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Guerre des machines à sous : Laurent Laty arrêté et déféré pour purger sa peine de prison, fin d’un long feuilleton judiciaire

Laurent Laty-Reboul, une figure gardoise des prétoires et du banditisme a été arrêté et déféré ce vendredi. Il devait purger une peine criminelle dans une ancienne affaire liée à un double meurtre commis à Pujaut en juin 2001.

Laurent Laty-Reboul, une figure gardoise des prétoires et du banditisme a été arrêté et déféré ce vendredi. Il devait purger une peine criminelle dans une ancienne affaire liée à un double meurtre commis à Pujaut en juin 2001.

Épilogue judiciaire pour Laurent Laty-Reboul, une figure gardoise des prétoires et d’une certaine forme de banditisme, condamné pour avoir trempé dans des machines à sous illégales mais surtout pour son implication dans la guerre des machines à sous qui avait provoqué de nombreux règlements de compte dans le Gard entre 1999 et 2001. L’arrestation de Laurent Laty a été confirmée de source judiciaire ce vendredi 25 septembre.

Le Conseil constitutionnel abroge l’arrêt de caducité

L’affaire qui lui a valu son interpellation dans le Gard concerne son rôle dans l’affaire du double meurtre des frères Munoz commis à Pujaut en juin 2001 dans la période la plus féroce des règlements de comptes liés aux machines à sous où les barons du banditisme se livraient un combat terrible pour s’approprier les secteurs et les emplacements des machines comme aujourd’hui les trafiquants se disputent les points de deal. Sauf qu’à l’époque, les meurtres étaient strictement ciblés. Laurent Laty avait été condamné en 2011 pour complicité de meurtre et avait écopé de 20 ans de réclusion après trois procès d’assises dont un appel à Avignon où il avait quitté l’audience avant le délibéré. Un arrêt de caducité de l’appel avait été rendu, le président des assises avait estimé que l’appel était nul. Ce qui avait d’ailleurs généré l’abrogation d’une loi concernant la caducité d’un appel quand un accusé quitte les débats avant la fin. Laurent Laty Rouvière et ses avocats (Mes Felix Allary et Jean-Charles Teissèdre) avaient saisi le Conseil constitutionnel qui avait déclaré ce texte inconstitutionnel et disait en gros qu’un accusé avait droit à un procès en appel même s’il prend la fuite.

Après un passage par la Cour de Cassation, un troisième procès s’était tenu devant les assises de l’Ardèche qui ont sanctionné Laurent Laty-Reboul d’une peine de 15 ans pour son rôle dans le double meurtre et il avait été condamné pour complicité en mars 2017 à Privas. Mais dans la foulée de sa condamnation, il avait lancé plusieurs requêtes et des procédures pour faire valoir son innocence dans le double meurtre des frères Munoz dont les corps avaient été carbonisés après avoir été exécutés.

Pilote d’avion, gérant de discothèque, études supérieures

Ainsi, cette arrestation ne signifie peut-être pas la fin du processus judiciaire mais elle marque sans doute les dernières pages de l’affaire.

Laurent Laty est décrit comme un homme redoutablement intelligent et poli et se situe à un haut niveau de jeu dans le banditisme gardois. Il est né le 4 octobre 1968 à Nîmes, il a été à l’école de la Placette, au collège Jean-Rostand, au lycée Dhuoda puis à Saint-Stanislas où il obtenait son bac en 1987. Il a ensuite fait des études supérieures interrompues. Car il a tenu à faire son service militaire comme second classe au 6e régiment de parachutiste d’infanterie de Marine. Fait rare, il a ensuite obtenu un brevet de pilote après des études aux États-Unis (quatre ans à Houston) mais aussi au Canada. En 1994, il aurait obtenu ses brevets de pilotes avion et hélicoptère.

Milieu des poubelles puis les machines à sous, "Vous avez affaire à la pègre nîmoise", avait lancé l’ancien vice-procureur

En revenant à Nîmes, il a travaillé aux côtés de Richard Perez dans le milieu des poubelles mais aussi dans le milieu de la nuit en rachetant la discothèque de la route de Sauve, le Marinella devenu ensuite le Joy. Il a été ensuite été condamné en correctionnelle pour sa participation à un trafic de machines à sous avec un procès devant le tribunal correctionnel en décembre 2005 ou l’ancien vice-procureur Michel Belin avait dit au tribunal que les juges avaient devant eux "la pègre nîmoise".

"Cado cache-cache 1, cado cache-cache 2"

Un délibéré, tombé en janvier 2006, avait condamné tous les prévenus dont Laurent Laty-Reboul à des peines de prison et des amendes. La cour d’appel avait l’année suivante confirmé les condamnations. La dernière condamnation concerne donc l’affaire du double meurtre des frères Munoz où pour la première fois les techniques de bornages des téléphones avaient contribué à étayer les charges contre Laurent Laty et Vincent R. Durant le procès, on avait appris que des lignes de mobiles avaient été ouvertes avec pour nom "cado cache-cache 1, cado cache-cache 2" et que ces lignes de portables attribués aux deux accusé avaien repéré sur les lieux se rendant à Pujaut. Les accusés ont toujours nié les faits, d’abord leur présence sur les lieux puis avoir trempé dans le double meurtre. Un recours en révision avait été introduit cassation mais il avait été rejeté.

Me Jean-Charles Teissèdre : "Il s’agit de l’exécution d’une peine"

Ainsi, c’est une figure nîmoise qui va purger une peine de prison d’une certaine importance. Son avocat, Me Jean-Charles Teissèdre, réagissait à l’incarcération confirmée de source judiciaire. "Il s’agit de l’exécution d’une peine prononcée en 2017 par la cour d’assises de Privas, une peine définitive depuis 2019, après le rejet du pourvoi en Cassation formé à l’époque par Laurent Laty qui a toujours clamé son innocence. Depuis, il vivait normalement. Je rappelle que l’enquête avait été menée par les mêmes enquêteurs que ceux qui sont intervenus dans l’affaire Alessandri".