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Grâce à Rogê et Gilsons, la 29e Fiest’à Sète a offert une ouverture idéale toute en douceurs brésiliennes

La 29e édition de Fiest’à Sète a ouvert mercredi sa semaine au Théâtre de la Mer par un régal de co-plateau brésilien avec Rogê, merveilleux garant de la tradition carioca, et Gilsons, les héritiers de Gilberto Gil et plus largement de la Música Popular Brasileira.

La 29e édition de Fiest’à Sète a ouvert mercredi sa semaine au Théâtre de la Mer par un régal de co-plateau brésilien avec Rogê, merveilleux garant de la tradition carioca, et Gilsons, les héritiers de Gilberto Gil et plus largement de la Música Popular Brasileira.

Tout était aligné mercredi soir pour que la première soirée au Théâtre de la Mer de la 29e édition de Fiest’à Sète soit un bonheur de soirée. Il allait s’agir de la Noite brasileira et fort poli et élégant, le climat s’était mis au diapason : il faisait une chaleur tropicale ! Le ciel, lui, pour aller à l’encontre d’un horizon collectif plutôt gris, voire cendreux, s’était mis sur son plus clair du temps. Pas en reste, la lune affichait son disque le plus plein, le plus parfait et, si l’on en croit le calendrier astronomique, le plus cervidé : quand le soleil est allé voir ailleurs, on ne vous dit pas le phare cloué au velours noir de l’obscurité, la classe. Et que dire enfin du public si chaleureux de Fiesta qu’il sourit les yeux fermés et les bras ouverts avant même la première note, et danse dès la troisième !

On n’oubliera pas ce prénom : Rogê

Mercredi soir, il a été comblé : Rogê qui ouvrait la soirée, l’a invité dans la nuit carioca sans attendre que sa version sétoise ne daigne tomber. Le jeune quinqua exilé volontaire en Californie dont tout le monde aura désormais retenu le prénom (qui se prononce quelque chose comme "haw-zeh") n’a eu besoin que d’un batteur (subtil), d’un percussionniste (enlumineur), d’un bassiste (puissant), de sa guitare acoustique et de sa voix suave pour réussir ce petit prodige spatiotemporel. Aucun effet de manche, très peu de solos et pas le moindre hors de propos, mais une joie sincère, épanouie et tranquille, au service d’un répertoire à l’écriture classique, référencée mais remarquable.

Pour ne prendre qu’un exemple, 100 % samba (issu de son excellent dernier album studio Curyman II mais écoutez aussi le n° 1, il est top !) est ni plus ni moins que ce que son titre promet et ce qui pourrait relever du pastiche chez d’autres (comme l’est toujours dans un autre genre, Lenny Kravitz, par exemple) tient avec Rogê, du standard instantané. L’air de rien, sinon d’être content d’être là, le quatuor varie les styles et les tempos, et le public se régale de danser sur eux, jusqu’à la dernière chanson, une sublime reprise d’Aquarela do Brasil.

Un trio d’une grande coolitude

Après la pause, nécessaire au changement de plateau d’un côté et d’étage de l’autre (pour se rincer le gosier et de sustenter le reste, c’est toujours au premier et au second, et toujours sympa), c’est le tour de Gilsons, un groupe placé sous mandat de nepo : José est le fils de Gilberto Gil, et João et Francisco sont les petits-fils de la légende de la musique brésilienne. Si Francisco assure la majorité du chant, tous les trois partagent le micro et alternent à la guitare basse, l’électrique et l’électro-acoustique. Ils co-leadent, ou plutôt cool-leadent une formation complétée par un claviériste, un percussionniste et un trompettiste (à l’apport le plus pertinent) dont une marinière uniforme signale le statut d’accompagnateurs.

Si l’inspiration MPB est commune, la musique de Gilsons s’avère forcément plus arrangé et produite, que celle de Rogê mais elle semble étonnamment plus paisible. Il faut quelques minutes pour s’acclimater mais au fond cette coolitude n’est pas désagréable. Les rythmiques sont moelleuses, les harmonies vocales doucereuses, les interventions instrumentales économes (mention spéciale toutefois à João Gil qui offre les contributions les plus stylées et lyriques à la guitare électrique !), les compositions efficaces… Cela manque un peu d’intensité mais pas de sincérité : Gilsons qui termine sa tournée européenne, ne cache pas de le faire dans un lieu aussi… singulier. Et le public face à lui au sein duquel se distingue fortement aux chœurs (Gilsons s’enorgueillit de vrais tubes : Várias queixas, Love love et Devagarinha) la communauté brésilienne et plus largement lusophone, ne boude pas son plaisir, et sourit, et danse, et sourit, et danse… Ainsi en est-il allé d’une première soirée dont le petit bonheur est allé jusqu’à un vent léger, invité comme il se doit : en douce…