Hugo Clément, figure médiatique à la fois incontournable et dérangeante
L'encre de son diplôme de l'École supérieure de journalisme de Lille est à peine sèche qu'Hugo Clément apparaît déjà en duplex pour les journaux télévisés de France 2. Nous sommes en 2012 et personne ne le sait...
L'encre de son diplôme de l'École supérieure de journalisme de Lille est à peine sèche qu'Hugo Clément apparaît déjà en duplex pour les journaux télévisés de France 2. Nous sommes en 2012 et personne ne le sait alors mais ce jeune lauréat de la bourse Jean-d'Arcy va progressivement s'imposer dans le paysage médiatique. Interrogé quelques années plus tard dans Les Enfants de la Télé, il analysera ses débuts en qualifiant son ton de "très très chiant". Depuis, le ton a changé mais c'est surtout le personnage qui s'est métamorphosé.
Trois ans après ses débuts sur la chaîne publique, il accepte la proposition de Canal +, alors à la recherche d'un nouveau reporter de terrain pour incarner ses sujets politiques et bousculer les codes. C'est la grande époque du Petit Journal où il vit son baptême du feu : en immersion lors d'un meeting du Front national à Marseille, il essuie bousculades et tensions face caméra. Une entrée en matière musclée qui pose les bases de sa méthode — terrain, confrontation et micro tendu — et assoit rapidement sa notoriété auprès du grand public. Nouveau virage en 2017 quand, après avoir suivi Yann Barthès sur TMC avec Quotidien Clément écoute sa fibre écologique et se laisse séduire par Kombini qui lui propose d'explorer de nouveaux formats vidéo axés sur le numérique, l'environnement et l'impact sur les réseaux sociaux. Subtilement, il s'éloigne de l'infodivertissement pour le documentaire engagé. Un choix qui se concrétise par un retour sur France Télévisions en 2019.

L'écologie comme ligne de conduite
Entre d'autres projets – il est d'ailleurs depuis quelque temps chroniqueur dans Toute une époque – il lance un magazine d'un genre nouveau, Sur le front. Le programme revisite les codes du documentaire environnemental. Qu'il s'agisse du recyclage du plastique, de la gestion de l'eau, de l'élevage intensif ou de la fast fashion, l'émission s'attaque à des sujets qui nous touchent tous au quotidien.
Son objectif est simple : dépasser les grands discours pour montrer concrètement ce qu'il se passe sur le terrain. Construite comme un polar d'investigation, l'émission emmène le téléspectateur dans les coulisses de grands systèmes industriels dont on ne voit d'habitude que la surface. Le numéro consacré à la fast fashion illustre bien cette méthode : à travers le parcours d'un vêtement ou d'un colis, l'émission met en lumière la complexité de chaînes logistiques mondialisées et leurs conséquences environnementales. Un sujet potentiellement aride qui devient accessible grâce à une approche très visuelle et incarnée.
Une séquence qui dérange dans une vidéo d'Hugo Clément: le journaliste a-t-il dépassé les bornes ?La question de l'engagement
Hugo Clément est aussi un produit de son époque : il ne fait pas vivre ses enquêtes uniquement à la télévision, mais les prolonge sur les réseaux sociaux via de courtes capsules vidéo. Cette présence numérique stratégique lui permet de toucher un public plus jeune et de faire exister ses sujets bien au-delà des cases horaires dédiées. Une incarnation puissante qui suscite aussi des remarques négatives, certains reprochant au journaliste une mise en scène parfois jugée spectaculaire ou une frontière floue entre journalisme et militantisme.
Sur le front: Vêtements, le tour du monde en 4 jours
Lundi 28 France 5 21h05
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