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IA : 75 000 CDI en moins par an pour les jeunes dans les métiers les plus exposés

Une étude de HEC et de la Banque de France révèle que depuis fin 2022, les embauches en CDI des 21-29 ans ont chuté de 28,3 % dans les métiers les plus exposés à l’IA générative, soit 75 000 contrats en moins par an.

Le marché du travail s’est figé pour les jeunes travailleurs depuis 2022 en France dans les métiers les plus exposés à l’IA générative, avec quelque 75 000 CDI signés en moins par an, met en lumière une étude de HEC et de la Banque de France.

Cette étude du Laboratoire de l’innovation et du futur du travail de HEC et de la Banque centrale française se fonde sur les mouvements de main-d’œuvre répertoriés par le ministère du travail. Ses auteurs ont classé les métiers en cinq catégories, de la plus exposée à l’IA générative (développeurs informatiques, traducteurs, journalistes, techniciens d’opérations bancaires…) à celle qui l’est le moins (aides-soignants, assistantes maternelles, ouvriers qualifiés d’entretien des bâtiments…).

Le résultat de l’étude est net : « dans les métiers exposés, les embauches de jeunes en CDI décrochent depuis fin 2022 », une date correspondant à l’arrivée en France de ChatGPT pour le grand public.

Le nombre d’embauches en CDI de 21-29 ans dans les métiers les plus exposés est ainsi en mars 2026 inférieur de 28,3 % à son niveau de novembre 2022, ce qui représente, rapporté sur un an, 75 000 CDI de moins pour cette tranche d’âge.

La baisse, qui n’est que de 7,5 % pour les métiers les moins exposés, atteint des records pour les développeurs informatiques, dont les embauches en CDI s’effondrent de 42 % sur cette période.

Un marché du travail complètement bloqué

La baisse ne reflète pas un report vers les CDD, car tous contrats confondus, les embauches des 21-29 ans reculent de 22,1 % pour les métiers les plus exposés. Sur la même période, les fins de contrat en CDI reculent également beaucoup plus fortement dans les métiers les plus exposés que dans les moins exposés à l’IA.

« Il y a moins de mouvements dans les deux sens, donc cela ne veut pas dire que l’IA détruit des emplois mais qu’on a un marché du travail qui s’est complètement bloqué pour les jeunes », décrypte l’un des auteurs, l’économiste Antonin Bergeaud.

« Une entreprise qui confie à l’IA une partie des tâches habituellement dévolues aux débutants n’a pas besoin de licencier, il lui suffit de moins recruter et de ne pas remplacer certains départs », explique-t-il. Il met en garde sur les conséquences d’ici une décennie de ce gel, alors que la baisse a atteint un plateau pour certains métiers et pourrait connaître ensuite un rebond.

« Si vous avez arrêté de recruter pendant plusieurs années, vous avez arrêté de former certaines compétences et vous allez avoir des jeunes qui vont aussi changer de filière, et donc il va y avoir une sorte de pénurie », avertit-il.