« Il fallait se cacher et être le plus malin ! » Comment Jordan Sarrou a mis la main sur son 6ᵉ Roc d’Azur
Jordan Sarrou s’est s’imposé au sprint devant le Canadien Cole Punchard, ce dimanche à Fréjus. Déjà détenteur du record de victoires sur le Roc d’Azur, le Français porte son total à six succès.
Le recordman. Pour son sixième succès sur le Roc d’Azur, hier, Jordan Sarrou (33 ans) n’a pas eu l’occasion de savourer avant l’arrivée comme il avait pu le faire en 2024, maillot tricolore sur les épaules.
Le champion du monde 2020 a dû attendre de franchir la ligne pour esquisser un large sourire. À l’image de son triomphe en 2019, le coureur de la BMC Factory Racing s’est imposé au sprint en coiffant le Canadien Cole Punchard (Cannondale Factory Racing).
« Cette victoire est un peu différente, admet le vététiste originaire de Haute-Loire. Cela s’est joué à la technique. Ç a a été très rapide. On était cinq ou six avec le même niveau. Les sensations n’étaient pas terribles. Physiquement, j’étais costaud. J’ai serré les dents pour rester au contact du groupe. J’ai bien joué au sprint. »
Arrivés sur la base nature ensemble, les deux hommes ont viré sur la droite à pleine balle pour se départager. « Il a lancé le sprint un peu tôt, soulignait le double champion de France. J’ai profité de l’aspiration. » Une belle manière de clôturer le chapitre avec la marque BMC.
Cette victoire a-t-elle rendu la saveur encore meilleure ? « Gagner au sprint, c’est sympa aussi ! L’adrénaline sort une fois la ligne franchie. Alors que, quand tu gagnes en solitaire, tu as le temps de profiter. »
Le tour de force de Cole Punchard
Les 55 kilomètres ont été une vraie course d’usure. Paul Seixas a tout d’abord imprimé un bon rythme dans la première montée, avant de laisser les spécialistes ferrailler. Plusieurs coureurs ont tenté de faire exploser le groupe, en vain.
« Le vent a rendu la course tactique, pointait le vainqueur. Il fallait se cacher et être le plus malin. Je n’ai pas trop appuyé en descente pour limiter les risques de crevaisons. » Ils étaient huit à se tenir par petits groupes, en moins d’une minute, au point de passage à Clapiers, au 28e kilomètre.
Seul le Canadien a réussi son coup, dans les dix derniers kilomètres de l’arrivée. « Dans la dernière descente, j’ai vissé un coup parce que je me sentais bien, racontait le futur coureur de Decathlon Ford. Je suis allé à fond jusqu’au bout. J’en ai peut-être un peu trop mis. J’ai tout donné à 300 m de l’arrivée. C’est ma première ici, je ne connaissais pas du tout le parcours. Avec cette deuxième place, je vais devoir revenir pour gagner. »
La révélation de la saison de cross-country, 3e des derniers championnats du monde, n’est pas passée loin de l’exploit.
« J’étais à la limite »
Jordan Sarrou est le seul à avoir accroché sa roue. « On a roulé à deux. Il était fort, reconnaissait-il. J’étais à la limite derrière lui. »
Comme lors de sa dernière victoire, il s’est présenté sur la ligne de départ affaibli. « Comme quoi il faut être malade pour gagner, se marre-t-il. Non, je déconne ! On est fatigués en fin de saison. […] J’ai essayé de récupérer un maximum ces derniers jours. J’ai fait du jus toute la semaine pour arriver le mieux possible et ça l’a fait. »
Jordan Sarrou n’a peut-être pas la carrure de Dwayne Johnson, surnommé « The Rock », mais, avec ses six couronnes, il marque un peu plus de son empreinte l’histoire de l’épreuve.
► Le classement de la course hommes
1. Jordan Sarrou (FRA) les 55 kilomètres en 2h18’26’’ (vitesse moyenne : 23,84 km/h)
2. Cole Punchard (CAN) m.t.
3. Østen Brovold Midtsundstad (NOR) à 6’’
4. Jakob Dorigoni (ITA) à 7’’
5. Davide Foccoli (ITA) à 8’’
6. Joshua Dubau (FRA) à 26’’
7. Jules Rossel (FRA) à 1’00’’
8. Alessio Agostinelli (ITA) à 2’28’’
9. Eskil Evensen-Lie (NOR) à 2’29’’
10. Nathan Cornillon (FRA) à 2’31’’
63. Bruno Armirail (FRA) à 17’51’’
64. Paul Seixas (FRA) à 17’49’’