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Guerre au Moyen-Orient. Droit de passage sur le détroit d’Ormuz : la surenchère et l’inquiétude

Le regain de tensions au Moyen-Orient se cristallise à nouveau autour du détroit d’Ormuz… et du prix à payer pour le traverser. Ce lundi, Donald Trump a annoncé un blocus et affirmé que les États-Unis seraient ...

Le regain de tensions au Moyen-Orient se cristallise à nouveau autour du détroit d’Ormuz… et du prix à payer pour le traverser. Ce lundi, Donald Trump a annoncé un blocus et affirmé que les États-Unis seraient rémunérés pour assurer la protection du détroit dont il veut « prendre le contrôle ».

Avant le conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, les bateaux traversaient gratuitement le détroit dans le cadre du dispositif de séparation du trafic, une route à double sens au milieu de la voie navigable, adoptée par l’Organisation maritime internationale (OMI) en 1968.

L’Iran et le sultanat d’Oman contrôlent les deux points névralgiques du détroit d’Ormuz.  SIPA /SIPA/UPI
L’Iran et le sultanat d’Oman contrôlent les deux points névralgiques du détroit d’Ormuz. SIPA /SIPA/UPI

Le protocole d’accord signé le 17 juin par les deux camps a permis sa réouverture et une remontée du trafic maritime, jusqu’à une série d’attaques de navires la semaine dernière, imputées par Washington à l’Iran.

Selon ce texte, Téhéran s’engageait à « assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe vers la mer d’Oman, et inversement ».

Mais les Iraniens entendent bien imposer des « droits de redevance » pour les services fournis sur ce passage qui « ne reviendra pas à la situation d’avant-guerre ».

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Une instrumentalisation économique du détroit d’Ormuz

Si le détroit d’Ormuz demeure le levier de pression stratégique de l’Iran sur l’administration Trump, son intérêt est également économique. « L’économie iranienne va très mal, les sanctions ne sont pas levées et on a l’impression que les gardiens de la révolution se disent désormais que le détroit d’Ormuz est leur future ressource », explique Jean-Luc Racine, directeur de recherche émérite au CNRS et spécialiste de la géopolitique de l’Asie du Sud.

L’Iran et le sultanat d’Oman (au sud du détroit d’Ormuz) se sont rapprochés diplomatiquement pour réfléchir à la mise en place d’un système de paiement des navires. Les ministres des affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman ce samedi, pour discuter sur ce projet.

Abbas Araghtchi et Badr Al-Boussaïdi, respectivement ministres des affaires étrangères de l’Iran et du sultanat d’Oman. 11/07/26. Photo SIPA/UPI

Abbas Araghtchi et Badr Al-Boussaïdi, respectivement ministres des affaires étrangères de l’Iran et du sultanat d’Oman. 11/07/26. Photo SIPA/UPI

Le principe même d’une telle taxe « bouleverserait complètement le droit international maritime », ouvrant un précédent, alerte Jean-Luc Racine.

Le détroit d’Ormuz est un lieu de passage naturel. Il n’appartient pas, à l’instar du canal de Suez ou du canal de Panama à la catégorisation d’une infrastructure, avec des frais d’entretien spécifiques, sur la base desquels il est justifié dans le droit international de prélever des droits d’usage.

La convention des Nations unies sur le droit de la mer garantit pourtant la liberté de navigation « sans entrave » des bateaux dans les détroits servant à la navigation internationale.

En réponse, Donald Trump joue la surenchère

Dans un message sur Truth Social, le président américain a évoqué l’instauration d’une taxe que percevraient les États-Unis équivalente à « 20 % de la valeur des cargaisons » des navires souhaitant traverser le détroit.

« Je ne vois pas comment un retour à la paix serait possible si l’Iran reste ferme sur ce projet de gestion du détroit d’Ormuz. Et Téhéran joue un jeu dangereux car ces taxes pourraient attirer les foudres des pays qui avaient initialement dénoncé l’agression israélo-américaine du point de vue du droit international. Je pense également à des pays qui entretiennent de bonnes relations avec l’Iran, comme l’Inde ou le Pakistan ».

Ormuz « est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d’Iran le protégera », a résumé ce week-end le conseiller militaire du guide suprême Mohsen Rezaï, alors que les hostilités ont repris comme jamais depuis le cessez-le-feu du 8 avril.