« Il a été décisif » : Judicaël Candoriet fait des débuts remarqués avec Toulon
Auteur d’une prestation aboutie samedi soir dans la courte défaite toulonnaise à Jean-Dauger (27-26), Judicaël Cancoriet a marqué les esprits. Impressionnant par sa dimension physique en défense, il a déjà pris ses repères avec le Rugby club toulonnais.
Déjà adopté ! Au cœur du Pays basque, Judicaël Cancoriet disputait samedi soir son premier match officiel sous ses nouvelles couleurs. Lui, le gamin de Sarcelles, formé à Massy, façonné à Clermont avant de prendre son envol pour La Rochelle… et de finalement trouver, cet été à Toulon, son nouveau port d’attache.
Et, à peine arrivé, l’international (5 sélections avec les Bleus) a déjà prouvé l’étendue de ses qualités. Le 28 août lors de l’amical de présaison à Issoire, « Judi » avait impressionné par son activité, offensive comme défensive. Samedi soir à Jean-Dauger, pour ses grands débuts avec le RCT en Top 14, il a remis le couvert… jusqu’à reprendre un peu de rab.
Hyperactif lors du premier acte, le polyvalent deuxième ou troisième ligne s’est illustré. D’abord par un gros timbre qui mettait fin à une séquence de possession bayonnaise (6e), puis en faisant exploser le ballon à l’un de ses vis-à-vis au plaquage (13e), ou encore en mettant à la faute les Basques sur un contre-ruck intelligent, bien aidé par Esteban Abadie (33e).
« Il a été décisif, notamment sur les impacts défensifs, débriefait Franck Azéma, l’entraîneur du jeu d’attaque toulonnais. Il a beaucoup travaillé dans ce domaine. On a récupéré pas mal de ballons, surtout sur la première mi-temps, grâce à son activité. »
Si Franck Azéma a fait son retour cet été au RCT et que « Judi » arrive seulement au club, les deux hommes sont loin d’être des inconnus. Le premier cité lui a fait confiance, alors qu’il n’avait que 21 ans, à Clermont. Jusqu’à l’aligner au Stade de France… lors d’une finale victorieuse face au Toulon de Mathieu Bastareaud en 2017 (22-16).
Ce soir-là, Judicaël Cancoriet, auteur de 80 minutes de titan, avait explosé aux yeux du monde du rugby. « Je serai toujours reconnaissant de Franck [Azéma], nous confiait avant le stage de présaison le principal intéressé. Il m’a permis de goûter au haut niveau, au milieu d’une troisième ligne de dingue. On avait tellement de monde ! Et pourtant, il m’a fait confiance. »
Un repositionnement qui a du sens
Neuf ans plus tard, Judicaël Cancoriet prouve qu’il est encore (et plus que jamais) au niveau. Repositionné en fin de saison dernière en deuxième ligne par Ronan O’Gara à La Rochelle, le Sarcellois de désormais 30 ans fait preuve d’une sacrée activité à son nouveau poste.
Et, en l’absence du géant David Ribbans, presque né avec le n° 5 dans le dos, mais aussi de Matthias Halagahu, toujours blessé au niveau du pied droit, et pour pallier le départ du massif Brian Alainu’uese, « Judi » a démontré qu’il était une alternative plus que crédible au poste.
« Le mec comprend le rugby »
Sur ses 80 minutes à Jean-Dauger, il s’est jeté quinze fois dans le buffet d’un adversaire, pour une seule tentative manquée. S’il s’est illustré défensivement par son activité et son emprise physique sur les Bayonnais, il n’a, en revanche, que très peu eu l’occasion de porter la balle.
« J’aurais aimé le voir un peu plus avec le ballon pour s’exprimer offensivement, reprend Franck Azéma. Mais il a fait un match très sérieux. Grâce à son expérience, il parvient surtout à confirmer dans son nouveau rôle de seconde ligne. »
S’il est quelque peu rentré dans le rang en seconde période, sûrement émoussé physiquement (logique, pour un match de reprise), « Judi » semble avoir tous les atouts pour s’imposer au RCT.
« On a rapidement vu, à l’entraînement, que ça allait fonctionner, racontait, fin août à Briançon, l’un de ses nouveaux coéquipiers. Le mec comprend le rugby, prend la parole quand il le faut, se déplace bien, effectue les bonnes courses… La mayonnaise va vite prendre ». Et ça, c’est tout bon pour Toulon !