonne) reste désespérément vide en ce vendredi 18 septembre 2026. À tel point qu'en amont de l'audience de comparution immédiate, les discussions vont bon train entre les robes noires pour appréhender ce qui va se passer quelques instants plus tard.

La nouvelle a franchi la porte du palais de justice quelques heures auparavant. Sans qu'aucun document officiel ne parvienne jusqu'aux magistrats avant l'ouverture du procès. Loïs, un homme de 50 ans poursuivi pour s'être introduit nu et en pleine nuit chez Marie-Ange, une habitante de Verlhac-Tescou, aurait été admis aux urgences psychiatriques en début de matinée.

Le prévenu hospitalisé d'urgence le matin du procès

Son avocate, Me Morgane Morin, confirme la rumeur, sans avoir de document médical officiel. "Mon client a refait une crise dans la nuit. Il aurait hurlé : Ça revient !. Immédiatement, la personne qui l'hébergeait à Puycelsi, dans le Tarn, a appelé le 15. Les secours l'ont conduit aux urgences psychiatriques d'Albi. Mais il n'était pas en état de signer un pouvoir", annonce-t-elle d'emblée.

En clair, en son absence et sans document officiel, Me Morin ne peut pas assurer la défense de son client. "Sa mère est à son chevet pour signer une demande d'hospitalisation sous contrainte. Ce serait la deuxième depuis les faits. La première fois, c'est le frère [du prévenu] qui l'avait demandée. Pourtant, hier [jeudi], quand je l'ai vu, il était dans un état normal, si l'on peut dire", déclare l'avocate du barreau de Montauban.

Un mandat d'arrêt sollicité par le parquet

Une difficulté relevée par la présidente du tribunal, Emmanuelle Yvert. "Il doit être présent pour être jugé", pointe la magistrate. Le dossier est donc renvoyé. Reste désormais une incertitude : le maintien sous contrôle judiciaire, comme l'a décidé le juge des libertés et de la détention, ou le placement en détention provisoire, requis au moment du défèrement par le parquet ?

"Je vais être en cohérence avec les réquisitions que j'ai prononcées au moment de son renvoi en comparution immédiate, assume Lucile Moutier au parquet. On n'a aucune justification de sa situation, rien n'établit qu'il est bien aux urgences psychiatriques. Je sollicite donc la délivrance d'un mandat d'arrêt car il existe une dangerosité criminologique", argumente-t-elle, reprenant les conclusions de l'expert psychiatre qui l'a examiné.

"L'inquiétude des parties civiles"

Me Alexandre Delord, en défense des intérêts de Marie-Ange et de son oncle, les plaignants absents eux aussi, rappelle "l'inquiétude des parties civiles. Il est dans la nature alors qu'il n'habite qu'à 800 mètres de la résidence de ma cliente", insiste l'ancien bâtonnier.

"Je ne partage évidemment pas l'analyse du parquet, contre Me Morin. Selon l'expert, le contrôle de ses actes était entravé au moment des faits. Il indique aussi que mon client souffre d'un trouble psychiatrique qui a entraîné une bouffée délirante aiguë et un épisode psychotique aigu. C'est le qualificatif le plus important employé par les experts. Mon client n'a rien à faire en détention. D'ailleurs, que se serait-il passé s'il avait fait une crise en détention ?", interroge l'avocate de la défense.

La défense se "bat avec [ses] armes"

Elle attaque aussi le parquet sur l'absence de document justifiant la présence à l'hôpital du mis en cause. "Le parquet avait le pouvoir de faire des réquisitions pour récupérer des informations médicales et ainsi justifier de son hospitalisation. Moi, je me bats avec mes armes."

Elle sollicite le maintien du contrôle judiciaire strict déjà en vigueur : interdiction de se rendre à Verlhac-Tescou, de contacter la victime, obligation de pointer quotidiennement à la gendarmerie.

Le procès renvoyé, le contrôle judiciaire maintenu

"Vous pouvez même étendre le périmètre d'interdiction de paraître. Ce qui est sûr, c'est que mon client a conscience du mal qu'il a pu faire. Il se fait peur à lui-même et il demande de l'aide", conclut-elle, sollicitant également une contre-expertise psychiatrique.

Alors que le tribunal s'est retiré pour délibérer, Me Morin reçoit un justificatif d'hospitalisation de son client. Un document crucial transmis in extremis aux juges, qui a sans doute pesé au moment de leur décision. Le contrôle judiciaire est finalement maintenu en attendant le procès au fond, programmé, si tout se passe bien, le 20 novembre 2026 à 14 heures.