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Guerre au Moyen-Orient. Téhéran menace d’une « offensive totale », septième nuit de frappes américaines

Les frappes américaines s'étendent au centre de l'Iran. Cinq explosions ont été entendues samedi matin dans la ville de Yazd, a rapporté l'agence officielle Irna, tandis que l'agence Mehr faisait état de détona...

Les frappes américaines s'étendent au centre de l'Iran. Cinq explosions ont été entendues samedi matin dans la ville de Yazd, a rapporté l'agence officielle Irna, tandis que l'agence Mehr faisait état de détonations dans plusieurs provinces du sud. L'armée américaine avait annoncé la veille une nouvelle série de bombardements, visant « à continuer d'affaiblir les capacités militaires iraniennes » sur ordre de Donald Trump.

Ces frappes marquent une intensification du conflit. Les autorités iraniennes font état de dégâts sur le réseau électrique dans le sud, de bombardements sur des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare. Selon Irna, huit personnes ont été tuées et vingt blessées dans les attaques de la nuit précédente, six ponts ayant été visés dans la seule province d'Hormozgan, qui borde le détroit d'Ormuz. Washington, qui affirme cibler « des dizaines de cibles militaires iraniennes », n'a pas confirmé ces informations. Le président américain avait menacé cette semaine de frapper les ponts et les centrales électriques du pays si ses dirigeants ne revenaient pas à la table des négociations.

Le ministère iranien de l'Énergie a appelé la population à éteindre les climatiseurs aux heures de pointe, le réseau étant soumis à de fortes tensions dans des provinces du sud confrontées à une chaleur extrême.

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Téhéran promet de ne plus se contenter de riposter

L'Iran menace désormais de changer d'échelle. Le pays entrera dans « une phase d'offensive totale » si les frappes se poursuivent au-delà de « deux-trois jours », a averti Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême, cité par la télévision d'État. « L'Iran ne se contentera plus de riposter, et aucune frontière ne sera à l'abri », a-t-il déclaré. Les Gardiens de la Révolution ont prévenu que leurs attaques « se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz », selon Majid Mousavi, commandant de leur Force aérospatiale.

« Le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l'escalade leur échappe de plus en plus », analyse David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès, qui redoute « une confrontation régionale plus large ».

Un conflit qui déborde chez les voisins

Les alliés de Washington encaissent les représailles. Le Koweït, la Jordanie, Bahreïn et le Qatar ont annoncé avoir fait face vendredi à l'aube à des attaques aériennes. Au Koweït, une centrale électrique et de dessalement d'eau a été touchée, poussant l'émirat à demander à ses usagers de « rationaliser leur consommation d'électricité durant cette phase exceptionnelle », alors que les températures atteignent 48 °C. L'armée koweïtienne a également signalé des blessés parmi ses membres.

Au Qatar, pourtant médiateur du conflit, les Gardiens de la Révolution affirment avoir ciblé la base américaine d'Al-Udeid et y avoir détruit des radars et des avions militaires, pour « punir l'agresseur ». « J'étais dans mon lit, prêt à dormir, et j'ai entendu l'alerte », raconte Abu Baker, employé gouvernemental soudanais de 27 ans installé dans l'émirat. « J'espérais que ce serait au-dessus de la mer, mais ça a explosé et ma maison a tremblé. »

L'Irak est aussi touché. Le Premier ministre du Kurdistan irakien, Masrour Barzani, a dénoncé des « attaques injustifiées » contre cette région autonome, après l'interception de drones au-dessus d'Erbil, deuxième incident du genre cette semaine. Neuf rebelles kurdes iraniens du parti Komala en exil ont par ailleurs été tués et deux blessés dans des frappes de drones et de roquettes près de Souleimaniyeh, attribuées par leur groupe à Téhéran. En Syrie, une source militaire a démenti auprès de l'AFP une attaque iranienne contre la base d'Al-Tanf, revendiquée par la télévision d'État iranienne.

Pressions internationales et pétrole en hausse

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit « profondément préoccupé par l'escalade militaire continue » et a jugé « inacceptables » les attaques contre les infrastructures civiles en Iran et dans la région. Les chefs de la diplomatie chinoise et pakistanaise ont appelé les belligérants à reprendre les négociations prévues par le protocole d'accord signé mi-juin, désormais volé en éclats. Islamabad réclame un « retour à la normale dans le détroit d'Ormuz », de nouveau verrouillé par l'Iran depuis le week-end dernier, où le trafic s'est raréfié et où les États-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran, et sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril. Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Les cours du pétrole sont repartis à la hausse vendredi, le baril de Brent grimpant de 4,60 % à 88,10 dollars, encore loin des 126 dollars atteints au début de la guerre. « Aucun signe fort n'indique que la correction haussière des prix soit terminée », souligne David Morrison, de Trade Nation.