Histoire, formation, acteurs majeurs… L’Olympic Nice Natation, ce pilier du water-polo français à l’ambition retrouvée
S’il est tout aussi performant sur ses autres disciplines, l’Olympic Nice Natation, par son histoire, reste un pilier du water-polo français. Avec deux membres historiques du club à la tête des équipes élites, l’ONN entend bien, dans un avenir proche, se remettre dans le cercle fermé du haut de tabl
Il y a peu de telles références lorsque l’on parle de water-polo à l’échelle nationale. L’Olympic Nice Natation, fondé en 1989 par Jean Monnot, sous l’héritage, peut-on le souligner du Cercle des Nageurs de Nice créé par Paul Vasseur en 1912 - avant une parenthèse de quelques années de sa section water-polo sous l’identité du CACEL Nice - cultive sa force par son aspect familial, où des piliers de la discipline ont apporté leur pierre et contribué aux époques dorées que l’on se remémore aujourd’hui.
Richard Papazian, pour en citer un premier, a pris le club en main en 1996. L’année d’après, « on a démarré très fort, à la surprise générale, avec un titre de champion de France de water-polo ravi aux Marseillais » se remémore le dirigeant de 81 ans.
Au souvenir, aussi, de l’impulsion portée par le légendaire entraîneur de l’ONN, l’Italien Paolo Malara. Sous ses ordres, l’équipe bâtira une véritable hégémonie en glanant pas moins de huit championnats de France consécutifs (1997 à 2004).
Au début des années 2000, la section féminine de water-polo a pris vie avant de connaître, elle aussi, son temps de gloire entre 2007 et 2021, avec un total de 9 titres remportés sur la période.
Attaché aux valeurs familiales et à la formation
Seulement voilà. Vivement attaché à l’esprit famille et formateur, l’Olympic Nice Natation a vu la concurrence mettre des moyens colossaux pour s’adjuger un championnat qui a évolué de façon déséquilibrée.
« Sur nos moments de gloire, on a été champions car on savait mieux faire que les autres, avec des moyens qui n’étaient pas énormes, argue Richard Papazian, toujours présent au club 30 ans après. L’argent a montré qu’il fait la différence quelques fois, avec la preuve que Marseille est revenu sur le devant de la scène. La différence, c’est que nous, on met le quart que ce que d’autres clubs mettent dans le water-polo. Entre le water-polo niçois et marseillais, il y a une galaxie en termes de moyens, financiers comme structurels ».
Par un riche travail et une connaissance méticuleuse du terrain, l’ONN peut compter, encore aujourd’hui, sur les bienfaits d’une formation qui fait rayonner la structure chez les cadets comme les juniors. Tout ne naît pas par hasard, mais plutôt d’une initiative.
Comme l’établissement Don Bosco, « que nous avons initié il y a 30 ans » ajoute l’ancien directeur du club.
Erick Lefert, présent au club depuis 2011, ajoute : « Par des aménagements scolaires organisés avec l’établissement, les élèves disposent de quelques après-midi de libre et peuvent donc lier sport de haut niveau et apprentissage scolaire. Il y a Frédéric Cauduis, qui fait partie de ces hommes de l’établissement en suivi régulier des élèves, en contact permanent avec les entraîneurs pour s’adapter… ».
Au-delà des podiums conquis, les jeunes pousses azuréennes continuent, année après année de faire la fierté de la formation. La saison passée, les U16 féminines, promies pour certaines à rejoindre l’élite à l’avenir, ont été sacrées championnes de France en battant Saint-Jean-d’Angély.
S’installer dans le haut de tableau
Avec ses 20 ans d’expérience dans la casquette de coach-formateur, Elie Carreau, entraîneur de la section féminine, cultive toujours cette flamme incommensurable. « Comme les équipes changent au gré des générations, on est à chaque fois dans quelque chose de nouveau. Chaque saison, je la vis comme si c’était la première ».
Pour celle à venir, l’entraîneur niçois garde l’objectif d’atteindre les play-off, alors que le championnat a été marqué, cette saison, par l’arrivée des féminines de Marseille. « Cela rajoute un concurrent en plus pour le podium. Les play-off, c’est l’objectif. Tout ce qui sera au-dessus sera considéré comme une belle performance. D’autant que j’aime l’état d’esprit affiché par le groupe depuis le début de saison. L’équipe me plaît beaucoup ».
ONN
Chez les hommes, le projet porté par Jovan Cakic, arrivé en 2016 à l’Olympic Nice Natation en tant que joueur, porte petit à petit ses fruits. Lors de son arrivée à la tête de l’élite en 2023, l’équipe a enchaîné deux saisons en bas du tableau, avec un objectif de restructuration, avant d’atteindre les demi-finales du championnat la saison passée, freiné par Marseille.
Durant l’intersaison, le coach serbe a vivement échangé avec ses dirigeants pour cibler « les éléments qui nous manquent dans l’équipe ». Parmi les nouvelles têtes, le croate Davic Mijic a rapidement pris ses marques, en inscrivant pas moins de 7 buts sur les deux premiers rendez-vous, contribuant à la victoire de prestige face à Strasbourg, vice-champion de France depuis cinq saisons et donc, un gros morceau, que les joueurs de Jovan Cakic ont su gérer dans la chaude ambiance de Jean-Bouin (15-11), le 3 octobre.
« Voila deux ans qu’on est en contact avec Mijic. On a cherché le meilleur moment pour permettre son arrivée à Nice. Mon idée première était d’avoir un gaucher dans l’équipe. David je le connais, sa carrière, sa manière de travailler, son expérience… Il a joué en Croatie, en Hongrie, c’est quelqu’un qui a joué dans les meilleurs championnats donc cela ne peut que nous être bénéfique ».
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Pour les années à venir, bien qu’il soit difficile, voire impensable, de jouer dans le même tableau que le Cercle des Nageurs Marseillais, l’entraîneur entend bien intégrer son équipe dans le petit cercle fermé du haut de panier à part composé justement de Strasbourg ou encore Pays d’Aix. « C’est clairement notre objectif. Maintenant, on a mis les choses en place, à présent il faut guider l’équipe, tout ne va être dépendant que du travail fourni ». Cette équipe masculine a déjà prouvé qu’elle pouvait faire tomber un cador du championnat, mais une saison est longue, et les rangs se resserreront davantage à l’approche des play-off…
Jovan Cakic, entraîneur des seniors masculins : « J’aime les challenges et les responsabilités »
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Le Serbe de 40 ans, coach de l’équipe masculine seniors est au club depuis 2016, année où il est arrivé en tant que joueur. Peu à peu, il a pris la casquette de coach, d’abord avec les U15 jusqu’à la prise en charge du groupe fanion en 2023.
Jovan, peut-on rétropédaler de quelques années en arrière, lorsque vous arrivez à Nice en tant que joueur…
Quand j’y pense, ça fait dix ans déjà… D’abord, mon idée d’arriver à Nice s’enregistre comme un certain challenge dans ma carrière de joueur. Le but était de participer à des compétitions prestigieuses telles que la Ligue des champions. Toute ma carrière, j’ai joué cette Ligue des champions, qui a toujours constitué un objectif. Arriver à Nice, dans un club avec une telle histoire, a été un motif supplémentaire, c’est sûr, dans un championnat qui commence à se développer tout comme l’organisation…
Vous vous dites au départ que vous pouvez devenir entraîneur après votre carrière ?
L’idée d’entraîner émerge entre 2010 et 2012, où j’ai commencé à me demander : « Si j’arrête de jouer, demain je fais quoi ? » Après consultation avec mes entraîneurs de l’époque, et mon idée du water-polo, c’est une décision que j’ai pris bien en amont. Quand j’arrive à Nice (en tant que joueur), j’ai déjà plus de 30 ans et après 5-6 ans, je commence alors ma carrière d’entraîneur, avec notamment à ma charge les U15. Cela fut une route tout à fait naturelle, jusqu’à l’arrivée dans le groupe élite.
Lors de votre arrivée dans le groupe élite, vous avez dû composer avec un club qui vit avec des moyens financiers limités et qui compte beaucoup sur la formation. Comment avez-vous vécu ce challenge ?
Avant de reprendre l’équipe, j’ai été dans l’analyse de chaque joueur, de notre groupe, notre idée… Avec une équipe qui n’a pas beaucoup de budget, il faut absolument progresser à tous les niveaux. Au niveau de la formation, du travail, physiquement, tactiquement… Cela a été un challenge aussi car, en tant que jeune entraîneur, j’avais besoin d’expérience. De devoir travailler en reprenant de la base a été bénéfique pour moi. J’aime les challenges et les responsabilités.
Quelle philosophie tentez-vous d’imprégner à cette équipe ?
J’arrive de Serbie, dans un système très clair pour moi, où toutes les choses commencent par un travail dur, axé sur la défense. Mon idée du water-polo est que mes joueurs comprennent ce que ce sport signifie. Avec de l’intensité au quotidien. L’objectif d’aujourd’hui, comme celui de demain, est de gagner quelque chose. Mais il faut du temps, beaucoup de travail. C’est l’idée pour le futur.
Quel est votre regard sur ce début de championnat (2 succès en 2 journées) ? Vous sortez d’une belle victoire contre Strasbourg, le vice-champion de France...
Comme je dis, c’est un marathon, pas un sprint. Ce n’est que le début. On a déjà mis cette belle victoire contre Strasbourg derrière nous, on a commencé la préparation pour les matchs suivants. C’est un bon début, évidemment, mais on veut beaucoup plus que ça, on a compris que le championnat allait être difficile cette année. Il faut que l’on continue de travailler, progresser, jouer match par match et voir ce qu’il se passe. Il y a beaucoup d’étapes devant nous.