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France : les grandes villes en proie aux pillages en marge des manifestations contre la “vie chère”

De Paris à Marseille, la journée de mobilisation contre la "vie chère" a réuni des centaines de milliers de personnes samedi mais s'est conclue par des affrontements et des scènes de chaos d'une intensité rare, des "casseurs" se livrant jusque dans la soirée à des pillages et dégradations vivement condamnés par l'exécutif.

D'innombrables boutiques et magasins d'alimentation, d'articles de sport, de prêt-à-porter, de produits de luxe ou de téléphonie mobile ont été dévalisés et vandalisés à travers la France samedi 17 octobre après-midi, parfois, comme à Paris, à des kilomètres des manifestations autorisées contre la vie chère.

"Le bilan va être lourd, partout dans le pays", a commenté peu avant minuit le Premier ministre Sébastien Lecornu, assurant avoir "donné des instructions aux différents ministres pour qu'on se tienne aux côtés de ceux qui ont perdu leur outil économique".

Les pillages ont commencé autour de la place de la République dans la capitale, siège de vives tensions avec les forces de l'ordre, ont constaté les journalistes de l'AFP, où, sans paraître se préoccuper de la présence des caméras, des jeunes ont attaqué de nombreux magasins, fracassant les vitrines avant de vider les lieux de leur marchandise.

Cela a été le cas d'un Monoprix, d'un Mac Donald's, un peu plus tard d'un magasin SFR d'où les attaquants ont jeté depuis l'intérieur les téléphones à leurs camarades massés à l'extérieur.

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Un magasin Yves Rocher a également été pillé, un Picard, un Carrefour City, un Franprix, un Etam, et une concession Kawasaki a été incendiée. Vers 20 h, les jeunes ont tenté en vain de s'introduire dans les Galeries Lafayette, dans le quartier des Grands magasins, et d'autres évoluaient en nombre vers 22 h dans le quartier très commerçant des Halles.

Des "délinquants d'opportunité", selon Laurent Nuñez

Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné "fermement" les "dégradations" et "actes de casse" observés, alors que "la grande majorité des manifestants" souhaitaient "défiler dans le calme".

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé des "délinquants d'opportunité" devant la presse, assurant que tout serait fait pour retrouver les auteurs. 

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Parmi les villes objets de ces pillages, le ministre a cité, outre Paris et Marseille, Strasbourg, Rouen, Nantes, Rennes, Toulouse, Pau et Valence. Mais pas seulement. Selon les bureaux de l'AFP en région, à Lille un magasin Optic 2000, une boutique d'accessoires pour smartphones et tablettes, le magasin Sephora de la Grand Place, l'Apple Store et un Carrefour City ont été pillés ou saccagés, ainsi qu'une agence de la Banque postale, et même la boutique du club de foot de Lille, le LOSC.

À Rennes, les casseurs s'en sont pris aux Galeries Lafayette, à une boutique Orange, un opticien Afflelou et un Starbucks, à Strasbourg, à un magasin Primark, à Nancy, une enseigne de sport, à Clermont-Ferrand, un Zara et un Nature et Découvertes.

À Lyon, les magasins Boulanger (en partie incendié) et Nike, les boutiques The Kooples Boss, Vitton clop, Jott, Lancel, Sephora ont été visés. À Perpignan, le magasin Sephora a été lui aussi dévalisé. À Nantes, les enseignes Foot Locker, Courir et la Fnac, tandis qu'à Bordeaux, Décathlon, Intersport, l'Apple Store ainsi qu'un Carrefour Express on été visés.

Marseille le 17 octobre 2026
Marseille le 17 octobre 2026 © Thibaud Moritz, AFP

La liste n'est pas exhaustive et toute la journée, les réseaux sociaux ont montré d'autres pillages encore contre des enseignes tournées vers des produits populaires chez les jeunes : H&M, Micromania, Swarovski...

"Les meilleurs agents électoraux de Marine Le Pen"

Vers 18 h, Clémence, fleuriste à Lyon interrogée sur BFMTV, tenait encore dans la main un des pavés qui avaient fait exploser sa vitrine, "déjà cassée pendant les gilets jaunes". "Ils sont entrés de tous les côtés et on a eu beau dire qu'on était juste fleuristes, malheureusement, ils s'en foutent. On n'avait nulle part ou aller et on a eu super peur", racontait-elle", se disant "écœurée".

La grande distribution a vivement réagi samedi soir. Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD, qui regroupe plus de 50 grandes enseignes et plus de 30 000 points de vente) et PDG de Carrefour, a "condamné avec la plus grande fermeté" ces pillages, évoquant leurs probables "lourdes conséquences économiques et financières". "Partout en France, les commerçants doivent pouvoir exercer librement et sereinement leur activité, et continuer à servir leurs clients sans crainte", a-t-il écrit sur LinkedIn.

Scènes de pillage à Lille le 17 octobre.
Scènes de pillage à Lille le 17 octobre. © Sameer Al-Doumy, AFP

De son côté, le patron des Mousquetaires/Intermarché, Thierry Cotillard, s'est dit "profondément en colère", sur LinkedIn également, jugeant "inacceptable" la situation de samedi et assortissant son message de deux photos de magasins Intermarché dévastés.

Le maire de Montpellier Mickaël Delafosse a estimé sur X que les auteurs de ces pillages étaient "tragiquement les meilleurs agents électoraux de Marine Le Pen. Ils salissent la grande dignité de ceux qui se mobilisent", selon l'élu.

Avec AFP