Guerre en Iran : le conflit perturbe le marché des engrais… mais pourrait bientôt se répercuter jusque dans votre assiette
La guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des conséquences jusque dans les rayons de nos supermarchés. En perturbant le transport des engrais et en faisant grimper les coûts de production agricole, le conflit pourrait entraîner une hausse des prix alimentaires en 2027, y compris en Belgique.
Publié le 21 octobre à 07h45
Ajoutez-nous à vos favoris Google La guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des conséquences jusque dans les rayons de nos supermarchés. En perturbant le transport des engrais et en faisant grimper les coûts de production agricole, le conflit pourrait entraîner une hausse des prix alimentaires en 2027, y compris en Belgique.On savait déjà que la guerre en Iran pouvait faire grimper le prix de l’essence. Mais elle pourrait aussi finir par nous coûter plus cher au supermarché. Le pain, les pâtes, la viande… Une nouvelle étude alerte sur un risque de hausse des prix alimentaires en 2027.
Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans le détroit d’Ormuz, au large de l’Iran. On parle beaucoup du pétrole qui passe par là. Mais ce qu’on sait moins, c’est que ce détroit est aussi essentiel pour le transport des engrais.
Près de 30 % du commerce mondial d’urée, l’un des engrais les plus utilisés en agriculture, passe normalement par ce détroit. Avec la guerre, ces livraisons sont perturbées. Résultat : les engrais deviennent plus difficiles à trouver et plus chers.
Pourquoi les engrais peuvent-ils faire grimper le prix du pain ?
Pour faire pousser du blé, les agriculteurs utilisent des engrais. S’ils coûtent plus cher, produire du blé coûte aussi plus cher. Et ce n’est pas tout. Le prix du diesel a lui aussi augmenté. Les tracteurs, les moissonneuses, les camions… Tout cela coûte davantage aux agriculteurs.
Certains risquent donc d’utiliser moins d’engrais, avec à la clé des récoltes potentiellement moins importantes.
Mais le plus inquiétant, c’est que les conséquences pourraient se faire sentir avec plusieurs mois de retard. Les agriculteurs achètent aujourd’hui leurs engrais pour préparer les récoltes de demain. C’est donc surtout en 2027 qu’on pourrait ressentir les effets de cette crise. Et puis, il y a un autre problème : le climat. Le phénomène El Niño pourrait provoquer des sécheresses dans plusieurs grandes régions agricoles.
Moins de récoltes, des coûts de production plus élevés… Tout cela risque de faire grimper les prix sur les marchés mondiaux.
La Belgique est-elle à l’abri d’une hausse des prix ?
Les Belges sont quand même mieux protégés que les habitants de beaucoup d’autres pays. L’Europe produit une grande partie de ce qu’elle mange, notamment ses céréales, sa viande et ses produits laitiers.
Et surtout, elle dépend assez peu du Moyen-Orient pour ses importations directes d’engrais. Le problème, comme pour le pétrole, c’est que les prix se fixent sur les marchés mondiaux. L’Union européenne a d’ailleurs débloqué 540 millions d’euros pour aider les agriculteurs européens à faire face à cette hausse des coûts.
Il n’y a donc pas de risque immédiat de voir les rayons de nos supermarchés se vider. Mais une nouvelle augmentation des prix alimentaires reste possible, notamment en 2027. Cette crise montre surtout une chose : une guerre au Moyen-Orient peut avoir des conséquences jusque dans notre assiette, parfois des mois après les premiers bombardements.
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