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Fréchette ne reculera pas sur les documents électoraux en français…

Au terme de discussions avec Élections Québec, Christine Fréchette maintient sa décision de faire parvenir des documents électoraux uniquement en français cette année. « Personne n’est privé d’un accès à l’info...

Au terme de discussions avec Élections Québec, Christine Fréchette maintient sa décision de faire parvenir des documents électoraux uniquement en français cette année. « Personne n’est privé d’un accès à l’information. Personne n’est non plus privé de son droit de vote », a déclaré jeudi la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ). « Nous appliquons les lois et les règles que nous avons adoptées », a-t-elle tranché.

Pour la première fois lors d’une élection générale, plusieurs documents d’information destinés aux électeurs — dont le guide des élections provinciales, l’avis d’inscription et la carte de rappel — leur seront transmis uniquement en français. La Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (« loi 96 »), adoptée en 2022, oblige désormais Élections Québec à communiquer par écrit uniquement dans la langue de Molière.

Malgré le tollé suscité par la nouvelle, la cheffe caquiste estime que les droits de la communauté anglophone demeurent « respectés », puisque l’information continuera d’être accessible en anglais, notamment en ligne, et que les bulletins de vote resteront bilingues.

Pressée de justifier le refus de son gouvernement de prévoir une exception pour les communications électorales, Mme Fréchette a réitéré que le français est « la langue officielle et commune du Québec ». « Je pense que nous pouvons être fiers de défendre notre langue », a-t-elle fait valoir.

La veille, la première ministre sortante avait indiqué être « en discussion » avec Élections Québec sur la question, laissant planer la possibilité d’un changement de cap.

Mme Fréchette écarte également le risque que l’envoi de documents uniquement en français puisse empêcher certains électeurs anglophones de se rendre aux urnes le 5 octobre. « Non, je ne le pense pas », a-t-elle répondu. Elle a rappelé que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) diffusera une campagne d’information qui « viendra compléter les autres activités mises en place afin d’informer tout le monde de l’élection à venir ».

Les chefs des autres formations politiques ont eux aussi exprimé des inquiétudes, sans toutefois réclamer l’envoi des documents en anglais. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a estimé qu’« il doit y avoir un mécanisme qui permet aux anglophones d’avoir les informations en anglais ». Son homologue libéral, Charles Milliard, a pour sa part dit « partager les préoccupations d’Élections Québec », tout en reconnaissant « ne pas pouvoir faire grand-chose ».

Il n’y aura pas non plus de débat des chefs en anglais cet automne, la CAQ et le PQ ayant décliné l’invitation d’un consortium de médias anglophones au début de l’été. Le précédent — et unique — débat télévisé des chefs en anglais remonte à la campagne électorale de 2018.