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Gabriel Attal a-t-il versé 50 millions d’euros aux secours tunisiens au lieu d’acheter deux Canadair pour la lutte contre les incendies ?

Selon la vice-présidente du Rassemblement national, l’ex-Premier ministre aurait acté cette transaction lors de son court mandat. Mais que s’est-il vraiment passé ?

Selon la vice-présidente du Rassemblement national, l’ex-Premier ministre aurait acté cette transaction lors de son court mandat. Mais que s’est-il vraiment passé ?

Qui dit vrai, qui dit faux ? Vendredi 14 août, Edwige Diaz, députée RN de la Gironde et vice-présidente du parti, était l’invitée du 8 h 30 Franceinfo. Elle a regretté le manque d’investissements financiers de la part du gouvernement dans la gestion de la lutte incendie et notamment sur le sujet des Canadair.

\ud83d\udd34 Comment donner plus de moyens aux pompiers malgré la contrainte budgétaire ? \u27a1\ufe0f "Des économies sont nécessaires sur les mauvais postes de dépenses : l’immigration, notre contribution au budget de l’UE, le millefeuille administratif […]", dit Edwige Diaz, députée RN de Gironde pic.twitter.com/krAwegkk0e

— franceinfo (@franceinfo) August 14, 2026

Une prise de parole qui n’a pas manqué de faire réagir, lorsque la députée a déclaré : "On a Gabriel Attal qui nous dit : 'on va enlever 50 millions d’euros sur le budget de la Sécurité civile', concomitamment il donne 50 millions d’euros pour la Sécurité civile tunisienne."

Que s’est-il vraiment passé ?

Nos confrères de Franceinfo ont enquêté et d’après eux, il y a du vrai et surtout du faux dans cette histoire.

Comme le rappelle Franceinfo, durant les sept mois de mandat de Gabriel Attal à Matignon, celui qui était alors Premier ministre a fait annuler le crédit qui devait permettre à la France d’acquérir deux Canadair. Une transaction de 53 millions d’euros qui n’a donc jamais eu lieu.

Toutefois, la somme de 50 millions d’euros évoquée par Edwige Diaz n’a jamais été versée à la Sécurité civile tunisienne. Ce versement a été réalisé dans le cadre d’un prêt de l’AFD (Agence française de développement) à la Tunisie "pour un ambitieux projet de modernisation de l’Office National de la Protection Civile Tunisienne", souligne le site de l’AFD.

L’AFD, c’est quoi ?

Concrètement, l’AFD agit comme une banque qui finance des projets (égalité femmes-hommes, santé, éducation, climat…) à l’étranger et dans les territoires d’Outre-mer.

L’agence assure par ailleurs que le prêt conclu avec la Tunisie a été bénéfique pour la France. D’après les chiffres transmis par l’agence à Franceinfo, "64 % des financements de l’AFD en Tunisie ont été décrochés par des entreprises françaises dans le cadre d’appels d’offres". De plus, la Tunisie sera dans l’obligation de rembourser son prêt, dont le taux a été fixé à environ 3 %.

Une très maigre contribution des Français

Toutefois, une partie de ce prêt est financée par la population française. D’après les informations de l’agence à Franceinfo, les 50 millions d’euros proviennent "d’investisseurs privés et de fonds de banques centrales" auxquels s’ajoute une participation de 500 000 euros par an de l’État français.

Selon les calculs de nos confrères, chaque Français dépense 0,14 euro sur vingt ans pour financer une partie du prêt alloué aux pompiers tunisiens.