« Il était 12 h 10. Un éclat blessa mortellement à la gorge Mme Henriette Deligny » : il y a 82 ans, les dernières heures de la libération de Bandol
Sauvés de l’oubli par l’historien local Jean-Marie Schneider, les journaux intimes de Jean Dutheil, Suzanne Guillocheau-Boyer et Roger Deligny continuent de livrer leur témoignage en direct, et font revivre les dernières heures de la Libération de Bandol, il y a 82 ans…
Sauvés de l’oubli par l’historien local Jean-Marie Schneider, les journaux intimes de Jean Dutheil, Suzanne Guillocheau-Boyer et Roger Deligny continuent de livrer leur témoignage en direct, et font revivre les dernières heures de la Libération de Bandol, il y a 82 ans…
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LR
la rédaction
Créé le 23 août 2026 • 07:15
Mis à jour le 23 août 2026 • 07:15
Photo coll. Jean-Marie Schneider
Libération de Bandol, ultimes soubresauts. Exhumés par l’historien local Jean-Marie Schneider, les journaux intimes de Jean Dutheil, Suzanne Guillocheau-Boyer et Roger Deligny (voir notre édition du 21 août), témoins bandolais, aux premières loges de l’époque troublée, ressuscitant la journée décisive du 23 août 1944 et celles d’après,racontent la paix retrouvée à Bandol, en écrivant leur dernier chapitre de la Libération de la ville. C’était il y a 82 ans. Vive Bandol libre !
Mercredi 23 août 1944 : « Prisonniers en pagaille »
Jean : « J’ai noté sur mon agenda à la date du 22 août. Reçu à dîner tout l’état-major du 7e Chasseur d’Afrique. Aujourd’hui le plus beau jour depuis 4 ans ! Mais… Il y a eu 10 blessés au PC du régiment. Demain tout doit être liquidé. Espérons-le ! La batterie de Pierredon doit se rendre… Le lieutenant Brunel est allé à Toulon où le lieutenant-colonel Bonjour a installé son PC. Prisonniers en pagaille ».
Suzanne : « Nuit plus calme. Le sommeil et la fatigue l’emportent sur le bruit du bombardement et l’assaut des moustiques. On s’y fait ! Je prends le temps de me réapproprier chez moi ; mais une nouvelle rafale d’obus, me fait regagner rapidement la tranchée. Dans la soirée nous apprenons avec satisfaction que le fameux canon qui nous veut du mal a été repéré, et que nous en serons rapidement débarrassés ».
Roger : « Quand le bombardement parut terminé, la famille sortit de son abri ; c’est à ce moment qu’un obus s’abattit dans le jardin. Il était 12 heures 10. Un éclat blessa mortellement à la gorge Madame Henriette Deligny. Elle fut l’unique victime civile des événements de la libération, à Bandol même. »
Jeudi 31 août 1944 : « Je m’arrête. Les gens heureux n’ont pas d’histoire »
Suzanne : « Matinée, tout ce qu’il y a de plus plate. Le grand souci est de trouver à manger. Aucun ravitaillement nulle part. Nous vivons sur nos maigres réserves et sortons de table avec grand désir de recommencer. Pas de pain comme promis. Mon journal perd de son attrait. Plus rien à signaler. Je m’arrête. Les gens heureux n’ont pas d’histoire… ».
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