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Thoune : guide de montagne condamné après la mort de deux étudiantes dans une avalanche

Publié14. août 2026, 20:25Thoune (BE)Guide condamné après la mort de deux jeunes dans une avalancheLe procès de deux guides s'est tenu cette semaine. Le principal accusé a été condamné pour avoir mal évalué les...

Publié14. août 2026, 20:25

Thoune (BE)Guide condamné après la mort de deux jeunes dans une avalanche

Le procès de deux guides s'est tenu cette semaine. Le principal accusé a été condamné pour avoir mal évalué les risques lors d'une sortie en montagne avec des jeunes.

Zoé Stoller

Huit étudiants participaient à une excursion à ski encadrée par un guide de montagne et un guide touristique.

Huit étudiants participaient à une excursion à ski encadrée par un guide de montagne et un guide touristique.DR

Un guide de montagne de 55 ans a été reconnu vendredi coupable d’homicide involontaire par négligence après l’avalanche qui avait coûté la vie à deux étudiantes de 18 ans lors d’une randonnée à ski, le 21 mars 2023. Le second prévenu, un accompagnateur Jeunesse et Sport (J&S) de 63 ans, a en revanche été acquitté par le Tribunal régional de l’Oberland à Thoune. Les deux hommes y étaient jugés depuis mercredi.

Emportées sur 1500 mètres

Le drame s’était produit lors de la seconde descente d’une excursion réunissant huit étudiants. Emily, qui n’avait pas participé à la première descente, avait rejoint le groupe pour la seconde. Elle et une autre jeune femme avaient été emportées par une avalanche qui s'était écoulée sur environ 1500 mètres.

Le danger d’avalanche était alors de niveau 2+ et le bulletin signalait un problème de neige ancienne sur les pentes abruptes. Contrairement au premier itinéraire, dont l’inclinaison restait inférieure à 35 degrés, le second traversait des zones exposées dépassant par endroits les 40 degrés.

Mauvais choix pour la deuxième descente

Interrogé par la Cour, un expert de l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches avait qualifié le premier itinéraire d’«exemplaire», mais avait fortement critiqué le choix de la seconde descente. À cet endroit, même une petite avalanche pouvait avoir des conséquences fatales, estimait le spécialiste. Des mesures supplémentaires auraient dû être prises, notamment faire descendre les participants un par un.

De son côté, le guide de montagne a affirmé s’être correctement préparé et avoir estimé que les conditions étaient bonnes. Sa défense réclamait son acquittement, considérant qu’il avait respecté son devoir de prudence. Le tribunal a toutefois estimé qu’en tant que professionnel, il devait être capable d’évaluer les conditions et d’assurer la sécurité du groupe. Avec une pente d’environ 40 degrés, le niveau de danger annoncé et l’état du manteau neigeux, il avait pris un risque excessif. Une meilleure planification aurait dû le conduire à choisir un itinéraire plus prudent.

«Emily était ma seule enfant. Elle était toute ma vie. Je suis dévastée, perdue, anéantie, confuse, vide»

La maman de la victime américaine

Le procès a aussi été marqué par les témoignages bouleversants des parents d’Emily, venus des États-Unis. Sa mère a décrit sa fille unique comme «toute sa vie», tandis que son père a expliqué chercher avant tout à comprendre si le drame aurait pu être évité. Avant la fin du procès, le guide de montagne leur avait exprimé ses profonds regrets.

Condamné avec sursis

Ce dernier a néanmoins écopé de 150 jours-amende avec sursis. Il devra également participer aux frais de justice et verser différentes indemnités aux plaignants et aux parents des victimes. Le juge a souligné que le professionnel de la montagne avait commis une erreur et non un acte délibéré. Le magistrat a également rappelé que le prévenu, sans antécédents judiciaires, avait pleinement coopéré à la procédure.

«Je ne suis pas en colère contre lui ni contre le guide. Je suis en colère contre Dieu»

La maman d'Emily, au terme du procès

L’accompagnateur J&S a pour sa part été acquitté. Le tribunal a considéré que sa formation et son rôle ne permettaient pas de lui attribuer la même responsabilité. Il n’était pas un expert et aucune responsabilité particulière en matière de sécurité ne lui avait été confiée lors de l’excursion. Il ne pouvait donc pas être reconnu coupable de négligence.

(frs)

Zoé Stoller

Zoé Stoller a travaillé chez 20 Minuten dès 2021.

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