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« Il ne faut pas avoir peur de parler » – Laurent Lavigne

Ayant récemment choisi de quitter Canoë Kayak Canada en raison « d’un climat toxique » au sein de la fédération, le kayakiste québécois Laurent Lavigne semblait serein après avoir conclu la finale du K1 200 m a...

Ayant récemment choisi de quitter Canoë Kayak Canada en raison « d’un climat toxique » au sein de la fédération, le kayakiste québécois Laurent Lavigne semblait serein après avoir conclu la finale du K1 200 m au 8e rang, samedi, à la Coupe du monde de Montréal.

C’était une course stressante, mais amusante. C’était ma première finale en individuel au niveau sénior, a expliqué l’athlète de 25 ans, qui a terminé 9e aux Jeux de Paris en 2024 avec l’équipe masculine du K4 canadien.

Le 200 m, c’est une course où tu n’as pas droit à l’erreur, et ça part tellement vite. Ce n'était pas ma meilleure course, mais j’ai vraiment tout donné. Je suis bien content, a-t-il poursuivi, le sourire aux lèvres.

Les derniers mois ont été compliqués pour le Trifluvien, qui s'entraîne maintenant seul après avoir rompu les liens avec Canoë Kayak Canada.

Quelques jours après avoir dénoncé dans La Presse, avec sa coéquipière Sophia Jensen, un environnement hyper contrôlé au sein de la fédération, où les athlètes ont peur de parler, vivent un sentiment d’oppression et s'entraînent dans des conditions misérables, Laurent Lavigne se retrouve sous les feux de la rampe. Mais il vit bien avec l’attention nouvelle dont il fait l’objet.

Je mentirais si je disais que ce n’est pas une distraction, mais j’étais prêt à m’embarquer là-dedans quand j’ai décidé d’en parler. Il y a un peu de soulagement, et de voir le soutien des autres athlètes, ça me fait du bien.

Sa décision de quitter la fédération nationale a toutefois un prix, qui affecte directement son développement en tant qu’athlète.

C'est quand même du changement. J’ai fait un peu un pas de côté par rapport à l’équipe nationale, [alors ces derniers mois], c’était plus de l'entraînement par moi-même à la maison, et des camps d'entraînement avec d’autres pays. Ça a été de super beaux derniers mois, assure-t-il.

Il vise maintenant une participation aux Championnats du monde à la fin août en Pologne et compte poursuivre l’expérience avec d’autres équipes nationales.

J’ai tellement connu de bonnes expériences avec d’autres pays, avec les Tchèques, les Américains, même les Argentins, que je vais me planifier un autre camp d'entraînement avec une nation qui partage la même passion que moi.

Il sait qu’il n’a pas choisi la voie facile, mais il n’a aucun regret. Il encourage d’ailleurs les jeunes kayakistes et canoéistes qui font face à des situations difficiles, comme lui, à briser le silence. Il avait pour eux un message au bassin olympique du parc Jean-Drapeau.

[J’espère qu’ils vont] continuer à pousser et à faire le sport qu’ils aiment tant. Il ne faut pas avoir peur de parler, que ce soit des problèmes physiques ou mentaux. Il ne faut pas attendre de se rendre au bout du rouleau et de quitter le sport avec amertume. C’est tellement un beau sport.

Avec les informations de Christine Roger