thejournalofsierraleonestudies.com

Histoires de 1976. Il y a 50 ans à Strasbourg : sauvetage du patrimoine et dernières fêtes estivales

À la mi-août 1976, une certaine agitation gagne Strasbourg et ses environs. On profite de l’effervescence des dernières festivités estivales avant que l’activité économique ne reprenne de plus belle. La fin des vacances et des centres aérés laisse entrevoir, en filigrane, la rentrée.

À la mi-août 1976, une certaine agitation gagne Strasbourg et ses environs. On profite de l’effervescence des dernières festivités estivales avant que l’activité économique ne reprenne de plus belle. La fin des vacances et des centres aérés laisse entrevoir, en filigrane, la rentrée.

Manon Dellinger -

Aujourd’hui à 07:08

Le relais postal, situé sur la route de Strasbourg, s’est agrandi au fil des années, de sa construction après la guerre de Trente ans jusqu’à la fin de son utilisation par La Poste en 1876. L’ouverture de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Paris quelques années plus tôt a réduit l’importance des chevaux pour le transport. Aujourd'hui, il va être détruit. A Brumath le 23 août 1976. Photo archives Jean-Luc Ryckelynck
Le relais postal, situé sur la route de Strasbourg, s’est agrandi au fil des années, de sa construction après la guerre de Trente ans jusqu’à la fin de son utilisation par La Poste en 1876. L’ouverture de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Paris quelques années plus tôt a réduit l’importance des chevaux pour le transport. Aujourd'hui, il va être détruit. A Brumath le 23 août 1976. Photo archives Jean-Luc Ryckelynck

L’impossible sauvetage du patrimoine alsacien

L’ancien relais postal de Brumath est en cours de démolition. Ce vestige du XVIIIe siècle, situé à l’entrée de l’agglomération, route de Strasbourg, doit disparaître à la demande de son nouvel acquéreur, un promoteur immobilier strasbourgeois.

Pour autant, 60 à 70 % du relais pourra être démonté puis remonté ailleurs en Alsace. La façade de l’hôtellerie À la Fleur ira à Engwiller, la charpente de la grange à Haguenau, les communs des domestiques seront remontés à Durningen, la remise des voitures postales ira à Illhaeusern, tandis que les tuiles et les poutres des bâtiments rasés trouveront leur place dans d’autres maisons en cours de restauration. Le portail voûté de la cave a quant à lui été racheté par le musée postal de Riquewihr.

Constitué de plusieurs bâtiments, l’ensemble postal laissera derrière lui un terrain d’une trentaine d’ares, où s’élèvera un immeuble de grand standing. La rénovation des bâtiments aurait nécessité des travaux conséquents et donc une « dépense énorme ». « C’est bien le coût de la rénovation qui a condamné le relais postal de Brumath à la démolition. » Aucune association n’a pu se permettre un rachat, pas même la municipalité.

Chantiers associatifs : des jeunes au chevet de l’ancien

Au 16 de la rue de l’Abreuvoir, les compagnons bâtisseurs poursuivent leur mission de rénovation du quartier de la Krutenau. Le toit de l’immeuble est refait et la façade arrière décapée pour laisser apparaître de beaux colombages. La dizaine de jeunes d’origines diverses aime travailler en groupe pour mener à bien un projet, et surtout, passer des vacances enrichissantes.

Le groupe des « chantiers d’études médiévales » a, quant à lui, acheté deux maisons rue du Tonnelet-Rouge. Il y a entrepris des travaux, et une dizaine de stagiaires venus des quatre coins de la France ont passé le mois d’août dans la poussière et les gravats. Une fois les poutres mises à nu et les tapisseries débarrassées, « les deux maisons prennent un cachet extraordinaire ». Le groupe songe à y installer le siège de l’association, à animer le quartier et à recevoir des hôtes de passage.

Place de la République, les passants ont pu observer une grue monter à 40 mètres de hauteur des blocs de pierre pesant jusqu’à deux tonnes. Les travaux du palais du Rhin seront finalisés au printemps prochain. D’après le superviseur du chantier, la friabilité du grès jaune du Palatinat et le taux de pollution particulièrement élevé du secteur suffisent à expliquer la rénovation d’un bâtiment aussi « jeune » , bientôt centenaire.

Le pont Matthis, récemment inauguré, bénéficie de soins tout particuliers. Le service de la voirie enduit le sol d’un revêtement antidérapant à haute performance, une première à Strasbourg. C’est en cas de pluie qu’il permet une meilleure adhérence. Le reste du temps, la voie « a exactement la même qualité qu’une chaussée ordinaire » , nous rapporte l’ingénieur chargé des travaux.

L’été en plein air

Le centre aéré de l’Association générale des familles (AGF) de Breuschwickersheim accueille chaque jour 70 enfants environ. Tous âgés de moins de dix ans, ils bricolent et fabriquent des décors en carton, des marionnettes et autres objets, ou se dépensent physiquement en jouant au football, en grimpant à la corde, avant de se retrouver pour chanter.

L’école de plein air de la Faisanderie s’est elle aussi transformée en centre aéré cet été. À l’ombre des grands arbres, les enfants peignent des moulages de plâtre ou travaillent la terre glaise. Ils ont pu expérimenter la confection de sacs de corde et les ateliers de reproduction de tableaux sur bois. Pour découvrir la nature, les enfants ont pris part à des camps, des soirées au feu de bois, des relevés d’empreintes, des photos et des études sur le vif.

Munies d’un magnétophone, deux jeunes filles jouent au reporter à l’Orangerie. Elles sondent les visiteurs sur l’état du zoo. Il n’est pas évident d’obtenir des réponses, mais le public salue la pédagogie du lieu tandis que certains regrettent le manque d’espace et de verdure pour certaines espèces.

Les campagnes en fête

Le Kochersbejer Büremassti de Truchtersheim n’a cessé de gagner en ampleur, au fil de ses douze années d’existence. Il s’agit désormais d’une fête rassemblant les Bas-Rhinois du Kochersberg, de Saverne, de Brumath et de Strasbourg. Le défilé est des plus réussis : sept chars paradent sur le thème des chansons et comptines populaires. « La musique municipale de Truchtersheim ponctuait de ses accents les danses interprétées tout au long du parcours par le groupe folklorique local. » L’Harmonie de Quatzenheim et les sapeurs-pompiers de Truchtersheim sont également de la partie. Ces derniers comptent désormais de nouvelles recrues : les jeunes femmes et jeunes filles, premiers « sapeurs féminins » du Bas-Rhin. Devant la salle polyvalente, des manèges et stands de jeux sont installés, tandis qu’à l’intérieur, on danse jusqu’à en perdre haleine.

Pas de morosité malgré la sécheresse

Le messti se poursuit le lendemain par une exposition de tracteurs plus ou moins anciens. On y trouve également des engins agricoles comme le porte-cueilleur. La manifestation apporte de la gaieté aux enfants admiratifs. Cela fait déjà longtemps que les moteurs de 20 et 30 chevaux sont remplacés par des 75 et 100 CV. En marge de l’exposition, le concours de labours.

À Eckwersheim se tient la grande fête annuelle des poneys. Au programme, une dizaine de courses pour poneys de petite et grande taille sur le terrain hippique rural mis à disposition par la commune. L’événement organisé par l’Union bas-rhinoise des amateurs et éleveurs de poneys rassemble des familles, mais surtout la jeunesse, au vu de l’âge des participants et des spectateurs. Les épreuves sont variées et offrent au public un joyeux spectacle, entre courses, sauts de haies et démonstration d’attelages. Les cinq superbes calèches apportent une note folklorique à la manifestation.

Tout le monde s’est donné rendez-vous au nouveau hall de Geispolsheim-Gare pour la troisième édition de la fête du coquelet. Les billets s’étant arrachés une semaine à l’avance, les quelque 750 chanceux ayant obtenu une place profitent de l’ambiance folklorique. En cuisine, on fait rôtir 800 coquelets et la volaille est présentée sous toutes ses formes. Plusieurs groupes se succèdent pour assurer l’animation de cette fête gastronomique, qui s’achève par un bal.

Pour le dernier week-end d’août, les « braves gens » profitent et flânent à la foire aux oignons de Wasselonne. La rue du Général-de-Gaulle devient piétonne pour l’occasion : on attend trois kilomètres de stands. Le grand marché bat son plein et les maraîchers des alentours s’y retrouvent. C’est tout d’abord la soirée autrichienne qui connaît un grand succès, au point que la salle dédiée est trop petite. Le lendemain, après la messe, les rues s’animent et la foule se concentre autour des baraques foraines et des manèges. Après la pause méridienne, le cortège se forme : cavaliers, pompiers, groupes folkloriques en tenue traditionnelle, majorettes, accordéonistes et musiciens mettent l’ambiance. « Les manèges tournent, le bal prend le relais à la tombée de la nuit. » Le lendemain, c’est le traditionnel marché aux oignons et aux aulx qui attire, doublé de la présence de marchands ambulants en tout genre.

La fin des vacances se profile

L’installation des halles et des stands se poursuit au Wacken.

Le jeudi 2 septembre, la Foire européenne donnera le coup d’envoi de sa 50 e édition. Elle marque la rentrée économique et donne un échantillonnage complet de l’activité alsacienne. De nombreuses innovations de forme et de fond attendent les visiteurs.

Sources DNA d’août 1976

Plus d’illustrations sur dna.fr

Articles les plus lusSociété