Grossesse : les perturbateurs endocriniens seraient associés à un QI plus faible chez les enfants
L’exposition d’une femme enceinte à certains perturbateurs endocriniens, comme les phtalates et les phénols, au troisième trimestre de grossesse, est associée à des scores de quotient intellectuel (QI) légèrement plus faibles chez les enfants à l’âge de 3 ans.
L’exposition d’une femme enceinte à certains perturbateurs endocriniens, comme les phtalates et les phénols, au troisième trimestre de grossesse, est associée à des scores de quotient intellectuel (QI) légèrement plus faibles chez les enfants à l’âge de 3 ans.
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Les phtalates et les phénols sont deux grandes familles de substances chimiques utilisées notamment comme additifs dans certains plastiques ou encore comme conservateurs. Via l’alimentation, les emballages, les cosmétiques et de nombreux objets du quotidien, ces substances sont détectées chez la quasi-totalité de la population.
Plusieurs d’entre elles sont des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés : ils peuvent interférer avec le fonctionnement du système hormonal. Chez le fœtus, période de développement particulièrement sensible, cette exposition soulève des questions de santé publique.
380 mères et enfants suivis
Dans une étude publiée le 20 octobre dans Environmental Health Perspectives, une équipe de l’Inserm et de l’université Grenoble-Alpes, avec le CNRS, le CHU de Grenoble et l’université de Grenade (Espagne), a suivi 380 mères et leurs enfants. Les chercheurs ont mesuré, dans des urines collectées à plusieurs reprises, les marqueurs d’exposition à 26 phtalates et phénols, dont des bisphénols et des parabènes. Ils se sont plus particulièrement attachés à identifier des substances déjà considérées comme délétères : les bisphénols A et S, et certains phtalates dont le DEHP, le DEP, le DnBP et le DiBP.
Enfin, à 3 ans, le quotient intellectuel des enfants a été évalué à l’aide d’un test standardisé. Les analyses ont pris en compte des facteurs connus pour influencer le QI, comme le niveau d’études des parents ou la durée de l’allaitement.
3 points en moins
Résultat : « une association a été observée entre l’exposition au mélange des six substances prioritaires au troisième trimestre de grossesse et le score de QI des enfants à 3 ans, explique l’Inserm dans un communiqué. En moyenne, les scores de QI diminuaient de 2,86 points quand l’exposition à toutes les substances du mélange augmentait d’un niveau ». Prises individuellement, les concentrations de ces substances étaient elles aussi associées à une réduction des scores de QI.
« Quelques points de QI en moins, cela peut sembler peu pour un enfant, mais à l’échelle de la population, cela se traduit par plus d’enfants en difficulté et moins d’enfants très performants, précise Claire Philippat, chercheuse Inserm et co-autrice de l’étude. Ce qui a des conséquences pour l’école, la santé et l’économie, surtout si l'on garde à l'esprit que nous n'avons pas considéré toutes les substances chimiques potentiellement neurotoxiques. »
« Les substances étudiées ici sont peu persistantes dans l’organisme, conclut la chercheuse. Ce qui en fait de bonnes cibles pour la prévention. Si nous arrivons à éliminer les sources d’exposition de notre environnement, les doses internes pourraient diminuer rapidement. Plusieurs leviers peuvent être activés au niveau individuel : par exemple, utiliser moins de produits cosmétiques ou limiter les produits alimentaires emballés dans des plastiques, en particulier quand ils sont chauffés. Néanmoins, la réglementation et la restriction des substances avérées comme nocives est la mesure la plus efficace pour toucher l’ensemble de la population. »
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