“Il faudra encore me supporter”: après sa démission refusée en juillet, Monique Barbut planche sur un moyen de financer l’adaptation au changement climatique
Dans un entretien à Libération, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut est revenue sur sa démission avortée, l'adaptation de la France au dérèglement climatique, ainsi que la santé environnementale des Français.
"Il faudra encore me supporter": après sa démission refusée en juillet, Monique Barbut planche sur un moyen de financer l'adaptation au changement climatique
Publié aujourd'hui à 19h48
Lire dans l'appDans un entretien à Libération, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut est revenue sur sa démission avortée, l'adaptation de la France au dérèglement climatique, ainsi que la santé environnementale des Français.
"Il faudra encore me supporter": après sa démission refusée, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut se voit rester au gouvernement et réfléchit à financer l'adaptation au changement climatique via "l'épargne des Français", dans un entretien à Libération publié dimanche 16 août.
"Je peux me sentir plus fragile mais pas fragilisée. Les articles publiés dans la presse cet été ne viennent pas que des oppositions... Je ne suis pas dupe. Certains aimeraient que je ne sois plus là. Il faudra encore me supporter", affirme-t-elle dans cet entretien.
Après avoir annoncé sa démission en juillet pour protester contre l'adoption de la loi d'urgence agricole, Monique Barbut était finalement restée au gouvernement, assurant avoir obtenu des "garanties" sur des sujets lui tenant à cœur, comme l'adaptation au changement climatique.
"Creuser la piste d'un financement via la Caisse des dépôts"
"J'ai trois grandes priorités: l'adaptation, la forêt et la santé environnementale sur lesquelles j'ai fait et ferai des propositions", affirme-t-elle dans l'entretien. "Tant que ces sujets avancent", la question de son avenir au gouvernement "ne se pose pas", dit-elle.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu l'avait chargée fin juillet de lui présenter d'ici octobre de nouvelles mesures pour "accélérer" la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique.
"Pour ce qui est du financement, les ressources de l'État étant ce qu'elles sont, je voudrais creuser la piste d'un financement via la Caisse des dépôts issu de l'épargne des Français", indique Monique Barbut.
Elle revient aussi sur le cadmium, métal lourd toxique présent dans l'environnement et l'alimentation, pour lequel le gouvernement prépare un décret organisant la baisse dans les engrais phosphatés.
"Je souhaite que nous fixions une norme maximale de 20 milligrammes par kilogramme (mg/kg) à horizon 2030, contre 90mg/kg actuellement", dit Monique Barbut.
Une baisse plus rapide que celle qu'envisageait le ministère de l'Agriculture en mai, à "40mg/kg en 2030" et "20mg/kg" d'ici 2038.

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La ministre ne juge enfin "pas surprenantes" les conclusions du Conseil constitutionnel, qui a validé vendredi la quasi-totalité de la loi d'urgence agricole, tout en saluant des clarifications "utiles".
Ainsi l'absence de décision de l'Anses, dans le délai de deux mois prévu pour une demande de dérogation à l'utilisation de l'insecticide acétamipride, vaut décision de refus.
"Je veillerai à ce qu'aucune pression ne soit exercée sur l'Anses pour tenir des délais qui ne seraient pas compatibles avec les exigences d'une expertise scientifique rigoureuse", affirme Monique Barbut.