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Ici l’Europe - François-Xavier Bellamy : “La Commission européenne reconnaît enfin notre combat contre le Mercosur”

En cette rentrée morose pour l'Union européenne, nous recevons François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains, député européen au Parti populaire européen (PPE) et ancien professeur agrégé de philosophie. Il a mené la liste Les Républicains aux élections européennes où il a été réélu en 2024, avec 7,2 % des voix (soit six députés en tout). En cette rentrée, il revient sur les grandes crises de l'été, notamment les menaces russes, les enjeux écologiques ou encore l'arrivée de dizaines d

En cette rentrée morose pour l'Union européenne, nous recevons François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains, député européen au Parti populaire européen (PPE) et ancien professeur agrégé de philosophie. Il a mené la liste Les Républicains aux élections européennes où il a été réélu en 2024, avec 7,2 % des voix (soit six députés en tout). En cette rentrée, il revient sur les grandes crises de l'été, notamment les menaces russes, les enjeux écologiques ou encore l'arrivée de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave de Ceuta.

"La Russie cherche à tester l'Europe"

Dans la nuit du 4 au 5 août, un drone chargé d'explosifs a été découvert à l'aéroport de Leipzig, en Allemagne. Les autorités allemandes ont rapidement attribué cet incident à la Russie, tandis que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a dénoncé ce mercredi 2 septembre un "un acte de terrorisme soutenu par un État". Pour François-Xavier Bellamy, "il y a aujourd'hui confirmation (...) que la Russie cherche à tester l'Europe, à tester l'Otan". Il appelle à "renforcer nos forces armées nationales et le faire aussi ensemble sur le plan européen", convaincu que l'on "n'empêche pas la guerre, la menace et le conflit dans la faiblesse et la vulnérabilité". Concernant les relations diplomatiques avec la Russie – que les États-Unis ont invité par surprise au G20 Finances le 31 août – l'eurodéputé est formel : "on ne peut pas faire comme si de rien n'était". Bien qu'il espère à terme "renouer l'amitié avec le peuple russe à moyen ou long terme", il estime que reprendre des relations normales serait "une forme de trahison de ce qui constitue l'âme, l'esprit, l'intérêt, la sécurité de l'Europe et aussi les engagements qu'elle doit tenir pour pouvoir se faire respecter".

"La Commission finit par reconnaître la légitimité de notre combat sur le Mercosur"

La Commission européenne a suspendu temporairement les importations de viande bovine, de volaille, d'œufs et de miel depuis le Brésil, à partir du 3 septembre. Cette décision est liée à l'usage d'antibiotiques. Pour François-Xavier Bellamy, "la Commission européenne a fini par reconnaître la légitimité du combat que nous avons mené pendant des années contre cet accord avec le Mercosur." Il rappelle qu'il "n'est pas contre le commerce international", mais pense "ne pas avoir le droit, après avoir imposé des règles toujours plus contraignantes aux agriculteurs qui produisent chez nous, d'accepter d'importer ensuite des produits du monde entier qui ne respectent aucune de nos règles... En montrant si rapidement après l'application provisoire de l'accord, que le plus grand pays du Mercosur, le Brésil, n'est pas capable de garantir des normes sanitaires, la Commission reconnait que nous avions raison". La suspension pourrait être levée lorsque le Brésil aura présenté des garanties suffisantes.

Cet été, l'enjeu écologique est aussi revenu au cœur du débat public avec les catastrophes climatiques auxquelles les Européens ont dû faire face. Dans un rapport publié en juillet 2026 par le Réseau Action Climat, qui regroupe plusieurs ONG environnementales, l'eurodéputé est considéré comme l'un des députés français s'étant le plus opposé aux différents textes de régulation climatique. En 2025, il avait par exemple voté pour un paquet Omnibus visant à alléger l'obligation de plans de transition énergétique pour les entreprises. Pour François-Xavier Bellamy, ce vote n'est pas contradictoire avec la défense de l'enjeu écologique, car "ce qui représente l'essentiel des émissions de CO2 dans le monde, ça n'est pas l'Europe, qui représente moins de 10 % des émissions, ça n'est pas la France, qui représente moins de 2 % des émissions (...) ce qui représente l'essentiel des émissions de CO2, c'est la production qui se fait dans d'autres pays qu'en Europe." Il cite notamment la Chine, l'Inde ou encore les États-Unis. Pour lui, "notre grande responsabilité comme Européens, d'abord, elle n'est pas dans ce que nous produisons, elle est dans ce que nous importons. Notre premier devoir, si nous voulons protéger la planète, c'est d'importer moins et de produire chez nous", ce qui passe, selon lui, par le fait de "rendre à nos entreprises la liberté de produire". Même si un géant comme TotalEnergies vient d'être épinglé par la justice française pour non-respect de son devoir de vigilance sur les émissions de CO2 de lui et ses clients.

"Pedro Sanchez est responsable de Ceuta"

Fin juillet, environ 80 000 migrants arrivent en quelques jours à Ceuta, petite enclave espagnole en Afrique du Nord, causant une crise à la fois politique et humanitaire. L'enquête sur les causes de ce mouvement massif de population continue, alors que de forts soupçons perdurent sur une possible responsabilité marocaine, couplée à une vague de désinformation sur les réseaux sociaux ayant encouragé les individus au départ.

Mais pour l'eurodéputé, la charge incombe avant tout à Pedro Sanchez, "qui a décidé en avril dernier de régulariser largement le million d'étrangers vivant et travaillant sur le territoire espagnol sans statut légal". François-Xavier Bellamy dénonce "un gouvernement qui décide en réalité de récompenser l'illégalité" mais qu'il estime très différent de celui de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a délivré un million de titres de séjour pour favoriser l'immigration de travail, à rebours de son programme : "il y a une différence majeure entre délivrer des titres de séjour, c'est à dire permettre à des gens de rentrer légalement dans votre pays et légaliser des gens qui sont rentrés illégalement."

L'eurodéputé défend à ce titre le "règlement retour" adopté par le Parlement européen le 17 juin dernier, et pour lequel il avait fortement milité. L'objectif du règlement retour, "c'est d'expulser en dehors des frontières de l'Europe des gens qui, par exemple, ont été déboutés du droit d'asile, qui en tous les cas sont illégalement présents sur le sol européen". Si ce nouveau règlement prévoit de renvoyer les migrants dans des pays avec lesquels ils n'ont aucun lien, comme l'Ouganda ou le Rwanda par exemple, l'eurodéputé n'y voit pas d'inconvénient : "est-ce qu'ils ont un lien avec la France s'ils y sont présents de manière illégale ? (...) Ce n'est pas un emprisonnement, c'est simplement une manière de reconduire hors de nos frontières des personnes qui s'y sont introduites de manière illégale. Il n'y a que l'Europe qui est dans cette situation d'impuissance. Vous ne rentrez pas illégalement en Chine, au Japon, aux États-Unis, vous ne rentrez pas illégalement dans un pays africain."

"Il n'y a jamais eu de cordon sanitaire des votes"

Le "règlement retour", vivement critiqué par une partie des eurodéputés, avait d'ailleurs dû être adopté grâce à une alliance entre le PPE et toutes les droites radicales du Parlement européen comme les Patriotes, où siège le Rassemblement national. Si cette alliance se démarque de la grande majorité au centre du Parlement, l'ancien professeur de philosophie insiste : "Il n'y a jamais eu de cordon sanitaire des votes". Quant à savoir si ce partenariat pourrait se refléter dans la politique nationale, François-Xavier Bellamy réaffirme son soutien à Bruno Retailleau pour la présidentielle et explique : "aujourd'hui, Marine Le Pen est candidate. Je ne me reconnais pas dans sa candidature pour de nombreuses raisons. (...) Quand elle lance sa campagne en disant qu'elle renouvelle sa promesse de garantir la retraite à 60 ou 62 ans pour les Français. (...) Et bien, cette promesse-là, elle me paraît être incroyablement dangereuse pour l'avenir de la France, mais aussi pour la stabilité de l'Europe dans son ensemble".

Emission préparée par Isabelle Romero, Florine Hausfater et Perrine Desplats