Graveyard Keeper 2: Un concept brillant freiné par une progression laborieuse
Publié18. septembre 2026, 07:09Test jeux vidéo«Graveyard 2»: un excellent concept enterré sous trop de corvéesLe jeu de gestion «Graveyard Keeper 2» charme par son humour noir et ses idées, mais sa lenteur et s...
Publié18. septembre 2026, 07:09
Test jeux vidéo«Graveyard 2»: un excellent concept enterré sous trop de corvées
Le jeu de gestion «Graveyard Keeper 2» charme par son humour noir et ses idées, mais sa lenteur et son équilibre bancal finissent par lasser.

Dans «Graveyard Keeper 2», vous voilà de nouveau chargé de faire prospérer un cimetière tout en gérant à peu près tout ce qu’un être humain normalement constitué chercherait à éviter: cadavres, récoltes, artisanat, alchimie et petits conflits locaux. Présenté dans de jolis graphismes 2D vus du dessus, le jeu mêle gestion et aventure avec beaucoup d’humour noir. Très vite, on comprend que le vrai secret de la productivité ne consiste pas à mieux organiser son emploi du temps, mais à faire travailler les morts à sa place. Les zombies deviennent ainsi de précieux employés, capables d’automatiser une bonne partie de la récolte des ressources pendant que l’on s’occupe d’activités autrement plus nobles. Comme découper des cadavres, par exemple.
Car «Graveyard Keeper 2» conserve ce qui fait tout le sel de son concept: jouer avec la mort de la manière la plus décomplexée possible. L’une des grandes satisfactions consiste à autopsier les corps pour en extraire les meilleurs organes afin de fabriquer des zombies toujours plus performants. C’est absurde, macabre et pourtant terriblement gratifiant. On se surprend à examiner un foie ou un cœur comme un responsable des ressources humaines comparerait deux CV. Le système fonctionne d’autant mieux qu’il encourage à optimiser constamment son petit empire funéraire et à améliorer ses travailleurs afin de gagner du temps.
Parfois trop dans l'ombre
L’alchimie apporte elle aussi une couche très agréable au gameplay. On se transforme progressivement en apprenti sorcier en mélangeant différentes ressources pour concocter des potions utiles aussi bien au combat qu’à l’exploitation de ses terres. Certaines permettent notamment d’améliorer les récoltes ou de faciliter les affrontements. À cela viennent s’ajouter de petites phases de guerre, très légères mais suffisamment sympathiques pour casser la monotonie. Rien de particulièrement profond, mais ces séquences apportent un peu de variété à une formule qui repose avant tout sur la gestion et l’accumulation de ressources.
Le problème est que «Graveyard Keeper 2» ne facilite pas toujours la vie du joueur. Le titre explique plutôt correctement ses principaux systèmes, mais laisse encore trop souvent certaines informations importantes dans l’ombre. Des objectifs nécessaires à la poursuite de l’aventure ne sont pas toujours clairement mis en évidence et il arrive de tourner en rond sans réellement comprendre ce que l’on doit accomplir ensuite. Dans un jeu déjà extrêmement chronophage, perdre encore du temps simplement parce qu’une quête ou une mécanique n’a pas été suffisamment bien expliquée devient rapidement frustrant.
La frustration grandit
L’équilibrage pose également problème. Les corps arrivent notamment en quantité insuffisante par rapport aux besoins du joueur, ce qui ralentit artificiellement la progression. Beaucoup trop d’éléments demandent énormément de temps avant d’être débloqués ou produits et l’on finit par avoir le sentiment que la durée de vie a été étirée au lieu d’être naturellement nourrie par le gameplay. «Graveyard Keeper 2» demande en permanence de jongler entre une multitude de tâches, au point que l’on passe parfois davantage de temps à effectuer de basses besognes qu’à réellement administrer son domaine. Pour un jeu qui permet pourtant de créer une armée de zombies travailleurs, on aimerait pouvoir davantage tout gérer d’une main de fer.
C’est d’autant plus dommage que l’on apprécie énormément le ton, l’univers et les idées de «Graveyard Keeper 2». Le jeu possède une vraie personnalité et certaines mécaniques, notamment l’autopsie et la création de zombies optimisés, sont toujours aussi savoureuses. Mais la progression laborieuse, le manque de clarté et les nombreux ralentissements finissent par dresser trop d’obstacles entre le joueur et le plaisir. La version presse testée souffrait également de plusieurs problèmes de stabilité. Il faut donc espérer que des correctifs accompagneront rapidement la sortie afin d’améliorer l’équilibrage et le confort général. En l’état, «Graveyard Keeper 2» reste un jeu de gestion aussi attachant que chronophage, mais qui aurait gagné à laisser son joueur régner davantage… plutôt que de l’envoyer constamment creuser lui-même les tombes.
Graveyard Keeper 2
PC. Lazy Bear Games. Solo.
Âge Pegi: 18 ans.
3/5 (Largement un 4 si le jeu était mieux optimisé et mieux équilibré)

Adrien Iseli (adi) est journaliste au 20 Minutes depuis janvier 2007. Intégré au pôle pilotage, il gère la homepage de 20 Minutes.
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