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Guerre au Moyen-Orient : les Etats-Unis ont-ils épuisé leurs stocks de missiles ?

Plusieurs médias américains affirment que les Etats-Unis sont à court de missiles défensifs et offensifs en raison de la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump nie toute pénurie. Il a assuré jeudi que l'armée américaine disposait de quantités énormes de munitions.

Plusieurs médias américains affirment que les Etats-Unis sont à court de missiles défensifs et offensifs en raison de la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump nie toute pénurie. Il a assuré jeudi que l'armée américaine disposait de quantités énormes de munitions.

France Télévisions

Publié le 08/08/2026 06:53

Temps de lecture : 4min

Le président des Etats-Unis Donald Trump et le ministre de la Défense américain Pete Hegseth à Camp David (Maryland, Etats-Unis), le 31 juillet 2026. (AARON SCHWARTZ / AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump et le ministre de la Défense américain Pete Hegseth à Camp David (Maryland, Etats-Unis), le 31 juillet 2026. (AARON SCHWARTZ / AFP)

L'armée américaine à court de munitions ? Les Etats-Unis font face à une pénurie de missiles guidés à longue portée et d'intercepteurs de défense anti-aérienne en raison de la guerre au Moyen-Orient, ont affirmé mardi 4 août CNN et Reuters. Selon le Washington Post, ce manque de munitions expliquerait en partie l'annulation, samedi 1er août, des frappes massives contre l'Iran annoncée la veille par Donald Trump.

Toujours d'après des sources anonymes au Washington Post, le président américain aurait laissé "éclater sa frustration" vendredi 31 juillet au sujet des pénuries. Il aurait par ailleurs "exigé des explications" de son ministre de la Défense Pete Hegseth "sur les raisons pour lesquelles il avait apparemment été induit en erreur".

Ces allégations, émanant de sources anonymes, ont été niées par Donald Trump jeudi 6 août. "Les Etats-Unis disposent de quantités énormes de munitions (...). De plus, d'importantes quantités sont fabriquées et acheminées aux Etats-Unis en fonction des besoins", a martelé le président américain sur son réseau Truth Social.

Des sources proches du dossier ont pourtant révélé à Reuters que "les Etats-Unis auraient utilisé 'pratiquement tous' leurs missiles de précision à longue portée pendant la guerre contre l'Iran". Une information également relayée par le Washington Post. D'après le quotidien, l'armée américaine a utilisé plus de "1 300 missiles balistiques tactiques au cours des premières semaines de combats" contre l'Iran.

Les stocks américains de missiles de croisière Tomahawk seraient aussi considérablement réduits. Depuis le début de la guerre fin février, "les Etats-Unis ont utilisé un peu moins de la moitié de leur stock mondial de missiles Tomahawk", affirme Reuters. Lors du premier mois de combats, l'armée américaine avait déjà tiré plus de 850 de ces missiles, estime le Washington Post.

L'arsenal défensif des Etats-Unis ne se porte visiblement pas mieux. D'après CNN, "l'armée américaine a épuisé près de 80%" de son stock de missiles Thaad et "environ la moitié de ses Patriot". Ces intercepteurs, conçus pour détecter et détruire les missiles balistiques ennemis, comptent "parmi les plus efficaces" de l'arsenal défensif du pays, rappelle Reuters.

Dans une étude publiée le 27 juillet, le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a quant à lui estimé que les Etats-Unis possédaient plus de 2 300 intercepteurs Patriot et 450 systèmes de défense Thaad avant-guerre. Le centre de recherche américain estime que ce stock a été divisé de moitié environ en cinq mois de conflit.

Ce manque de munitions, difficile à estimer avec précision, inquiète les pays du Golfe alliés des Etats-Unis, ont confié des sources officielles à CNN. Plusieurs de ces pays dépendent en effet des systèmes de défense aérienne américains pour leur propre sécurité. Ainsi, "des stocks amoindris pourraient obliger les Etats-Unis et leurs partenaires de la coalition à prendre davantage de risques lors des interceptions", avertit le CSIS. Cela pourrait concrètement signifier choisir de ne pas envoyer de missile intercepteur sur des attaques considérées comme moins dangereuses, ou choisir d'en envoyer moins pour chaque attaque.

Cet épuisement des stocks n'affecte pas seulement l'armée américaine et ses alliés dans la guerre au Moyen-Orient, mais se fait aussi sentir sur le front de l'Ukraine. Après la mort de 17 personnes dans des frappes de missiles balistiques russes mercredi, le président ukrainien a en effet alerté sur le manque de missiles Patriot dont souffre son pays. Mais les Etats-Unis, à court de ces missiles de fabrication américaine, n'en fournissent plus aux Ukrainiens, relate The Atlantic.

Plus largement, une pénurie "pourrait également avoir un impact sur la capacité de l'armée américaine à mener une éventuelle guerre future contre la Chine, la Russie ou même la Corée du Nord", ont déclaré des experts à CNN. Les missiles de longue portée, notamment, "seraient précieux dans une guerre contre un adversaire doté de solides défenses aériennes, comme la Chine", commentent des analystes cités par Reuters.

Pour reconstituer les stocks de l'armée, le ministère de la Défense américain a annoncé mercredi 29 juillet la signature d'un contrat de 58,6 milliards de dollars (environ 51 milliards d'euros) avec Lockheed Martin pour la production de missiles Patriot. L'entreprise s'est engagée à livrer ces missiles "à une vitesse inégalée".

Mais "les taux de réapprovisionnement des missiles clés sont faibles : d'après les calendriers de livraison (...), le Pentagone reçoit environ 15 nouveaux missiles Tomahawk et 20 nouveaux missiles Patriot par mois", relate CNN. Le CSIS a estimé en mai qu'il faudrait trois ans, voire plus, pour ramener les stocks de Thaad et de Patriot à leur niveau d'avant-guerre.

En réalité, les pressions sur les stocks ne constituent pas un défi nouveau, rappelle le Washington Post. Selon le quotidien, le chef d'état-major des armées Dan Caine aurait averti Donald Trump avant le début du conflit "que les Etats-Unis ne disposaient pas des stocks nécessaires pour faire face à un conflit prolongé". D'après le média américain, les stocks de Thaad avaient en effet déjà été réduits d'un quart en 2025, lors de la guerre des douze jours contre l'Iran.

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