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Glatigny abat ses cartes : la fin du tronc commun, l’emploi dans le qualifiant, le retour du redoublement… voici ce qui va changer pour les élèves

Valérie Glatigny espère renouer le dialogue avec un tout nouveau Comité d'avis, qui se réunit ce mardi. La ministre de l'Éducation y détaille sa ligne : pas de nouvelle économie en 2027, de l'argent frais pour les élèves et une réforme du secondaire inférieur qui renonce au tronc commun.

Valérie Glatigny veut relancer le dialogue avec le monde de l'enseignement. Le Comité d'avis, nouvel organe voulu par la ministre MR de l'Éducation, tient ce mardi sa réunion inaugurale en l'absence de la CGSP, qui a décidé de boycotter.

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Une trentaine de personnes y siègent : pouvoirs organisateurs, associations de parents, administration de l'Enseignement, et désormais les directions d'école et des observateurs extérieurs (société civile, experts académiques et budgétaires), invités selon les sujets. Ces deux nouveautés distinguent le Comité d'avis du comité du Pacte d'excellence, qui avait servi de lieu de concertation de 2017 à 2025.

Côté syndical, la CSC-Enseignement, le SETCa-SEL et le SLFP-Enseignement ont accepté l'invitation, non sans méfiance. Le front commun, que le SLFP a quitté fin septembre, reproche à la ministre de diluer la concertation en multipliant les intervenants dans un cadre qu'il juge flou. La CGSP-Enseignement, elle, a annoncé lundi sa décision de boycotter.

Son président, Luc Toussaint, critique un organe qui ne respecte pas les équilibres de la concertation sociale, où les représentants des travailleurs se retrouvent noyés parmi des acteurs qui n'appartiennent pas tous à l'enseignement, et qui ne recueille que des avis, sans codécision.

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De l'argent frais, mais pas de retour en arrière

Pour sa part, la ministre MR veut d'abord rassurer un monde scolaire à cran, en rappelant que le budget 2027 de la Fédération Wallonie-Bruxelles, adopté le 9 octobre, ne prévoit aucune nouvelle économie dans l'enseignement. Selon elle, "l'entendre, c'est bien, le constater, c'est mieux". "Une gestion rigoureuse de notre budget est la garantie de pouvoir réinvestir aussi rapidement que possible dans la qualité de notre enseignement, au bénéfice de nos élèves", a-t-elle ajouté. Le déficit était de 1,5 milliard en début de législature et avait grimpé à 1,7 milliard l'an dernier. La trajectoire vise désormais à le stabiliser à 1,2 milliard d'euros en 2029.

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Et pour garantir que cette situation ne se reproduise pas, le gouvernement veut adopter une "règle d'or" budgétaire commune avec la Région wallonne, et espère y associer Bruxelles. L'idée est de fixer une gouvernance qui survive à la législature. "Ce n'est pas de l'austérité mais c'est la promesse d'éviter de se réendetter et se retrouver dans des situations difficiles comme ça a été le cas dernièrement", insiste la ministre. Elle y voit la condition pour réinvestir durablement : payer moins d'intérêts permet de mettre plus d'argent dans les écoles.

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L'objectif est d'en finir avec les 25 % d'élèves qui sortent du secondaire sans un mot de néerlandais"

Face aux élèves qui disent ne pas être entendus, Valérie Glatigny distingue ce qu'elle peut concéder de ce qu'elle refuse. Revenir sur les deux périodes supplémentaires des professeurs du secondaire supérieur, réclamé par les élèves, est "extrêmement compliqué". En revanche, leur demande d'accompagnement personnalisé et de remédiation supplémentaire lui paraît "entendable". Le budget prévoit donc 14 millions d'euros supplémentaires, qui s'ajoutent aux 25 millions déjà dégagés. L'accompagnement personnalisé, arrivé en première secondaire cette année, s'étendra à la deuxième secondaire à la rentrée 2027, puis à la troisième l'année suivante.

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Sur les bâtiments, autre revendication, elle rappelle que les 276 millions du plan de relance européen sont épuisés, et qu'un milliard reste prévu dans la trajectoire pour des rénovations, qui prendront du temps. Plus rapide, un appel à projets "Ombrage" de 13 millions d'euros sera lancé en 2027 pour adapter les écoles aux fortes chaleurs : stores, végétalisation des cours, plantation d'arbres.

La ministre reconnaît que ce calendrier ne répond pas à l'impatience des élèves, reçus mercredi soir dernier par son cabinet (Comité des élèves francophones). Elle l'admet avec franchise : "on ne les renvoie pas aux calendes grecques", mais la montée sera progressive.

Deux mesures plus modestes complètent le tableau. 450 000 euros serviront à corriger une injustice "involontaire" : les directions de l'enseignement spécialisé n'avaient pas été incluses dans la revalorisation garantissant un salaire supérieur de 25 % à celui d'un enseignant. Et le congé d'accueil en vue de l'adoption passera de 6 à 9 semaines en 2027, 10 en 2028 et 11 en 2029, pour 140 000 euros. Valérie Glatigny assume des montants "modestes", mais y voit un réinvestissement "petit à petit" au bénéfice des élèves et des équipes. Un plan de lutte contre la drogue dans les écoles et le secteur jeunesse figure aussi parmi les engagements du conclave.

Un Comité d'avis élargi, sous le signe de la confiance

Créé par une note adoptée au gouvernement le 17 juillet, le Comité d'avis doit donner son avis sur les orientations structurantes avant tout passage au gouvernement. Il se réunit au maximum dix fois par année scolaire. Autour de la table : les fédérations de pouvoirs organisateurs, les syndicats, des experts académiques, y compris des économistes, pour éviter des réformes dont les économies tombent en fin de parcours, comme pour le Pacte d'excellence. Les directions y sont désormais associées, de même que le monde de l'emploi et de la formation, avec les ministres régionaux concernés, et le Comité des élèves francophones.

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La ministre libérale souhaite des échanges "dans un climat de confiance" et, si possible, confidentiels.

À l'ordre du jour : la réforme de l'enseignement du secondaire inférieur, la planification des réformes jusqu'à la fin de la législature, le bilan de la mise en œuvre de la première secondaire (tronc commun, accompagnement personnalisé), ainsi que l'actualité, dont la mobilisation des élèves, et l'indexation partielle.

L'essentiel de la réforme du secondaire inférieur

Concrètement, le texte passera en première lecture au gouvernement le 23 octobre. Par rapport à ce qui était prévu, le passage automatique de la première à la deuxième secondaire disparaît : on pourra donc doubler en 1re, en 2e et en 3e. La ministre se défend de vouloir sanctionner, "on n'est pas des bouchers sadiques", l'accompagnement personnalisé doit garder le redoublement "le plus exceptionnel possible".

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Côté contenu, la deuxième secondaire compte deux journées de découverte consacrées à l'orientation (visite d'un atelier de boulanger, d'une pharmacie, travail avec de jeunes entrepreneurs, etc.).

Une deuxième langue moderne démarre dès la deuxième secondaire, un an plus tôt que prévu en octobre 2025. Elle doit être une autre langue nationale : néerlandais ou allemand pour l'élève qui a fait de l'anglais, par exemple. Objectif : "en finir avec les 25 % d'élèves qui sortent du secondaire sans un mot de néerlandais". Les deux heures de numérique sont maintenues, et l'éducation culturelle et artistique est renforcée en première et deuxième (deux périodes).

En troisième secondaire, les élèves suivront deux fois trois heures de périodes d'activités "orientantes" (au lieu des deux fois quatre annoncées), à choisir parmi huit domaines : langues modernes et communication, littérature et culture, culture et arts, santé et bien-être, mathématiques et sciences appliquées, technologies et techniques appliquées, environnement et sciences du vivant, gestion de projets économiques, sociaux et environnementaux.

L'idée est d'y mêler théorie et pratique, sans spécialiser trop tôt, pour que l'élève puisse choisir n'importe quelle quatrième secondaire, sans effet contraignant à la fin de la troisième. Un stage d'observation en milieu professionnel est prévu en fin de troisième. Le CE1D disparaît (le dernier en 2027) au profit d'un certificat d'enseignement secondaire inférieur en fin de 3e, dans la logique d'une évaluation tous les trois ans (CEB, CESI, CESS).

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La ministre le dit sans détour : techniquement, il n'y a plus de tronc commun, puisque tous les élèves n'auront pas la même formation. Mais, insiste-t-elle, la philosophie est préservée : éviter la relégation et qu'un jeune soit enfermé dans une trajectoire qu'il n'a pas choisie. Elle ajoute qu'on garde le CESS accessible pour tous, quelle que soit la filière, afin qu'un choix technique ne ferme pas l'accès aux études supérieures, et reconnaît que ce n'est pas prévu dans la feuille de route du gouvernement.

Qualifiant : pas de perte d'emploi, mais des économies différées

C'est, dit-elle, le point qui lui importait le plus. Le modèle initial menaçait 1 335 équivalents temps plein (plus de 5 000 personnes concernées avec les réaffectations en cascade). Toutefois, aucun enseignant du qualifiant ne perdra son emploi. Ils seront maintenus avec un cadre d'extinction et chargés d'enseigner la formation manuelle, technique et technologique, mais aussi de trouver des places de stage en entreprise et d'assurer le retour pédagogique, pour développer l'alternance.

Ce qui ne doit pas être, insiste-t-elle, un stagiaire utilisé comme un employé : l'élève a droit à l'erreur et à un accompagnement. Le nombre d'heures de stage reste à déterminer, avec le Comité d'avis.

Corollaire à souligner : les économies initialement prévues dans la trajectoire du Pacte (50 millions, ramenés à 33 millions) ne sont pas supprimées, mais différées, et se feront progressivement avec les départs à la retraite (24 millions sur le personnel, 9 millions sur le fonctionnement).

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La ministre dit vouloir sortir progressivement du budgétaire pour aller vers le pédagogique. Au programme d'ici la fin de la législature : l'adaptation des référentiels en 4e, 5e et 6e, la fin du passage automatique de la 5e à la 6e dans le qualifiant, la réforme de l'orientation vers l'enseignement spécialisé ("pour n'y envoyer que les élèves qui en ont réellement besoin"), le développement de l'alternance, la mise en œuvre de la réforme du secondaire inférieur, la généralisation progressive d'une deuxième langue nationale dès la troisième primaire (néerlandais, vers 2029-2030, le temps de former des enseignants) ainsi que le passage à deux périodes de philosophie et citoyenneté dans l'officiel, avec religion et morale en option.

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